‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 4)Chapitre 215 sur 296 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

CHAP. I. — 6i1 Bks part pour les Aftiiries ; il pat!« parTalîtdirfld, où fl va voir le docteur Sangrado,. son ancien maître. Il rvucontra {lar hasard le seigneur Mauve* Ordonnée, administrateur de l'hôpital.

Dans le temps que je me dii^osais à partir de Madrid avec Scipkm, |MHir me rendre aux Asturies^ F^ul V nomma le due de Lenne au cardinalats Ce pape, voulant établir l'inquisition dans le royaume de Naples, revêtit de la pourpre cendnistre, pour rengage à faire agréer au roi Philippe un si louable dessein. Tous ceux qui connaissaient parfaitement œ nouveau membre du sacré c(Âlége trouvèrent, comme moi, que TEglise venait de faire une belle acquisition.

Scipion> ^ui aurait mieux aimé me revoir dans un poste brillant à la cour, qu'enterré dans une solitude, me conseilla de me présenter devanlle nouveau cardinal. Peut^tre, me dit-il, que Son Eminence, vous voyant hors de prison par ordre du roi, ne croira plus devoir affecter de parutre irritée contre vous, el pourra vous reprendre à son service. Monsieur Sdpioni lui répondis-je, vous oublies apparemment que je n*al obtenu la liberté qu'à condition que je sortirais incessamment des deux Gastilles. D'ailleurs, me croyez-vous déjà dégoûté de mon château de Lirias? Je vous l'ai déjà dit, et je vous le répète, quand le duc de Lerme me rendrait ses bonnes grâces, quand il m'offrirait la place même de don Rodrigue de Galderone, je la nsfuserais. Mon paiti est pri^; je veux aller à Oviedo chercher mes parents, et me i-etirer avec eux au-

■ Cette proiDotioo, qui eM de IStS, Sxe la date de cette partie de OU Bias d'BM. manière positive.

Le doc de leme atait pêMé qM le chftpèau de cardinal Im astmerah à jamais lèt prlTilégei de TÉsHm j el* es cfiei, aau le ntpect qo'om ttilt alori«i Bspegne poor ceUe dignilé, il est infiiiimeat probable que ce premier ministre, aurait été sacriSé, coiume le ftit son secrétaire. « Le duc de. Lerme se àé&ali de sa faveur, et crut se

> metto« à fabfi dé la dltgrèce en bblenant'Ia péorpre romaine. Le pbpe lui envoya

> le chapean et i'Mineae» Cei Juaneer» qel est résmé au pri&eas de siig fOQwIt

> parut préci|Miter la .chute de edui qui venait de le reeevoir. Son propre êltf le dne

> d'Uiède, qui d^à lui avait ravi b place die fivori, lui eolera celle de presÉter mi- » «ieire, le It ehasser de ta eear, «t éiftor dans ses tenei. ^ {ÀiuoâoUi «qM^nolei, Sûtes rames lillhl

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près de la ville de Valence. Pour toi, mon ami, si tu ce.repens d'avoir lié ton sort au mien, tu n'as qu'à me le dire; je suis prêt à te donner la moitié de mes espèces, avec quoi tu demeureras à Madrid, où tu pousseras ta fortune le plus loin qu'il te sera possible.

Gomment donc, reprit mon secrétaire, un peu touché de ces paroles, pouvez-vous me soupçonner d'avoir quelque répugnance à vous suivre dans votre retraite? Ce soupçon blesse mon zèle et mon attachement. Quoi ! Scipion, ce fidèle serviteui*, qui, pour partager vos peines, aiu*ait volontiers passé le reste de ses jours avec vous dans la tour de Ségovie, ne vous accompagnerait qu'à regret dans un séjour qui lui promet raille délices ! Non, monsieur, non, je n'ai pas envié de vous détourner de votre résolution. Il faut que je vous avoue ma malice : lorsque je vous ai conseillé de vous montrer au duc de Lerme, c'est que j'ai été bien aise de vous sonder, pour savoir s*il ne restait point encore en vous quelques semences d'ambition. Eh bien ! puisque vous êtes si détaché dès grandeurs, abandonnons donc promptement la cour, pour aUer jouir de ces plaisirs innocents et délicieux dont nous nous formons une si charmante idée.

Nous partîmes en effet bientôt après tous deux, dans une chaise tirée par deux bonnes mules, conduites par Un garçon dont je jugeai à propos d'augmenter ma suite. Nous couchâmes le premier joiu* à Alcala de Henarès, et le second à Ségovie, d'où, sans m'arrêter à voir le généreux châtelain Tordesillas, je gagnai Penafiel sur le Duero, et le lendemain Valladolid. A la vue de cette dernière ville, je ne pus m'empêcher de pousser un profond soupir. Mon compagnon , qui /entendit, m'en demanda la cause. Mon enfant, lui dis-je, c'est que j'ai longtemps exercé ici la médecine. Je n'y puis penser tranquillement. Ma conscience m'en fait dans ce moment de secrets reproches. Que dis-jet il me semble que tous les malades que j'ai tués sortent de leurs tombeaux pour venir me mettre eh pièces! Quelle imagination! dit mon secrétaire. En vérité, seigneur de Santillane, vous êtes trop bon. Pourquoi vous repentir d'avoir fait votre métier? Voyez les plus.vieùx médecins, ont-ils de pai*eils remords? Oh, que nonl ils vont toujours leur train, rejetant sur la nature les acd-

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