LIVRE Vllt, CRAt>. X
marquer la viye reconnaissance que j'ai de tout ce que vp}|9 avex fait pour moi. Il suffit qu^ vous vous intéressez poij^ quelqu'un } U n'en faut pas ^avantage pour p^ ^itten^pi^ \ le servir. Votre wni *urft c^t ewlol que yeus SQiihaite? qw'il ait, compte» Utrdessusj ce n-^A plws ypfr^ ^Çwa, c'e^ }a mienne.
Sur cette assuranee^ loseph s'en alla b?èsr#atis&it de vfiQi; néanmoins la personne qu'il i^'av^t yeçompiaïKjfe i^>ut ps^s le poste en questjpn, je l^ ps sKsoor4er à n^ autre hAfqme, pour miUe èimi», que je mis d^n^ mpn cQjjfre-fori. Je ^éfé^ rai cette SKmune aux remercinients que p'^fif ^t &its mop. chef d'oîfice, jl^ qui je c]is d'un j^ mortifié, quapd nops nqus revîmes : Ah I in^n Qh^r ^^varro, vous vous êtes avisé trqp tard de me parler^ G^^^rone m'^ prévenu; il a foit donner* remploi qu« ¥0U6 çave^. Je suis au désespoir de n'avoir pas une meilleure nouvelle ht Tous apprendre.
Joseph me crut de honne foi , et nous nous quittants plus amis que jamais; maïs je crois qu'il dëcouv^t hientôt la vé- |f rite, car il ne revint plus chez pioi. Au lieu de aentpr quelques remords d'en avoir usé de la sort^ ayec un apii valable, et à qui j'avais tant d'obligation^ j'en fus charpi^ Qntre que les services qu'il m^avait rendns me pesaient, il me sepiblait que, dans la pas^e où j'éiai§ alors à la cour, il pe me convenait plus de fréquenter des maîtres d'hôtels.
Il y a longtemps que je n'ai par)é du comte de Lemps; v^? nons présentement h ce seigneur. Je le voyais quelquefois; je lui avais porté mille pistoles, comme je l'ai dit ci-devant^ et je lui en portai mille autres encore par ordre du duc son oncle, de l'argent que j'avais a Son £i:cellence. Le comte de Lemos ce jour-là voulut avoir un long entretien avec moi. Il m'apprit qu'il était enfin parvenu à son but, et qu'il posi^ dait entièrement les bonnes grâces du prince d'Espagne, dont il était l'unique confident. Ensuite il me chargea d'une co^r mission fort honoraUe, et à laquelle il m'avait déjà préparé. Ami Santillane, me ditr4l, c'est maintenant qu'il faut agir, N'épargnez rien pour découvrir quelque jeune beanté qui soit digne d'amuser ce prince galant* Vous avez de l'esprit; je ne vous en dis pas davantage. Allez, courez, cherchez; et, quand vous aurez fait une heureuse découverte, vous viendrez m'en
avMir. Je promis au comte de fie rien négliger pour bien m*acquitter de cet eniploi , qui ne doit pas être fort difficile à exercer, puisquHl y a tant de gens qui s*en mêlent.
Je n'avais pas un grand usage de ces sortes de recherches; mais je ne doutais point que Scipion ne fût encore admirable pour cela. En arrivant au logis, je l'appelai et lui dis en particulier : Mon enfant, j'ai une confidence importante à te faire. Sais-tu bien qu'au milieu des faveurs de la fortune je sens qu'il me manque quelque chose? Je devine aisément ce que c'est, interrompit-il, sans me donner le temps d'achever ce que je voulais lui dire; vous avez besoin d'une nymphe agréable pour vous dissiper un peu et vous égayer. Et en effet il est étonnant que vous n'en ayez pas dans le printemps de vos jours, pendant que de graves barbons ne sauraient s'en passer. J'admire ta pénétration, repris-je en souriant. Oui, mon ami, c'est une maîtresse qU'U me faut, et je veux l'avoir de ta main. Mais je t'avertis que je suis très-délicat sur la matière : je te demande une jolie personne qui n^ait pas de mauvaises mœurs. Ce que vous souhaitez , repartit Scipion en souriant, est un peu rare. Cependant nous sommes. Dieu merci! dans une ville où il y a de tout; et j'espère que j'aurai bientôt trouvé votre fait.
Véritablement trois jours après il me dit : J'ai découvert un trésor. Une jeune dame nommée CatalinaS de bonne fa-* nulle et d'une beauté ravissante , demeure , sous la conduite de sa tante, dans une petite maison, où elles vivent toutes deux fort honnêtement de leur bien, qui n'est pas considérable. Elles sont servies par une soubrette que je connais, et qui vient de m'assurer que leur porte, quoique fermée à tout le monde, pourrait s'ouvrir à un galant riche et libéral, pourvu qu'il voulût bien, de peur de scandale, n'entrer chez elles que la nuit et sans laire aucun éclat. Là-dessus, je vous ai peint comme un cavalier qui méritait de trouver l'huis ouvert , et j'ai prié la soubrette de vous proposer aux deux dames. Elle m'a pix)mis de le faire , et de me rapporter demain matin la l'épouse dans un endroit dont nous sommes convenus. Cela est bon, lui répondis-je; mais je crains que la femme de cham-
* Catalina : ce nom semble choisi exprès. Catalinaf en espagnol, est le nom de la maindie sœnr de la petite yt^role.