‹ Histoire de GignyChapitre 42 sur 356 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Vinrent même à un tel point que les deux rois Louis-le-Jeunc 1191 et Philippe-Auguste furent obligés de venir cinq fois à la tète de leurs armées en 1161, 1166, 1171, 1180 et 1185, pour les mettre à la raison.

Des brigandages analogues avaient Heu aussi dansle comté de Bourgogne, où les prétentions à la souveraineté du pays par Othon , duc de Méranie, et par Étîenne If, tous deux comtes de Bourgogne, entretinrent si long-temps la guerre civile. Les seigneurs, ayant pris partT pour l'un ou Vautre des prétendants, se fortifièrent contre les invasions de leurs ennemis, et on pense avec raison que c'est alors que furent construits la plupart de ces châteaux forts si multipliés dans le département du Jura et dont on voit encore les ruines aujourd'hui W.

S 2. Les moines, troublés continuellement et harcelés dans leurs cloîtres par tous ces guerroyeurs , se virent obligés , dans les il.% 12/ et 13.- siècles, de se mettre sous la protection, garde ou avoucrie de quelques-uns de ces princes ou seigneurs un peu puissants. Or, cette protection était accordée ou consentie a diverses conditions. Quelquefois elle l'était au moyen d'une somme une fois payée au protecteur. D'autres fois c'était a raison (Tune redevance de corvées, ou d'une rente annuelle et rachetable d'argent, d'avoine, de cire ou autres objets. Mais, le plus souvent, les moines n'obtenaient cette protection qu'en donnant la moitié de

(31) Telle est Poptnion de Paradln et de Gollot, confirmée par ce qui a deja élé dit (Jfot. S.) au sujet du château de Monlaigu, et par ce qui le sera bientôt a l*égard de cru* de Monlfleur et de Saint-Laurent. Cependant, M. Clerc fait déjà remonter leur établissement aux invasions des Normands et des Hongrois, ainsi qu'aux règnes tumultueux de Boson, de Rodolphe, etc. Ce qui est certain, e'eet que le château de Coligny existait déjà en 94 S et 974. Quant à la Bourgogne, l'abbé Gandtlot dit que, dans le Beaunois, la plupart des châteaux forts ne turent bâtia que vers le milieu du Xiv.« siècle, lorsque aprea la bataille de Poiuera, le* Anglais entrèrent en Bourgogne, et lorsqu'emuite les Tarà-Vi*ut pillèrent le paya.

1191 leurs biens à un seigneur qui s'engageait à défendre l'autre moitié. On appelait cette cession ou donation à titre onéreux, un acte d association, un acte de fanage. On en trouve de tels pour Saint-Rambert en 1066, Cluny en 1196 et 1236, Chaux en 1173, R4main-Moutier en 1181, Baume en 1200 environ, Saint-Pierre de Maçon en 1208, Saint-Claude en 1216, 1264 et 1299, Ogny en 1243, Àmbronay en 1282, Lure en 1299 , etc., etc.

$ 3. C'est par de semblables actes d'association qu'en 1191 et 1192, notre prieur Aymon plaça une partie des biens du monastère de Gigny sous la protection et garde d'Étienne II, comte de Bourgogne t*7).

c- 6I- Dans la première de ces années, il céda à ce prince le lieu de Mont fleur- tur-Suran (*), pour y établir une forteresse et une ville libre ou franche , à la condition que la moitié des revenus , ainsi que la moitié des bénéfices à retirer de ces nouveaux établissements , appartiendrait a l'église de Gigny. Les amendes furent déclarées communes et partageables par moitié entre le comte et les religieux ; mais les dîmes et autres redevances ecclésiastiques furent réservées en entier à ces derniers. Il ne fut pas permis non plus au comte de retirer quelqu'un ou de percevoir le droit de gite,

(S;) Ce comte, irop peu connu de la plupart des lecteur», était membre de la branche cadette de* comtes de Bourgogne, SU d'Etienne I, mort en 1 174. neveu de Gérard, comte de Vienne et de MJcon et aire de Salins, petit-fils de Guillaume d'Auxonne et de Poncette de Travée, et arrière petit-fila d'Etienne, dit TéifHardi*, comte de toute la Bourgogne. Etienne II, ainsi que son père et son aïeul, fut comte d'Auxonne et de la Franche* Comté méridionale, tandis que Othon de Méranie, époux de l'héritière de la branche ainée, était comte du restant de cette province. Il devint encore comte de Chaton, en 1188, par ton mariage avec Béatrix de ce nom, d'où naquit le célèbre Jean, comte de Chalon et de Bourgogne, puia sire de Salins. II fut long-temps en guerre arec Othon qui lui couteau et lui Ht quitter quelque temps le litre decom/* de Bourgogne. Il y eut un premier traité de paix entre eux en mi, et un second en 1*37. Etienne mourut en 114 1.

(38) La charte dit Mont»tuf*m-Sor<u,t sans doute par erreur de copiste.

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