‹ Histoire de GignyChapitre 32 sur 356 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

GUY de Mcgpœt, prieur.

Affaire de l'abbaye du Miroir. - Saint Bernard el Plerre-le-Véoérable. Sceaux du prieuré et du chapitre de Gigny.

U18 S !• J* n'ai P« découvrir durant combien d'années Vauchier a été prieur à Gigny , ni s'il a eu pour successeur immédiat Guy de Mugnet dont il va être parlé. Je vois seulement que M. Monnier énonce , j'ignore d'après quel document, qu'en 1118 le premier a cessé d'être titulaire. Ainsi, ce n'est qu'après cette époque que le second a pu devenir chef du prieuré.

Le village de Monnet dans la combe d'Ain , au canton de Champagnole , a donné son nom à une ancienne et noble famille du département du Jura , qui possédait la vicomté de Salins , et dont notre prieur était membre. On trouve Hugues de Munnet témoin en 1115 dans une charte du prieuré de Vaux prèsPoligny; Guy de Mumet qualifié vassal de Guillaume d'Auxonne, comte de Bourgogne-Scoding en 1147; Uugues seigneur de Murmct en 1238; Ricluxrdde Monnet vicomte de Salins en 1276 ; F. Pierre de Muguet prieur de Brou ( Ain ) en 1367 ; etc. On lit aussi que le Ficf-Uge de Mugnet fut cédé , en 1284, par Jean de Vienne, seigneur de Mirebel, a Jean de Chalon , comte d'Auxcrre et seigneur de Rochefort. Les armoiries de Monnet étaient d'azur à six besants d'argent.

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S 2. Guy de Mugnet est le premier connu de nos prieurs 1 1 18 qui ait porté un nom propre ou de famille , et un nom qui indique la noblesse. Aussi bien, ce ne fut que de son temps, c'est-a-dîre, au commencement du douzième siècle, qu'on cessa de désigner simplement les individus par leurs noms de baptême et par ceux de leurs pères, comme Jean, fils de Pierre , etc... C'est alors aussi qu'on prit l'usage des noms patronymiques ou de famille, qui devinrent dès ce temps héréditaires. Ces derniers noms furent ordinairement tirés du lieu de la naissance , de celui de la résidence , du genre de profession , etc... Quant à la noblesse , elle avait été établie plus d'un siècle auparavant , en même temps que les fiefs, et il ne faut pas douter que le monastère de Gigny ne lui ait été destiné dès le principe.

S 3. On peut penser que Guy de Mugnet était déjà prieur 1 1 32 de Gigny en 1132 , lorsqu'un chapitre général fut tenu à Cluny pour réformer les règlements et statuts de l'ordre, et qu'il fut l'un des 200 prieurs qui y assistèrent.

On peut penser aussi que , déjà de son temps, commencèrent les graves différends qui survinrent , dans ce siècle , entre le prieuré de Gigny et l'abbaye du Miroir. Ils furent tels, qu'ils mirent en émoi tous les monastères des ordres de Cluny et de Citeaux , et que , non-seulement saint Bernard et Pierre-le- Vénérable , deux hommes supérieurs de cette époque, y prirent une grande part , mais encore deux archevêques et surtout le pape lui-môme. En voici l'historique dès le commencement.

S 4. Le pape Honorius II étant mort le 14 février ii 30 (î6s , quelques cardinaux, au nombre de vingt seulement, se

(»f) Dam re siècle, et dès la troisilme race des rois de France, l'année na> commençait qu'à Pique*, ou plutôt le samedi saint après vêpres. Voilà pourquoi on lit dan» une vieille chérie i Annoptn, finit* lOlOi indiclione «, mente februariit Ce n'est que depuis l'ordonnance du roi Charles ix, rendue en i564, que l'année * commencé au premier janvier, et même seulement depuia 157 3 en Franche-

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! 132 hâtèrent de lui élire Innocent II pour successeur. Us firent cette élection clandestinement et comme par surprise, avant que la mort d'Honorius fut publiée, sans appeler les autres cardinaux, et en se réunissant dans un local inaccoutumé. Ceux-ci, au contraire, au nombre de vingt-sept, qui passaient pour les cardinaux les premiers et les plus sages de l'église romaine, ayant appris le décès d'Honorius, procédèrent à l'élection de son successeur dans l'église accoutumée, et choisirent Anaclet II, qui avait été moine à Cluny. De la grand schisme , et Innocent, qui avait peu de partisans a Rome , fut obligé de s'enfuir et de se réfugier en France avec les siens.

S 5. Les deux élus intriguèrent ensuite de part et d'autre pour se faire reconnaître par les souverains et par le clergé. Innocent se rendit à Clairvaux auprès de saint Bernard, dont il connaissait toute l'adresse et l'influence, et il le mit dans son parti. Aussi, cet homme éloquent plaida si chaudement en sa faveur et sollicita si heureusement , qu'il le fit reconnaître en France , au concile d'Étampes , malgré le vice évident de son élection. Ce pape voulut témoigner sa gratitude pour un si grand bienfait, et il offrit à l'abbé de Clairvaux les évêchés de Chalon-sur-Marnc ou de Gènes qu'il c. 53. refusa. Mais par une lettre datée de Cluny , le 10 février 1132, et adressée a Etienne, abbé de Citeaux, ce souverain pontife accorda un privilège de dîmes à tout son ordre , statuant qu'aucune personne ecclésiastique ou séculière n'eût h se permettre d'exiger ni de recevoir de ses religieux les dîmes des terres cultivées de leurs mains et a leurs dépens, non plus que les dîmes de leurs bestiaux. Cette exemption qui valait mieux qu'un év^ché fut acceptée, et on ne tarda pas d'en prendre jouissance.

Comte. Ainsi la mort d'Honortus arriva réellement en février nli. On devra avoir égard à celte remarque, lorsqu'il s'agira dans cette biitoire des mois de Janvier, février, mers, et même avril, avant i5;î.

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