CHAPITRE LVIII
mination des évêques. Le droit de pleine collation était très rare, et ceux qui en étaient pourvus étaient désignés sous la qualification honorable de prélats inférieurs de l'Église. Les abbés de Gluny ne l'avaient que pour cette ville et son territoire, et ceux de Saint-Élicnne de Dijon, pour quelques cures seulement.
Le patronage simple avait été conservé à nos moines , à la fin du douzième siècle , par le concile de Latran, qui leur ôta le soin des ames et la desserte des paroisses, desquelles ils restèrent curés primitifs. Ils avaient probablement cette prérogative dans toutes les églises dont ils étaient gros décimateurs par eux-mêmes ou par leurs prieurs ruraux ; mais aujourd'hui, on ne peut pas en fournir la preuve positive. Il est seulement établi qu'ils l'exerçaient dans au moins soixante paroisses ou chapelles. Aussi voit-on que les vicaires de Gigny et les prêtres qui y avaient pris naissance étaient très souvent nommés desservants des cures de leur patronage. Ce privilège appartenait pour le plus grand nombre au prieur, et pour plusieurs au chambrier , à l'aumônier, à l'infirmier et à l'ouvrier, comme on l'a vu aux articles de ces officiers claustraux. Enfin, dans les prieurés ruraux non réunis à la mense capitulaire , il appartenait aux titulaires de ces bénéfices. Au reste, comme patrons, nos religieux devaient présenter le candidat dans les six mois de la vacance, sinon l'évéque avait le droit d'en instituer un de son choix. Le pape pouvait même nommer avant, et prévenir les patrons ecclésiastiques : seul aussi, il conférait quand la vacance provenait d'une résignation en faveur.
Le patronage était un droit honorifique et lucratif. Il procurait la préséance au chœur et à la procession , le droit de banc au chœor ou en autre lieu distingué de l'église, le pouvoir de placer des armoiries dans celle-ci , etc. Quant aux émoluments annuels, nous n'avons rien pu apprendre de positif sur ceux qui en revenaient aux religieux de Gigny.
510 HISTOIRE DE Cl ONT.
Il paraît toutefois, parce qui a été dit aux articles du chambi icr et de l'infirmier, qu'anciennement les patrons ecclésiastiques des cur^s avaient droit à la moitié des oublions et autres droits casucls quelconques des églises. Mais ces produits ayant été acensés a une époque où l'argent avait une haute valeur, ils donnaient des revenus très minimes à la fin du dix-huitième siècle, par suite de l'avilissement du numéraire. Ainsi, on a vu qu'en 1760,1e patronage de seize cures ne rapportait qu'environ 103 francs , au chambrier, a l'aumôaicr, à l'infirmier et h l'ouvrier de notre monastère.
L'évéquede Saint-Claude ne consentit à la sécularisation de celui-ci qu'en se réservant le droit de collation aux cures et chapelles de son diocèse, afin d'en jouir immédiatement, pour
c. ii3. lu. celles qui appartenaient aux futurs chanoines, et seulement après la mort du prieur commendataire, pour celles qui étaient à la nomination de celui-ci. Cette condition acceptée par eux leur enleva presque toutes les présentations et ils n'en conservèrent que quelques-unes dans les diocèses de Lyon et de Besançon. Enfin, en 1788, le petit nombre de
C. 1*0, isi. celles qui leur restaient ne fut point cédé aux dames de Lonsle-Saunier et de Migettc, par le décret de suppression du noble chapitre , mais réservé aux évêques respectifs des diocèses.
S'ensuit la nomenclature de toutes les cures et chapelles dont le prieur et les moines de Gigny avaient le patronage avant la sécularisation, soit d'après nos propres recherches, soit d'après les historiens Dunod, La nuire et Courtépce , comme encore d'après un ancien pouillé en latin, cité par J.-B. Béchet, lequel nous n'avons pu retrouver aux archives du Jura :
vojcicjiuc de§ Andelot, Beaufort, la Boissière, Chambéria, Chambornay, pourisioti». ci,anîpagnaï la Chapelle-Naude , Chatel, Chatonnay, Civria, Cïairvaux, Condal, Cousance, Cressia, Sainte-Croix, Cuiseaux, Cuisia (Ain), Cuisia (Jura), Digna, Dommarlin, Donsurre, Dra-