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CHAP. !•-« Leé mtihfn dé Gil 6las se conroitiiMiit enlièreraetit à la cotir. De U eèlnmission dont le chargea le comte de Lemos, et de l'intrigue dans laquelle ce seigneur et lui s'engagèrent.
Lorsque j6 fus (ïdiinu pDur un homme chéri du duc de Lernie, j'éud bientôt xmë cdur. Tous les matins mon anti* chambre se trouvait pleine de mondé^ et je donnaii^ mes au-» diences à mon létet. 11 Tenait chez moi deux sortes de gens : les uns pour m'étigager^ en payant, à detnander des ^ces au ministre^ et les autres pour m'exciter par des supplications à leur faire obtenir gtfiiiiÊ ce qu'ils souhaitaient. Les preniiers étaient sûrs d'être écoutés et bien servis; à Tégard des seconds, je m'en débarrassais sur-le-champ par des défaites, ou bien je les amusais si longtemps que je leur faisais perdre patience. Avant que je fhsse à la dour^ j'étais compatissant et charitable de mon naturel, mais on n'a plus là de faiblesse humaine^ et j'y devins plus dur qu^un caillou, le me guéris aussi par conséquent de ma sensibilité pour mes aniis; je nie dépouillai de toute affection pour eux. La inanière dont j'en uitoi avec Jdfieph Navarro, dans une conjoncture que je vais l'apporté!*, ëti péut^aire foi.
Ce Navarro> à qui j'avais tant d'obligation, et qui, pour tout, dire en un moi, était la cause première de ma fortune, vint un jour chea moi. Après m'avoir témoigné beaucoup d'amitié, ce qu'il avait coutume de faire quand il me voyait, il me pria de demander pour un de ses amis certain emploi au duo de Lerme^ éti me disant que le cavalier pour lequel il me sollicitait était un garçon fort aimable et d'un grand mérite, mais qu'il avait besoin d'un poste pour subsister. Je ne doute pas, ajouta Joseph, bon et obligeant conmie je vous connais, que vous ne soyez ravi de faire plaisir à un honnête homme qUi n'est pas riche; sbn indigence est un titre pour mériter votre appui : je suis sûr que vous ihé savez bon gré de vous donner une occasion d'exercer votre humeur YÀetxfaisante. C'était me dire nettement qu'on attendait dé moi ce service pour rien. Quoique cela ne fût guère de mon goût, je ne laissai pas de paraître fort disposé à faire ce qu'on désirait. Je suis charmé, répondis-je à Navarro, de pouvoir vous
gazetiers quotidiens à Paris, même dans le temps où Le Sage ëcriTait. S'il eût Téca plus tard, il aurait trouvé là de quoi exercer ses pinceaux.