‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 50 sur 103 · LIVRE 11, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAP. IV

vue d'un bien dont j'étais en droit de me saisir, et j'ens grande envie de faire un effort pour le reprendre; mais con sidérant que ces femmes se meltraient à crier, et que don Raphaël ou quelque autre défenseur du beau sexe pourrait accourir à leurs cris, je me gardai bien de céder à la tentation. Je fs réflexion qu'il valait mieux dissimuler, et consulter Ti-deseus Fabrice. Je m’arrétai à ce dernier parti. Cependant la vieille me pressait de lui apprendre de quel mal sa nièce était atteinte. Je ne fus pas assez sut pour avouer que je n'en savais rien ; au contraire, je fis le capable, et, copiant mon maître, je dis gravement que le mal Froreneit de ce que la malade ne transpirait point, qu'il fallait par conséquent se hâter de la saigner, paree que la saignée était le substitut naturel de la transpiration; et j'ordonnai aussi de l'eau chaude, pour faire les choses suivant nos règles. J'abrégeai ma visite le plus qu'il me fut possible, et je courus chez le fils de Nunez, que je rencontrai comme il

jugeait à propos que je fisse arrêter Camille par des gens de justice. Eb! non, me répondit-il; vive Dieu! il faut bien t'en donner de garde ; ce ne serait pas le moyen de ravoir ta bague. Ces gens-là n'aiment point à faire des restitutions. Souviens-toi de ta prison d’Astorga; ton cheval, ton argent, jusqu'à ton habit, tout n'est-il pas demeuré entre leurs mains? Il faut plutôt nous servir de notre industrie pour rattraper ton diamant. Je me charge da soin de trouver quelque ruse pour cet effet. Je vais y rêver en allant à l'hôpital, où j'ai deux mots à dire au pourvoyeur de la part de mon maître. Toi, va m’attendre à notre cabaret, ef ne t’impatiente point; je t’y joindrai dans peu de temps.

1 y avait pourtant déjà plus de trois heures que j'étais au rendez-vous quand il arriva. Je ne le reconnus pas d’abord. Outre qu'il avait changé d'habit et natté ses cheveux, une moustache postiche lui couvrait la moitié du visage. Il portait une grande épée dont la garde avait pour le moins trois pieds de circonférence, et il march: la tête de cinq hommes qui avaient, comme lui, l'air déterminé, des moustaches épaisses, avec de longues rapières. Serviteur au seigneur Gil Blas, dit-il

‘6m, MLAS.

Le docteur Sangrado me recut bien : Man pauvre me dit-i, je n'ai sa que ex matin ta disgrace, Je me à solliciter fortembnt pour toi. If faut te consoler cet accident, mon ami, et t’altacher plus que jamais à la médecine. Je répondis que j'étais dans ce dessein; et vérita- Je m'y donnai tout entier, Bien loin de 1m ir , il arriya, comme mon maître l'avait si heurensement prédit, qu'il ‘ph eut bien des maladies. Des fièvres commencèrent à régner dans la ville et dans les fauhourgs. Tous les médecins de Valladolid eurent de la praparticulièrement. Tl ne sé passait point fr) foor que nous ne vissions chacun huit ou dix malades; ce qui sup pose bien de l'eau bue et du sang répandu, Mais je ne sais comment cela se faisait, fls mouraient tous, soit que nous les traitassions d'une manière propre à cela, soit que leurs ma- Indies fussent incurables, Nous faisions rarement trois visites à un méme malade : dès la seconde, on nous apprenions qu'il venait d'être enterré, où nous le trouvions à l'agonie. Comme je n'étais qu'un jeune médecin qui n'avait pas encore eu le temps de s'endureir au meurire, je a des dvéne ments funestes qu'on pouvail m'imputer, Monsieur, dis-je un soir au docteur Sangrado, j'atteste ici le ciel que je suis exactement votre méthode ; cependant tous mes malailes vont en l'autre monde : on dirait qu'ils prennent plaisir à mourir pour décréditer notre médecine. J'en ai rencontré aujourd'hui deux qu'on portait en terre. Mon enfant, me répondit-il , je

wen trouvait lo mat. Rofin Virgie we noms, en acherant Les were do ces hémistie cite d'atiente Tare manière propre à e veuger de l'impadence et du Jarcia du plas Maire :

Moi seul j'ai fais ces vers ) un autre que Casters

À d'un tritat trop Gible eu le prix top Batteur,

Ainti pout, now pour veus, abeilles diligenues,

Da we 2 ‘des Dears som pillez le trésor L

Ainsi win, nen peur vous, brebis trop biewlaisanten,

‘Vous partez le Herbes de voère talon d'or !

Ainui cour, nan peur vont, proies en vain fertiles,

Aa fermier, chaque joue, vous pondes vos œufs frais t

Ainsi vous, non pour vous, pasreres teuls trop dociles,

‘Vous tropez dace Les champs Uautrument be Gives!

nen robie ext junement cébière, et l'on a souvent, dam Le monde, lo a les sérieusement que Gil Rtas fo be fai ek

LIVRE 11, CHAP. IV. 97 me dit-elle, ayes pitié de moi; je vous en conjure par la chaste mère à qui vous deves le jour; je suis plus malheureuse que coupable; vous en serez convaincu si vous voulez entendre mon histoire. Non, mademoiselle Camille, m’écriai-je, non, je ne veux pas vous écouter. Je ne sais que trop bien que vous excellez à faire des romans. Hé bien! reprit-elle, puisque vous ne me permetles pas de me justifier, je vais vous reudre votre diamant, et ne me perdes point. En parlant de celte sorte, elle tira de son doigt ma bague, et me la donna. Mais je lui répondis que mon diamant ne suffisait point, et que je voulais qu'on me restituât encore les mille ducats qui m'avaient été volés dans l'hôtel garni. Oh! pour vos ducats, cout répliqua-t-elle, ne me les demandes point. Le traître

don Raphaël, que je n’ai pas vu depuis ce temps-là , les emporta dès la nuit même. Eh! petite mignonne, dit alors Fabrice, n'y a-t-il qu'à dire, pour vous tirer d’intrigue, que vous n'avez pas eu de part au gâteau? Vous n’en serez pas quitte à si bon marché. C'est assez que vous soyes des complices de don Raphaël pour mériter qu’on vous demande compte de votre vie passée. Vous devez bien avoir des choses sur la conscience. Vous viendrez, s’il vous plait, en prison, faire une confession générale. vy veux mener aussi, continua-t-il, cette bonne vieille ; je juge qu'elle sait une infinité d'histoires curieuses que monsieur le corrégidor ne sera pas fâché d'entendre.

Les deux femmes, à ces mots, mirent tout en usage pour nous attendrir. Elles remplireut la’ chambre de cris, de plaintes et de lamentations. Tandis que la vieille à genoux, tantôt devant l'alguaril, et tantôt devant les archers, tâchait d'esciter leur compassion, Camille me priait de la manière du monde la plus touchante de la sauver des mains de la justice. C'était une chose à voir que ce spectacle. Je feignis de me laisser fléchir. Monsieur l'officier, dis-je au fils de Nunez, puisque j'ai mon diamant, je me consule du reste. Je ne souhaite pas qu'on fasse de la peine à cette pauvre femme ; je ne veux point la mort du pécheur. Fi donc! répondit-il, vous avez de l'humanité! vous ne seriez pas bon à être exempl. Il faut, poursuivit-il, que je m’acquitte de ma commission. I m'est expressément opdonné d'arrêter ces infantes; monsieur

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