‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 87 sur 429 · LIVRE III, CHAPITRE VII. i · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VII. i

Les deux rivaux |:ariirenj; sur le tbëâtre. Le bouffon commença, etfutônceine plus applaudi que le jour précédent. Alors le villageois, s'ëtant baissé à sou tour et enveloppé de son manteau, tira ToreiUe à un véritable cochon qu'il tenoit sous son bras, et lui fit pooBser des cris perçants. Cependant Tassistance ne laissa pas de donaer le prix au pantomime, et chargea de huées le paysao, qui, montrant tout à coup le cochon de lait aux spectateurs: MeflBieurs, leur dit-il, ce n'est pas moi que vous sifilez, c'est le cochon lui-même. Voyez quels juges vous êtes I

Cousin, dit-don Alexo, ta fable est un peu vive. Néanmoins, malgré ton cochon de lait, nous n'en démordrons pas. ChangeoBS de matière, poursuivit-il ; celle-ci m'ennuie. Tu pars donc demain, quelque envie que j'aie de te posséder plus longtemps ? le voudrois, répondit son parent, pouvoir faire ici un plus long séjour ; mais je ne le puis, je vous l'ai déjà dit; je suis venu à la cour d'Espagne pour une affaire d'État. Je parlai hier, en arrivant, au premier ministre; je dois le voir encore demain matin, et je partirai un moment après pour m'en retourner à Varsovie. Te voilà devenu Polonois, répliqua Segiar, et, selon toutes les apparences, tu ne reviendras point demeurer à Madrid. Je crois que non, repartit don Pompeyo ; j'ai le bonheur d'être aimé du roi de Pologne; j'ai beaucoup d'agrément à sa cour. Quelque bonté pourtant qu'il ait pour moi, croiriez-vous que j'ai été sur le point de sortir pour jamais de ses États? Eh ! par quelle aventure ? dit le marquis. Contez-nous cela, je vous prie. Très- volontiers, répondit don Pompeyo ; et c'est en même temps mon histoire dont je vais vous faire le récit.

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