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CHAPITRE LVIII

dime. Dan squclques autres, comme au Frânois et à la Fromagerie, les blés d'été, comme ceux d'hiver , étaient dîmes indistinctement à la onzième gerbe. Au contraire, à Marboz, on ne dîmait les gros blés qu'à la vingtième gerbe an champ, et les menus grains à la. vingtième coupe au grenier. Bien plus, a Oussia et au Pont-d'Ain , on ne levait que la vingtdeuxième gerbe du froment, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des fèves et du chanvre, et on ne dîmait ni le mai s ni le sarrazin. A Saint-Nizier, le froment et le seigle étaient dîmes à la douzième gerbe; l'avoine, l'orge, les fèves, le panis, le sarrazin et les lentilles à la quinzième, et le mais au quinzième sillon. Souvent aussi lu dime des grabadis avait été réglée par un abonnement, moyennant, par exemple , une mesure de menus grains par journal de terrain ensemencé, comme àClairvaux, à Grave, etc.

§ 5. Il y avait assez fréquemment plusieurs déchnateurs dans la même paroisse, lesquels s'en partageaient les dîmes. Ainsi, les moines de Gigny n'en avaient que la douzième partie à Dcssia, la sixième au Pin, le tiers à Saint-Maurice , le quart à Merlia, et des portions encore plus irrégulièresà Foissia,k Cormoz, à Saint-Amour, etc. Il y avait même à Gigny deux dîmes distinctes, tant en gros qu'en menus grains; la première ou principale appartenait pour les deux tiers à la mense capitulaire, et pour l'autre tiers au sacristain et au curé; la seconde, appelée dîme de Moysia, ou de la Combe Chance, appartenait par moitié aux religieux , indépendamment du prieur, et par moitié au curé deLouvennc, qui prenait aussi le titre de lieutenant de celui de Gigny. C'est en celle qualité de décimateur , qu'il parut en 1781 dans un traité concernant l'église paroissiale et mentionné précédemment.

S 6. Les dcc'tmateurs étaient en effet chargés de la construction et de l'entretien du chœur et du sanctuaire des églises paroissiales, dont les chapelles étaient entretenues par les

prébendiers, tandis que la nef, les cloches et la clôture du cimetière concernaient les paroissiens. Les décimateurs devaient aussi fournir le presbytère ou logement au curé et à son vicaire, ainsi que la portkm congrue.

Celle-ci était une pension due , depuis le concile de Latran de 1179, par le curé primitif ou gros décimateur , au desservant de la paroisse. Fixée à 200 francs en 1571 , elle fut portée à 300 francs en 1629, 1686 et 1731, pour lo curé, et à 150 francs pour levicaire. Un nouvel édit la ûxa, en 1768, à la valeur de 25 septiersde froment, a la mesure de Paris, ou h 500 francs, et celle des vicaires à 200 francs. Les curés avaient en outre la dime navale des terres qu'on défrichait pour les mettre en culture. Or , sous le double rapport de celle dlme et de la portion congrue, il survenait ordinairement, entre le curé et le décimateur, un abonnement, un accord. Ainsi, d'un côté, le desservant consentait à recevoir, pour tenir lieu de sa pension, une portion de la dime ordinaire. C'était le tiers à la Boissiùre, Champagna t Cuiseaux, Donsurre, Joudes, Gigny, La in s, Louvenne, Marigna, Monnclay, Pymorin et Véria. C'était la moitié à Grave et à Loysia. C'étaient les deux tiers a Gisia et à Cuisia. D'un autre côté, la dlme novale était ordinairement réunie à la grande dime, sous la condition que les desservants recevaient une pension des décimateurs , ou bien qu'ils prélevaient, avant tout partage, une certaine quantité de denrées sur la totalité de la dime. Il y avait des abonnements de ce genre pour Chatonnay, Cuiseaux, G raye, Loysia, Marboz, etc.

$ 7. Les religieux de Gigny avaient le patronage d'un grand nombre de cures. Il leur appartenait parce que anciennement ils avaient bâti ou doté les églises, selon l'adage: Patronum fac'mnt dot, œdificalio, fundns. Ils n'avaient pas, a la vérité, le droit de pleine collation ou de juridiction comme épiscopale, mais seulement celui de présenter, pour le service des paroisses, des ecclésiastiques convenables, à la no-

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