LIVRE Il}, CHAP. Vil
pour obtenir de lui qu’il fit une démarche si mortifiante. Ce monarque pourtant en vint à bout: ensuite il m'envoys chercher. Il me conta l'entretien qu'il venait d'avoir avec mon ennemi, et me demanda si je serais content de la répar ration dont ils étaient convenus tous deux. Je répondis qua oui; et je donnai ma parole que, bien loin de trapper l’oflenseur, je ne prendrais pas inde ie bâton qu'il me présenterait. Cela étant réglé de cette sorte, le prince et moi, nous nous trouvames un jour à certaine heure chez le roi, qui s'en« ferma dans son cabinet avec nous. Allons, dit-il à Radzivil,
reconnaissez votre faute et méritez qu'on vous la pardonne | Alors mon ennemi me fit des excuses, et mc présenta un bâton qu'il avait à la main. Don Pompeyo, me ait le monarque en ce moment, prenez ce bâton, et que ma présence ne vous empêche pas de satisfaire votre honneur outragé! Je vous rends la parole que vous m'avez donnée de ne point frapper votre ennemi. Non, seigneur, lu répondis-je; il suffit qu'il se mette en état de recevoir des coups de bâton : un Espagnol offensé n'en demande pas davantage. Eh bien! reprit le roi, puisque vous êtes content de cette satisfaction, vous pouvez présente. ment tous deux suivre la franchise d'un procédé régulier, Mesurez vos épées, pour terminer noblement votre querelle, C'est ce que je désire avec ardeur, s'écria le prince d'un ton brusque; et cela seul est capable de me consoler de la honteuse démarche que je viens de faire.
A ces mots, il sortit plein de rage et de confusion; et, deux heures après, il m’envoya dire qu'il m’attendait dans un endroit écarté, Je m'y rendis, ct je trouvai ce scigneur disposé à se bien battre. Il n'avait pas quarante-cinq ans; il ne manquait ni de courage pi d'adresse : on peut dire que la partie it égale entre nous. Venez, don Pumpeyo, me dit-il; finisnotre diffén nd. Nous devons l'un et l'autre être en fureur : vous, du traitement que je vous ai fail, et moi, de avoir demandé pardon. En achevant ces paroles, il mit si brusquement l'épée à la main, que je u’eus pas le temps de lui répondre, IL me poussa d'abord tre ment; mais j'eus le bonheur de parer tous les coups qu’il me porta. Je le Puissai à non tour : je sentais que j'avais affaire à un homme qui savait aussi bien se défendre qu’altaquer : et je no sais ce