‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 14 sur 103 · LIVRE 1, CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. V

Mon aïeul maternel vivait encore en ce temps-là. C'était un bon vieillard qui ne se mélait plus de rien que de dire son rouire et de raconter ses exploits guerriers; car il avait longtemps porté les armes, et souvent il se vantait d'avoir vu le feu. Je devins insensiblement l’idole de ces trois personnes; iétais sans cesse dans leurs bras. De peur que l'étude ne me fatiguat dans mes premières années, on me les laissa passer dans les amusements les plus puérils. Il ne faut pas, disait mon père, que les enfants s'appliquent sérieusement que le temps n'ait un peu mori leur esprit. En attendant cette maturité, je n'apprenais ni à lire ni à écrire; pas pour cela mon temps: mon père m'ensei de jeux. Je connaissais parfaitement les cartes, je savais jouer aux dés, et mon grand-père m'apprenait des romances sur les expéditions militaires où il s'élait trouvé. I] me chantait tous Jes jours les mêmes couplets; et lorsque, après avoir répété pendant trois mois dix on douze vers, je venais à les réciter sans faute, mes parents admiraient ma mémoire. Us ne paraissaient pas mins contents de mon esprit, quand, profitant de la liberté que j'avais de tout dire, j'interrompais leur entretien, pour parler à tort et à travers. Ah! qu'il est joli! sécriait mon père, en me regardant avec des yeux charmés,

Ma mère m'accablait aussitét de caresses, et mon grand-père en pleurait de juie. Je faisais aussi devant eux impunément les actions les plus indécentes; ils pardonnaient tout : ils rm'aduraient, Cependant j'entrais déjà dans ma douzième année, el je n'avais point encore en de maitre. On m'en donna un; mais il reçut en même temps des urdres précis de m'enseigner sans en venir aux voies de fait: on Ini permit seulement de me menacer quelquefuis, pour m'inspirer un peu de cri Cette permission ne fut pas fort salutaire; car, ou je me tmoquais des ces de mon précepteur, où bien, les larmes aux yeux, j'allais m'en plaindre à ma mére ou à mon aieul, et je leur faisais dccroire qu'il n'avait fort maltraité. Le pauvre diable avait beau venir me démentir, il n’en était pas pour cela plus avancé; il passait pour un brutal, et l'on ine croyait toujours plutôt que lui. Il arriva même un jour que je m’égratignai moi-même; puis je me mis À crier comme si l'on m'eût écurché ina wére accourut, et chassa le maitre

surle-champ, quoiqu'il protestat et prit le ciel à témoin qu'il he m'avait pas touché.

Je me défis ainsi de tous mes précepteurs, jusqu'à ce qu'il vint s'en présenter un tel qu'il me le fallait. C'était un ba=

d’Alcala, L'excellent maitre pour an enfant de famillet

Ml Afinait les femmes, le jeu et le cabare!

en meilleures mains. Il s'attacha prit par la douceur : si

sujet de s'en repentir; i dans la science du mond tous Jes lieux qu'il aim:

latin près je devins un

ce fut bien autre chose quand de mes actions. Ce fut dan

mon impertinence. Je me me père et de ma mère, Ils ne fai

et plus elles étaient vives, plus Cependant je faisais (onutes: ‘sortes de

naient pas assez d'ar, pot yur continu

hacun dérobait che lui by qu'il pou

suffisant point encore, nous commencames à voler la nuit; cé qui n’était pas un petit supplément. Malheureusement le cab= ‘négidor* apprit de nos nouvelles. Il voulut nous faire arréter; ‘Mais on nous avertit de son mauvais dessin. Nous eûmnes re-

Depuis ce temps-là, messieurs ,

de vieillir dans ma profession, malgré les périls qui y

sont attachés.

—Lé capitaine cessa de parler en cet endroit, et le lieule= ant, comme de raison, prit la parole après lui : Messieurs, MEL, une éducation tout opposée à celle du seigneur Ro- Jando & produit le même effet. Mon père était un boucher de y coerecsear. Cent le mean du premier officler de justice dant les villes md Rrpagec. 1 réeni les pouvoirs qu'avant autrefas en France les

De ot les sécéchaux pour la justice civile eb crimivclle, et pour là polices

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