‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 157 sur 429 · LIVRE ▼, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE ▼, CHAPITRE I

lions pas toutefois encore, et le dénoûment de l'aventure idit pas à notre confiance.

vimes bientôt revenir le jeune homme de Calatrava. H

;ompagnë de deux bourgeois, et d'un alguazil aussi res-

par sa moustache et sa mine brune que par sa charge.

de Florentine étoit avec nous. Seigneur de Moyadas, lui

0, voici trois honnêtes gens que je vous amène; ils me ent, et peuvent vous dire qui je suis. Oui, certes, s'écria

1, je puis le dire; je le certifie à tous ceux qu'il apparje vous connois : vous vous appelez Pedro, et vous êtes ne de Juan Vêlez de la Membrilla; quiconque ose souîontraire est un imposteur. Je vous crois, monsieur l'alit alors le bonhomme Jérôme de Moyadas. Votre témoi- ;t sacré pour moi, aussi bien que celui des seigneurs ids qui sont avec vous. Je suis pleinement convaincu eune cavalier qui vous a conduit ici est le fils unique spondant de mon frère. Mais que m'importe? Je ne suis is la résolution de lui donner ma fille; j'ai changé de It.

/est une autre affaire, dit l'alguazil. Je ne viens dans lison que pour vous assurer que ce jeune homme m'est iTous êtes certainement maître de votre fille, et l'on ne mus contraindre à la marier malgré vous. Je ne pré- 3 non plus, interrompit Pedro, faire violence aux volontés eur Moyadas, qui peut disposer de sa fille comme bon lera; mais il me permettra de lui demander pourquoi igé de sentiment. A-t-il quelque sujet de se plaindre de d! du moins qu'en perdant la douce espérance d'être Ire, j'apprenne que je ne l'ai point perdue par ma faute. B plains pas de vous, répondit le bon vieillard ; je vous nême, c'est à regret que je me vois dans la nécessité de mquer de parole, et je vous conjure de me le pardoniuis persuadé que vous êtes trop généreux pour me savoir

gré de vous préférer un rival qui m'a sauvé la vie. voyez, poursuivit- il en me montrant, c'est ce seigneur fiiré d'un grand péril ; et, pour m'excuser encore mieux le vous, je vous apprends que c'est un prince italien gré l'inégalité de nos conditions, veut bien épouser Flodont il est devenu amoureux.

dernières paroles, Pedro demeura muet et cowCws. L^^

deux marchands ouvrirent de grands yeux, et parurent ibrt sut' pris. Mais l'alguazil, accoutume à regarder les choses du mauvais côté, soupçonna cette merveilleuse aventure d*étre une fourberie où il y avoit à gagner pour lui. Il m'envisagea fort attentivement; et comme mes traits, qui lui ëtoient inconnus, mettoient en défaut sa bonne volonté, il examina mon camarade avec la même attention. Malheureusement pour mon altesse, il reconnut Morales, et, se ressouvenant de l'avoir vu dans les prisons de Giudad-Réal : Ahl ahl s'écria-t^il, voici une de mes pratiques. Je remets ce gentilhomme, et je vous le donne pour un des plus parfaits fripons qui soient dans les royaumes et principautés d'Espagne. Allons, bride en main, monsirar l'alguazil, dit Jérôme de Moyadas; ce garçon, dont vous nous Mes un si mauvais portrait, est un domestique du prince. Fort bien, repartit l'alguazil; je n'en veux pas davantage pour savoir à quoi m'en tenir. Je juge du maître par le valet. Je ne doute pas que ces galants ne soient deux fourbes qui s'accordent pour vous tromper. Je me connois en pareil gibier; et, pour vous faire voir que ces drôles sont des aventuriers^ je vais les mener en priwn tout à l'heure. Je prétends leur ménager un téte-à-téte avec monsieur le corrégidor; après quoi ils sentiront que tous les coups de fouet n'ont point encore été donnés. Halte-Ia, monsieur l'officier, reprit le vieillard; ne poussons pas l'affaire si Idn. Vous ne craignez pas , vous autres messieurs, de faire de la peine à un honnête homme. Ce valet ne sauroit-il être un fourbe, sans que son maître le soit? Est-il nouveau de voir des fripons au service des princes? Vous moquez- vous, avec vos princes? interrompit l'alguazil. Ce jeune homme est un intrigant, sur ma parole, et je l'arrête de par le roi, de même que son camarade. J'ai vingt archers à la porte, qui les traîneront à la prison, s'ils ne s'y laissent pas conduire de bonne grâce. Allons, mon prince, me dit-il ensuite, marchons.

Je fus étourdi de ces paroles, ainsi que Morales; et notre trotble nous rendit suspects à Jérôme de Moyadas, ou plutôt nous perdit dans son esprit. Il jugea bien que nous l'avions voûta tromper. Il prit pourtant dans cette occasion, le parti que devoit prendre un galant homme. Monsieur l'officier, dijt-il à l'alguazil, vos soupçons peuvent être faux ; peut-être aussi ne sont-ils que trop véritables. Quoi qu'il en soit, n'approfondissons point eÀi- Que ces deux jeunes cavaliers sortent, et se retirent où ils von-

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