CHAPITRE x
lors aussi, Us auraient droit de faire pâturer sans dommage 1 15a leurs bestiaux sur les terres de ceux de Gigny , et que réciproquement ceux-ci auraient le même droit sur les terres de ceux du Miroir ; 3.° que chaque monastère contraindrait ses hommes à réparer les dommages ou injures qu'ils auraient pu commettre contre l'autre ; 4.° qu'ils se feraient tradition réciproque des malfaiteurs transfuges ; 5.° enfin , qu'en cas de nouveaux différends , les mêmes évêques en seraient arbitres.
Cette transaction fut faite à Cluny, le 2 mars 1155, confirmée le même jour en plein chapitre , et revêtue des sceaux de l'archevêque Héraclius, de l'évèque Henri , de Pierre, abbé de Cluny, d'Eustorgc, abbé du Miroir, et de Guy de Mugnet, prieur de Gigny t35).
(JS) Celte charte est la première où il toit question d'an sceau relatif au monastère de Gigny. On retrouvera bientôt des sceaux mentionnes dans destiires de ia»»4, m», 1119, iaa6, ia*7» ia38, 1*44* 'Mfi, ia55, 1279, 1194, i3ie et 1 356- L'apposition de ces sceaux suffisait pour donner l'authenticité aux actes» et leur usage n'est tombé en désuétude que dans le xiv.e aiècle, par l'institution des notaires. Dans les grand* monastères, comme celui de Gigny, il y avait ordinairement plusieurs sceaux, celui de l'établissement et celui de chacun des dignitaires. Le premier était toujours le même, mais les autres variaient avec les individus qui étaient revêtus des dignités. Ceux-ci offraient ordinairement pour légendes le» noms et qualités des dignitaires ou offiviers claustraux, et le plus souvent les armes de leurs maisons, s'ils étaient nobles. Le sceau de l'abbé ou chef du couvent n'offrait pas d'autre distinction, excepté que quelquefois it représentait un abbé en co»lutr.e avec le bâton pastoral i la main.
Le sceau du prieuré de Gigny, dans le xui.* et le Xiv.e siècle, tel qu'cropreiut <nr de la cire, il est encoroattacbé à des chartes qui se trouvent aux archives de Bciançon et de Lous-le-Sauuier, était rond et d'un diamètre un peu plus grand pj^ | que celui d'une pièce actuelle de cinq francs. Il offre l'effigie de saint Taurin en costume d'évèque, tenant une crosse de la main droite et le livre de l'évangile delà gauche- Autour, on lit l'inscription 1 "fSigil/. Sri. Tour! ni Gigniaci. Ce sceau n'étant plus mentionné dans nos chartes postérieures au xiv.* sièclr, il eu a croire, comme il a été dit, qu'on ne s'en est plus servi depuis l'institution des notaires. Mais d'après la bulle de sécularisation du prieuré et après l'année 17(1, le chapitre delà noble collégiale en fil graver un nouveau. Il était de forme ovale, moins grand que l'ancien, et porli il la legeude : Si$M.pra;ioMis Ca^iUtli 3.
50 HISTOIRE flE GIGff Y.
11 S i S Ainsi fut terminée la question des dîmes et la querelle qui s'en était suivie entre Gigny et le Miroir. Mais cette question resta la même à l'égard des autres établissements monastiques. Elle ne fut résolue qu'en l'année 1215 par un canon du concile général de Lalran, qui disposa que, nonobstant tous les privilèges , les moines de Tordre de Citcaux. paieraient les dîmes des terres qu'ils acquerraient par la suite, lorsque ces terres y seraient sujettes. En consé-
Gigniaetntis. Au milieu, était an écusson oh se trouvait figuré un agneau tenant entre ses pieds antérieurs une longue croix garnie de deux rubans flottants. Au
dessus de cet écusson, deux defs de saint Pierre étaient posées en sautoir.
L'auteur de cetle histoire a tu aussi, aux mêmes archives, l'empreinte des sceaux très ovales de trois anciens prieurs de Gigny» de Guillaume en 1 179 ; de Mayeul ds Rebucin en )3io » et de /«on ds In Gr.tngt en 1 356. Sur le premier est représentée la Vierge tenant l'enfant Jésus, avec une fleur de lys a droite et une étoile à gauche , et l'inscription : S. Guilletmi prioris dgniaei. Sur le second, on volt un oiseau tenant une fleur en son bec, et la légende : S. Maioli prioris Gign. Le troisième offre l'effigie probablement de saint Élienne assis , vêtu en pontife , avec une auréole , tenant une palme de la main gauche , et ayant Pavant-bras droit avec les deux doigta de la main dans une position verticale. L'inscription n'existe plus.
Qu.nu aux officiers claustraux de notre prieuré, on trouve que deux au moins d'entre enx,lechambrier et le sacristain, avaient chacun un sceau. Noos n'avons pas vu celui du chambrier de 1 336, mais bien celui d'Etienne de Chàtillon,saciis* tain en 1 Jio. Or, ce dernier était rond, assez petit, représentant aussi un agneau, ou aignel, tenant une croix a laquelle était attaché un guidon, avec l'inscription : S. Stephan. Caititioni» tacristê Gign. On ne peut guère douter que les autres officiers claustraux n'aient eu également chacun un sceau particulier, surtout le prieur ctoitrier, l'aumônier et l'ouvrier. En effet, dans ce moyen âge, l'usage des sceaux était comme général en place des signatures, et chaque curé, par exemple, avait le sien dont l'écusaon portait un emblème ou une figure arbitraire. Ainsi, on verra bientôt que celui de Jacques de Gigny, curé à Épx% offrait, en 1 3oo, \* représentation d'une main tenant quelques épis de blé. Au reste, à l'égard des figures , emblèmes ou armoiries de ces sceaux, nous ajouterons ici qu'un auteur très grave (If. dt Peirese) a pensé que c'était depuis la croisade contre les Albigeois, en iao6, qu'on avait frappé des monnaie* d'or à Vaignel ou au mou/on, et que le clergé de France, aussi bien que plusieurs églises, avaient mis dans leurs armes l'agneau ou aignel qui était figuré sur les drapeaux des chefs de celte armée de croisés.