‹ Histoire de GignyChapitre 37 sur 356 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

à la même époque, archevêque de Lyon et légat du saint 1151 Siège en France, les chances devinrent plus favorables à nos moines. L'abbé de Cluny et celui du Miroir, nommé Eustorge130), se rendirent donc, en 1154, auprès du nouveau l*5* pape Anastase, pour faire juger leurs différends. Or, ce pon- c. 57. tife ayant écouté et pesé en plein conseil les plaintes et observations des parties , condamna l'abbé du Miroir a rendre à celui de Guny les 17,000 sols qu'il en avait obtenus par violence. A l'égard des dommages réclamés aux moines de Gigny, il en ordonna la réparation au jugement de son légat en France. Cette sentence mécontenta l'abbé Eustorge, qui partit incontinent , sans en demander la permission. C'est pourquoi, le pape adressa, quelques mois après, aux archevêques de Lyon et de Besançon (31>, une bulle qui leur faisait c. 58. connaître sa décision et qui statuait en même temps que, si cet abbé n'acquittait pas, dans un délai fixé, le montant de la condamnation, il se trouverait, ainsi que son prieur, sous le poids de l'excommunication et de l'interdit.

Ce fut en conséquence de ces dispositions qu'en 1155 les 1155 moines du Miroir rendirent à Cluny 11,000 sols sur les & w« 17,000 ») qu'ils avaient reçus de Pierre-le- Vénérable. En même temps, par la médiation de l'archevêque Héraclius et de Henri, évêque de Winchester ils terminèrent leur dif-

(Jo) Cet abbé est encore connu par une charte de 1 1 5 1 \ mais il ne faut pat le confondre avec Eustorge, premier abbé de Saint-nigaud, dans la commune actuelle de Ligny en Brionnais, mort en 107a.

(3i) L'abbaye du Miroir ayant toujours dépendu du diocèse de Lyon, ainsi que ceUe de Gigny, on ne comprend pas pourquoi cette bulle fut aussi adressée à l'archevêque de Besançon.

(3a) La charte qui constate ce fait est remarquable en ce qu'elle est une dea premières où l'on trouve deî chiffres arabes. Ceux-ci y sont môme mélanges aux chiffres romains, pour désigner un nombre composé, X7 pour XVII ou 17 j ce qui indique l'époque de transition de l'usage des uns à celui des autres. On : croit que Gerbert, archevêque de Reims, mort pape en xo«3, sous le nom de Sylvestre II; a introduit d'Espagne en France les, chiffres arabes.

<li) Cet évèque d'Angleterre, grand ami de Pierre-le-Yénérable, était frère

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1155 férend par un traité dont les conditions furent en outre : l.°qu'à l'avenir, les religieux du Miroir paieraient à ceux de Gigny, en remplacement des dîmes, une rente annuelle de 70 sols, monnaie de Lons-le-Saunier W ; 2.° que dès-

du roi Etienne, après U mort duquel il m retira à Cluny avec «es trésors, en fat an bienfaiteur et y mourut en 1173.

(34) D'autres chartes parlent encore de la monnaie de Lons-le-Saunier, en iiSi, 1176, 118$, 1199, 1*04» 1*70» 1391» a 34 > > 1 356 et i3fi. Les cabinets, à notre connaissance, n'en contiennent aucune pièce s mais on voit qu'eu 1191 cette monnaie devait être comme le denier parais, au titre de quatre deniers et C. 108. » > S"»n«» et • Uille de aai au marc. Une de nos chartes de l'an 1 3S6 prouve qu'alors elle n'avait plus cours, et que le sol de Lont-Ie-Saunirr valait quatre sols estevenants de Besançon. Le droit de frapper monnaie n'appartient qu'au souverain de Besançon, qui, au moyeu âge, le concéda à beaucoup de barons, de prélats et d'établissements religieux, desquels il fut racheté assez généralement dans le xrv.« et le xv.r siècle. Guillaume d'Auxoune, consul des Bourguignons et comte de Tienne, de Maçon et de Bourgogne-Scoding, exerça le premier ce droit à Lons-le-Saunier, dès l'année 1149, mais probablement par une espèce d'usurpation. Apres lui, l'empereur Frédéric Bat berousse, prince souverain de la Franche-Comté, à cause de son mariage, puis Etienne d'Auxonne, petit-ûls de Guillaume et comte de Bourgogne-Scoding, continuèrent à y frapper monnaie, ainsi que Jean de Chalon, Gis d'Etienne et leurs successeurs. Ces derniers en obtinrent la faculté des empereurs Bodolphe et Albert. Ces mêmes princes de la maison de Chaton faisaient aussi battre monnaie à Orgelet dans le xiv.« siècle, par concession de l'empereur Chailes IV ; mais à ce sujet ils furent excommuniés plusieurs fois par les archevêques de Besançon.

Les abbayes de Cluny, Déols, Massay, Souvigny, Saint-Claude et Tournu*, avaient aussi obtenu le privilège de frapper monnaie, mais on ne trouve pas que le monastère de Gigny l'ait jamais eu. Les cabinets des curieux renferment des pièces de Cluny, de Souvigny et de Tournus, et l'auteur de cette histoire a eu l'occasion d'en voir lui-même.

La monnaie de Cluny était plus forte que la monnaie parisis, etavail cours dans le Maçonnais et le Chalonnais, peut-être aussi dans toute la Bourgogne* D'un coté elle portait l'empreinte d'une clef avec l'inscription Petrus et Pau- • tus ; de l'autre celle d'une croix avec la légende Cenobio Clutàaco.

La monnaie de Souvigny offrait d'une face l'effigie de saint Maycul, avec son béton pastoral, et l'inscription Ses. Maiolus, et au revers de SilvinSaco.

Enfin relie de Tournus présentait aussi une croix sur une face, avec l'inscription Tomucio Cad., et sur l'autre un monogramme ou une petite tête entourés de la légende Ses. Vaierian. ou Ses. Philiberti)

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