LIYRB VIII, CHAPITRE VI
f)enomie qui put m'aider que don Navarro, que j'avois trop
e^giigë depuis que j*étois à la cour, pour oser m'ad reiser à lui.
J'avais été obligé de vendre mes hardes pièce à pièce. Je n'avois
plos que celles dont je ne pouvois absolument me passer. J('
l'allois plus k Tauberge, faute d'avoir de quoi payer mon ordi-
oaire. Que faisois-je donc pour subsister? Je vais vous le diro.
loos les matins, dans nos bureaux, on nous apportoit pou «
déjjeuner un petit pain et un doigt de vin ; c'étoit tout ce que le
ministre nous faisoit donner. Je ne mangcois que cola dans la
journée, et le soir le plus souvent je me couchois sans souper.
Telle étoit la situation d'un homme qui brilloitâ la cour, quoiqu'il y dût faire plus de pitié que d'envie. Je ne pus néanmoins résister à ma misère, et je me déterminai enfin à la découvrir au duc de Lerme, si j'en trouvois l'occasion. Par bonheur elle s'oflirit à l'Escuriai, où le roi et le prince d'Espagne allèrent quelques jours après.