CIL BUIS
lai rëpondis-je d*iin air modeste, je ne sids print assez éêtàii pour faire des observations critiques ; et quand je le sotoib, j9 suis persuadé que les ouvrages de votre grandeur braveroientma censure. Le prélat sourit de ma réponse. H ne répliqua pdbt; mais il me laissa voir, au travers àe toute sa piété, qu'il n'étoit pas auteur impunément.
J'achevai de gagner ses bonnes grâces par cette flatterie. le h» devins plus cher de jour en jour, et j'appris enfin de don Fèr* nand, qui le venoit voir souvent, que- j'en étois aimé de manièn que je pouvois compter ma fortune faite. Gela me fut eonflnné peu de temps après par mon maître môme ; et voici à quelle w» •casion. Un soir il répéta devant moi avec enthousiasme, dm son cabinet, une homélie qu'il devoit prononcer le lendefflvn dans la cathédrale. H ne se contenta pas de me demander ceqoB j'en pensois en général, il m'obligea de lui dire les endroits qà m'avoient le plus frappé. J'eus le bonheur de lui citer ceux qoH estimoit davantage, ses morceaux favoris. Par là je passai dm son esprit pour un homme qui avoit une connoissance délktta •des vraies beautés d'un ouvrage. Voilà, s'écria-t-il, ce qifoi appelle avoir du goût et du sentiment! Va, mon ami, tu n'as pas, je t'assure, l'oreille béotienne. En un mot, il fut si content de moi, qu'il me dit avec vivacité : Sois, Gil Bias, sois désormais sans inquiétude sur ton sort; je me charge de t'en faire un des plus agréables. Je t'aime, et, pour te le prouver, je te fais moD confident,
Je n'eus pas sitôt entendu ces paroles, que je tombai aux pieds de Sa Grandeur, tout pénétré de reconnoissance. J'embrassai de bon cœur ses jambes cagneuses, et je me regardai comme m homme qui est en train de s'enrichir. Oui, mon enfant, refirit l'archevêque, dont mon action avoit interrompu le discours, je veux te rendre dépositaire de mes plus secrètes pensées. ËcouÎB avec attention ce que je vais te dire. Je me plais à prêcher. Le Seigneur bénit mes homélies ; elles touchent les pécheurs, les font rentrer en eux-mêmes et recourir à la pénitence. J'ai la satisfaction de voir un avare, effrayé des images que je présente à sa cupidité, ouvrir ses trésors et les répandre d'une prodigoe main; d'arracher un voluptueux aux plaisirs, de remplir d'ambitieux les ermitages, et d'affermir dans son devoir une épouse ébranlée par un amant séducteur. Ces conversions, qui sont fréquentes, devroient toutes seules m'exciterau travail. Néanmoins.