‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 300 sur 429 · LIVRE X, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE IV

ilnsienrs autres sortes de vins délicieux ; et, quand nous sentîmes [ne nous ne pouvions boire davantage sans exposer notre santé, ions songeâmes à nous aller coucher. Alors mes laquais, prenant les flambeaux, me conduisirent au plus bel appartement, où ils 'empressèrent à me déshabiller; mais quand ils m'eurent donné cm robe de chambre et mon bonnet de nuit, je les renvoyai en ear disant d'un air de maître : Retirez-vous, messieurs, je n'ai MIS besoin de vous pour le reste.

Je les fis sortir tous, et, retenant Scipionpour m*entretenir un »eu avec lui, nous commençâmes par nous réjouir de l'heureux itat où nous nous trouvions. On ne peut exprimer la joie que aon secrétaire fit éclater. Eh bien ! lui dis-je , mon ami , que tenses -tu du traitement qu'on me fait par ordre des seigneurs de ^eyva? Ma foi, répondit-il, je pense qu'on ne peut vous en faire in meilleur; je souhaite seulement que cela soit de longue durée. e ne le souhaite pas, moi, lui répliquai-je, il ne me convient las de souffrir que mes bienfaiteurs fassent pour moi tant de délense; ce seroit abuser de leur générosité. Déplus, je ne m'aclommoderois point de valets aux gages d'autrui : je croirois l'être pas dans ma maison. D'ailleurs, je ne suis point venu ici K)ur vivre avec tant de fracas. Quelle folie ! Avons-nous besoin l'un si grand nombre de domestiques ? Non, il ne nous faut, .vec Bertrand, qu'un cuisinier, un marmiton et un laquais; cela ions suffira. Quoique mon secrétaire n'eût pas été fâché de sub-' later toujours aux dépens du gouverneur de Valence, il no ;ombattit point ma délicatesse là-dessus ; et, se conformant à des sentiments, il approuva la réforme que je voulois faire. Gela tant décidé, il sortit de mon appart'^mcnt, et so retira dans le ien.

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