‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 4)Chapitre 282 sur 296 · CH, H.A · texte numérisé non relu

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informé que le roi écoutait ses ennemis, il t'aTi» de lui écrire un billet pour lui demander la permission de «e démettre de son empldy et de s'élui^er de la eour, puisqu'on lui faisait Finjustice de lui imputer tous les malheurs arrivés à la monarchie pendant le cours de son ministère. 11 s'imaginait que œtte lettre ferait un grand effet, croyant que le prince consenrait encore pour lui asseï d'amitié pour ne vouloir pas consentir à son éloignement; mais toute la réponse que lui fit Sa Majesté fut qu'elle lui accordait la permission qu'U do^ mandait, et qu'il pouvait se retirer où bon lui semblerait K

Ces paroles écrites de la main du rd, furent un coup de tonnerre pour monseigneur, qui ne s'y était nullement attendu. N^moins, quoiqu'il en fût étourdi, il affecta un air de constance, et me demanda ce que je ferais à sa place. Je fvendrais, lui dis-je, aisément mon parti; j'abandonnerais la cour, et j'irais à quelqu'une de mes terres passer tranquillement le reste de mes jours. Tu penses^ sainement, répliqua mon maître, et je prétends bien aller finir ma carrière à Loeches, après que j'aurai seulement une fois entretenu le monarque : je suis bien aise de lui remontrer que j'ai fait humainement tout ce que j'ai pu pour bien soutenir le pesant fardeau dont j'étais chargé, mais qu'il n'a pas dépendu de moi de prévenir les tristes événements dont on me fait un crime, n'étant point en cela plus coupable qu'un habile pilote qui, malgré tout ce qu'il peut faire, voit son vaisseau emporté par les vents et par les flots. Ce ministre se flattait encore qu'en pariant au prince il pourrait rajuster les choses, et regagner le terrain qu'il avait perdu; mais il ne put -en avoir audience, et de plus, on lui envoya demander la clef dont il se servait pour entrer, quand il lui plaisait, dans Tappartement de Sa Majesté.

Jugeant alors qu'il n'y avait plus d'espérance pour lui, il se détermina tout de bon à la retraite. Û visita ses papiers,

* < Ce mintstre fbt d'abord relëgvë à quatre llenes de Madrid. On allait le rap- » peler, s'il n'eftt pas précipite ses espérances ; ear, ayant Tonltt aé josttfier par nn

> écrit qu'il publia, il offensa plusieurs personnes poissantes, dont le ressentiment » fut tel, que le roi jugea à propos de Téloigner encore davantage, en le confinant i » Toro, où il mourut de chagrin, Comme il arrite aux grands esprits qni ne sont p»

> accoutumés an repos. Don Lonit de Haro, um aeren, gagna faueotiblement la Gik

> Teur du roi, et détint premlOT ministre. » -

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