LIVRE Ut, CHAP. VII
Un jour que je me distinguai dans une course de bague ct dans un combat de taureaux qui la précéda, toute la cour Jona ma force et mon adresse; et lorsque, comblé d'applaudissements, je fus de retour chez mol, j'y trouvai un billet par lequel on me mandait qu'une dame dont ta conquête devait plus me flatter que tout l’hormeur que je m'étais acquis ce jour-là, soubaitait de m’entretenir, et que je n'avais, à l'entrée de la nuit, qu'à me rendre à certain lieu qu'on ma marquait. Cette lettre me fit plus de plaisir que toutes les louanges qu’on m'avait données, et je m'imaginai que la personne qui m'écrivait devait être une femme de la première qualité. Vous jugez bien que je volai au rendez-vous ! Une vieille, qui m’y attendait pour me servir de guide, n'introduisit par une pelite porte du jardin dans une grande maison, et m’enferma dans un riche cabinet, en me disant : Demeurez ici; je vais avertir ma maîtresse de votre arrivée. J'aperçus bien des choses précieuses dans ce cabinet qu’éclairaient une grande quantité de bougies; mais je n’en considérai la magnificence que pour me confirmer dans l'opinion que j'avais déjà conçue de la noblesse de la dame. Si tout ce que je voyais semblait m’assurer que ce ne pouvait être qu’une personne du premier rang, quand elle parut, elle acheva de me le persuader par son air noble et majestueux. Cependant ce n'était pas ce que je pensais.
Seigneur cavalier, me dit-elle, après la démarche que je fais en votre faveur, il serait inntile de vouloir vous cacher que j'ai de tendres sentiments pour vous. Le mérite que vous aves fait paraître aujourd'hui devant toute la cour ne me les a point inspirés; il en précipite seulement le témoignage. Je vous ai vu plus d’une fois; je me suis informée de vous, et le bien qu’on m'en a dit m’a déterminée à suivre mon penchant. Ne croyez pas, poursuivit-elle, avoir fait Ia conquête d'une Altesse: je ne suis que la veuve d'un simple officicr des gardes du roi; mais ce qui rend votre victoire glorieuse, c'est
meurs du royaume. Le prince de Radzivil m’aime, et n'épargne rien pour me plaire. I} n’y peut toutefois réussir, ct je ne soulfre ses empressements que par vanilé.
Quvique je visse bien, à ce discours, que j'avais affaire à