LIVHK IX, CHAPITRE II
tropv(»fcre serviteur. Mais, -eiUre nous, je ne lui trouve point d'autre défaut que celui de n'«ii avoir aucun. Il est trop sage pour UA jeune homme. Tant mieux, reprit l'orfèvre; cela me fait plaisir. Allez, mon ami, vous pouvez l'assurer qu'il aura ma ûlle» ft que' je la lui donnerois quand il ne seroit pas chéri du ministre. Aussitôt que mon secrétaire m'eut rapporté cet entretien, je eourus chez Salero, pour le remercier de la disposition favorable où il étoit pour moi. Il a voit déjà déclaré ses volontés à sa femme et à sa fille , qui me firent connoître, par la manière dont elles œ reçurent, qu'elles y étoient soumises sans répugnance. Je menai le beau-père au duc de Lerme que j'avois prévenu la. veille, et je le lui présentai. Son Excellence lui fit un accueil des plus gracieux, et lui témoigna de la joie de ce qu'il avoit choisi pour gendre un homme qu'elle affectionnoit beaucoup, et qu'elle préteodoit avancer. Elle s'étendit ensuite sur mes bonnes qualités, et dit tant de bien de moi , que le bon Gabriel crut avoir rencontré dans ma seigneurie le meilleur parti d'Espagne pour sa fille. U en étoit si aise, qu'il en avoit la larme à l'cpil. Il me serra fortement entre ses bras lorsque nous nous séparâmes , en me disant : Mon fils, j'ai tant d'impatience «de vous voir l'époux de Gabriela, que vous le serez dans hait jours, tout au plus tard.