IV PRÉFACE
châteaux, l'histoire qu'on va lire eût élébieo plus complète et probablement plus intéressante. Elle aurait surtout été bien plus facile a composer. En remplacement des nombreux litres détruits par cet acte de vandalisme révolutionnaire, l'auteur a été forcé de rechercher des documents, soit dans les archives municipales de Gigny, soit dans celles du voisinage, à Cuiseaux, à Lons-le-Saunier, à St.-Claude, à Besançon, à Dijon et à Lyon. Il a recueilli aussi ça et là des copies plus ou moins exactes pour suppléer à quelques originaux, et on verra, en parcourant le recueil des pièces justificatives placées à la suite de l'ouvrage, que ses longues recherches n'ont pas été sans quelques succès. A ces nombreuses chartes inédiles, il en a ajouté à peu près autant d'autres relatives à Gigny, provenant en partie des archives de l'abbaye de ce lieu, et qui se trouvaient déjà publiées dans des livres rares , n'existant guères que dans les grandes bibliothèques, et dès-lors peu connus ou peu à la disposition de la plupart des lecteurs. Elles ont été principalement extraites des recueils de d'Achéry, de Baluie, des Bollandistes, de du Bouchet, P.-F. Chifflet, Duchéne, Dunod, Guichenon, Juénin, St. Julien de Balleure, Juslel, Labbe, Lamure, Mabillon, Manriquc, Manier, Martenne, D. de Ste. Marthe, Plancher, etc.. Deux inventaires du Chapitre de Gigny, échappés par hasard au désastre de 1794, ont été aussi dépouillés avec fruit. Quoique superficiels, incomplets
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et rédigés avec peu de soin, ils ont néanmoins fourni des renseignements importants et des dates précieuses. L'auteur a consulté, en outre, les notes recueillies par l'abbé Baverel sur toute la Franche-Comté, et par J.-B. Béchet sur les communes du département du Jura, notes manuscrites qui sont déposées à la bibliothèque de Besançon. Il n'est pas jusqu'aux registres civils de Gigny el des lieux voisins, aux minutes des notaires et aux pièces de di?erses procédures dont il n'ait cherché à tirer quelque parti. Il n'a pas même négligé les traditions qui ont encore cours dans les nombreuses localités jadis dépendantes de Gigny, et dont il n'a pas voulu parler sans les avoir visitées convenablement. EnOn il a lu ayec beaucoup de soin ce qui avait déjà été écrit sur l'objet de ses éludes, (anl par les auteurs précités que par d'autres, notamment par Besson, Chevalier, Courtépée, Durand, Gâcon, Carreau, Gollut, Guillaume, Lequinio, Pa radin, Pyol, etc., sans négliger les ouvrages des hommes de lettres encore vivants, de MM. Clerc, Lorain, Monnier, La Teyssonnière, etc..
Pour remplir la lâche qu'il s'était imposée, l'auteur a eu la satisfaction de rencontrer plusieurs hommes de lettres ou personnes obligeantes qui l'ont aidé de tous leurs moyens, en lui procurant ou indiquant des titres inédils, des livres rares ou des documents de plus d'un genre. Il se plaît à leur en renouveler ici publiquement
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toute sa reconnaissance, et surtout à MM. Agron, à Ouroux ; Gtrod, à St. -Claude; Guichard, àCousance; Oudet, à Dijon; Poilu, h Dole ; Piard, à Lons-le- Saunier; Weiss, à Besançon, etc.. 11 la renouvelle encore plus spécialement à son honorable et savant ami et condisciple M. D. Monnier, qui ne cesse d'enrichir l'histoire de l'ancienne Sèquanie du fruil de ses précieuses recherches, et qui a coopéré de tout son zèle à l'ouvrage dont il s'agit. Ses nombreuses communications ont été indiquées en marge par l'initiale de son nom, lorsqu'elles ne l'ont pas été autrement.
C'est au moyen de ces matériaux et de ces divers secours que l'histoire de Gigny a été composée, et on a publié à la fin les chartes les plus importantes qui lui servent de preuves ou de pièces justificatives. Ces chartes confirmeront non-seulement la véracité de l'historien, mais encore seront lues avec un certain intérêt par beaucoup de personnes, auxquelles elles feront connaître l'état des langues latine et française au moyen âge, et . procureront de nombreux et utiles renseignements. Elles sont indiquées par leurs numéros en marge du corps de l'histoire. Celle-ci étant une histoire de Bénédictins, on a cru devoir tâcher de l'écrire à la manière des Bénédictins du 17/ et du 18.' siècle. Ou l'a donc rédigée en style simple et sans prétention, plutôt sous forme d'annales que d'histoire proprement dite, en y accumulant des faits
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et des dales, au lieu de la remplir de réflexions ou de déclamations pour ou contre le moyen âge, la féodalité, le monachisme, etc.. On s'est abstenu d'y émettre aucune opinion sur ces questions ardues, et on a laissé le champ des réflexions libre à tous les lecteurs. Inspiré par le seul amour do pays, l'ouvrage ne se distinguera donc par aucune couleur politique. Beaucoup de lecteurs, accoutumés au style romantique et dévergondé de nos jours, trouveront celui de celle histoire trop sérieux, trop sévère et même sec. Or, on n'a pas eu l'intention d'écrire un feuilleton ni un roman, mais bien un livre grave, comme la matière qui en fait l'objet. D'ailleurs, un auteur de beaucoup d'esprit a dit, il y a long-temps, que l'histoire plaît toujours, de quelque manière qu'elle soit écrite (*).
L'histoire de Gigny a été annoncée comme une œuvre consciencieuse et de piété patriotique, et non comme un objet de spéculation. Il en sera ainsi, et ceux qui n'ont pas coopéré à la publier, en y souscrivant, ne la trouveront pas dans le commerce. Le nombre des souscriptions ne s'élevait pas à 300 lorsque l'impression a été commencée; mais l'auteur a fait tirer l'ouvrage à 400 exemplaires, soit dans l'espoir d'en obtenir de nouvelles durant le cours de l'impression, soit pour réduire à ses propres dépens le montant de chaque souscription qui s'élève à six frants, selon le détail qui suit :
(•) Historia qvoqvo moth te ri pin drlertat. Pus. Lib. V, rpiat. 8.
Viij PREFACE.
Prix de chaque feuille traité à raison de 40 franci, ci
pour les 53 feuilles 2,120 fr.
/a. des plans, cartes et figures lithographiées
quelconques, convenu à 225
Jd. du brochage 30
Jd. de l'impression des prospectus, etc. . 25
Total. . . 2,400 fr.