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chère ^ et dans le fond on doit nous confon4re ensemble dans la Yie civile. En effets ajouta-t-elle^ à considérer un marquj;. et un comédien dans le cours d'un^ jourp^, c'est presque la . même chose. Si le iparquis^ pendant lep trois quarts du jour^ est^ par son rang^ au-dessus du comédiep, le coipédien^ pendant l'autre quart, s'élève encore davantage au-dessus du marquis^ par un rôle d'empereur ou de roi qu'il représente. Gela fait^ ce me semble^ une compensation de noblesse et de grandeur qui nous égale aux personnes de la cour. Qui vrai-, ment, repris-je, vous êtes de niveau , sans contredite les un9 aux autres. Peste! les comédiens ne sont pas des xns^vouûe^, comme je le croyais , et vous me donnez une forte envie de servir de si honnêtes gens. Eh bien! repartit elle, tu n'p qu'4 revenir dans deux Jours. Je ne te demande que ce temps-là pour disposer ma maîtresse à te prendre : je lui parlerai en ta faveur. J'ai quelque ascendant sur son esprit; je suis persuadée que je te ferai entrer ici.
Je remerciai Laure de sa bonne volonté. Je lui témoignai que j'ei^ étais pénétré de reconnaissance, et je l'ep assurai avec des transports qui ne lui permirent pas d'eu douter. Nous eûmes tous deux un assez long entretien, qui aurait encore duré, si un petit laquais ne îùi venu dire à ma princesse qu'Arsénié la demandait. Nous nous séparâmes. Je sortis de chez la comédienne dans la douce espérance d'y avoir bientôt bouche en corn*, et je ne manquai pas d'y retourner deux jours après. Je t'attendais, me dit la suivante, pour t'assurer que tù es commensal dans cette maison. Viens, suis-moi; je vais te présenter à ma maîtresse. A ces paroles, elle me mena dans un appartement composé de cinq à six pièces de plain-pied^ toutes plus richement meublées les unes que les autres.
Quel luxe! quelle magnificence I Je me crus chez une vice» reine, ou, pour mieux dire, je m'imaginai voir toutes les richesses du monde amassées dans un même lieu. U est vra| qu'il y en avait de plusieurs nations, et qa'on pouvait déânir cet appartement, le temple d'unie déesse où chaque voyageur apportait pour offrande quelques raretés de son pays. J'aperçus la divinité assise sur un gros carreau de satin; je la trouvai charmante et grasse de la fumée des sacrifices. Elle était dans un déshabillé galant, et ses belles mains s'occupaieift à
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préparer une coiffure nouvelle pour jouer son i*^ ce jour-lL Madame, lui dit la soubrette, voici l'économe en question; je puis vous assurer que tous ne sauriez avoir un meilleur sujet. Arsénié me regarda très-attentivement, et j'eus le bonhenr de ne lui pas déplaire. Gomment donc, Laure, s*écria-t«eUe, mais voilà un fort joli garçon ! je prévois que je m'acGomnMh derai bien de lui. Ensuite, m*adressant la parole : Mon entant, ajouta-t-elle, vous me convenez, et je n'ai qu'un mot à voa dire : vous serez content de moi si je le suis de vous. Je hii répondis que je ferais tous mes efforts pour la servir à son gré. Comme je vis que nous étions d'accord , je sortis sv-lécbamp pour aller chercher mes bardes, et je revins m'installer dans cette maison.
CHAP. X* — Qui n'est pas plvs bng qne le précédent.
Il était à peu près l'heure de la comédie; ma maîtresse me dit de la suivre avec Laure au théâtre. Nous entrâmes dans sa loge, où elle ôta son habit de ville, et en prit un autre {dus magnifique pour paraître sur la scène. Quand le spectade commença, Laure me conduisit et se plaça près de moi dans un endroit d'où je pouvais voir et entendre parfaitement bien les acteurs. Us me déplurent pour la plupart, à cause sa» doute que don Pompeyo m'avait prévenu contre eux. On ne laissait pas d'en applaudir phisieurs, et quelques-uns de oaix* là me tirent souvenir de la fable du cochon.
Laure m'apprenait le nom des comédiens et des comédiennes à mesure qu'ils s'ofi'raient à nos yeux. Elle ne se gcmitentait pas de les nommer; la médisante en faisait de jolis portraits. Celui-ci, disait-elle, a le cerveau creux; celui-là est un insolent. Cette mignonne que^ vous voyez, et qui a Talr plus libre que gracieux , s'appelle Rosarda : mauvaise acquisition pour la compagnie ! on devrait mettre cela dans la troupe qu'on lève par ordre du vice-roi de la Nouvelle-Espagne^ €i. qu'on va faire incessamment partir pour TAmérique. Regardez bien cet astre lumineux qui s'avance, ce beau soleil couchant : c'est Casilda. Si, depuis qu'elle a des amants, elle avait exigé de chacun d'eux une pierre de taille pour en bâtir une pyramide , conune fit autrefois une princesse d'Egypte , elle en pourrait faire élever une qui irait jusqu'au troisième cieL
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Enfin Lanre déchira tout le monde par des médisances. Ah ! Ja iQëchante langue ! Elle n'épargna pas même sa maîtresse^.
Cependant j'avouerai mon faible : j'étais charmé de ma sou* hrette, quoique son caractère ne fût pas moralement bon. Elle médisait avec un agrément qui me faisait aimer jusqu'à sa malignité. Elle se levait dans les entr'actes pour aller voir si Arsénié n'avait pas besoin de ses services; mais^ au lieu de venir promptement reprendre sa place, elle s'amusait derrière le théâtre à recueillir les fleurettes des honunes qui la cajolaient. Je la suivis une fois pour l'observer, et je remarquai qu'elle avait bien des connaissances. Je comptai jusqu'à trois comédiens qui Farrêtèrent l'un après l'autre pour lui parler, et ils me parurent s'entretenir avec elle très-Oeunilièrement. Gela ne me plut point; et, pour la première fois de ma vie, je sentis ce que c'est que d'être jaloux. Je retournai à ma place si rêveor et si triste,, que Laure s'en aperçut aussitôt qu'elle m'eut rejoint. Qu'as-tu, Gil Bias? me dit-elle avec étonnement; qudle humeur noire s'est emparée de toi depuis que je fai quitté? Tu as l'air sombre et chagrin. Ma princesse, lui répondis-je, ce n'est pas sans raison; vos allui*es sont un peu vives. Je viens de vous voir avec des comédiens... Ah! le plaisant soiei de tristesse! interrompit-elle en riant. Quoi! cela te Doit de la peine? Oh! vraiment tu n'es' pas au bout; tu verras bien d'autres choses parmi nous. 11 faut que tu t'accoutomes à nos manières aisées. Point de jalousie, mon enfant! les jaloux, chez le peuple comique, passent pour des ^dicules. Aussi n'y en a-t-il presque point. Les pères, les maris, les frères, les oncles et les cousins sont les gens du monde les plus commodes, et souvent même ce sont eux qui établissent leurs familles.
Après m'avoir exhorté à ne prendre ombrage de personne et à r^arder tout tranquillement, elle me déclara que j'étais Hieureux mortel qui avait trouvé le chemin de son cœur. Puis elle m'assura qu'elle m'aimerait toigours uniquement. Sur cette assurance, dont je pouvais douter sans passer pour on esprit trop défiant, je lui promis de ne plus m'alarmer, et
* Tau eet portraiU étaient d'après nature; et l'on dit que Le Sage, retiré à Bonlo|M, lonqn'il était vieaX| m pla^t quelquefc^ à donner Ini-mème la clef de tontet cciaUwions.
jo lui tins parole. Je la \is^ dès le soir même^ s'entretenir en particulier et rire avec des hommes. A Tissue de la comédie^ nous nous en retournâmes avec notre maîtresse au logis, où Florimonde arriva bientôt avec trois vieux seigneurs et tm comédien qui y venaient souper. Outre Laure et moi, il | avait pom* domestiques dans cette maison une cuisinière, un cocher et un petit laquais. Nous nous joignîmes tous cinq pour préparer le repas. La cuisinière, qui ]l*était pas moins habile que la dame Jacinte, apprêta les viandes avep le cocher. La femme de chambre et le petit laquais mirent 1q opavert, et je dressai le buffet, composé de la plus belle y^ii^seBe d'argent et de plusieurs vases d'or, autres offrandes quç la déesse du temple avait reçues. Je le parai de bouteifies de différents vins, et je servis d'échanson, pour montrer à ma maîtresse que j'étais un homme à tout. J'admirais la coiitenance des comédiennes pendant le repas; elles f aisaiept les dames d'importance; elles s'imaginaient être des feniînes dd premier rang. Bien loin de traiter d'Excellence les seigneonu elles ne lem* donnaient pas même de la Seigneurie; elles le» appelaient simplement par leur norp. Il est vrai que c'j$taièi|t eux qui les gâtaient et qui les rendaient si vaines, pn se ûuni^ liarisant un peu trop avec elles. Le comédien, de son oÔt^ comme un acteur accoutumé à faire le héros, vivait avec eux sans façon ; il buvait à leur santé, et tenait, pour ainsi diie^ le haut bout. Parbleu, dis-je en moi-même, quand Laure m'a démontré que le marquis et le comédien sont égaux pendant le joui*, elle pouvait ajouter qu'ils le sont encore davantage pendant la nuit, puisqu'ils la passent tout entière à boire ensemble.
Arsénié et Florimonde étaient naturellement enjou^. n leur échappa mille discours hardis, entremêlés de meniies faveurs et de minauderies qui furent bien savourées paf çe$ vieux pécheurs. Tandis que ma maîtresse en amusait un gar un badinage innocent, son amie, qui se trouvait entre le^ deux autres, ne faisait point avec eux la Suzanne. Daus le temps que je considérais ce tableau, qui n'avait que trop de charmes pour un vieil adolescent, on apporta le fruit. Alors je mis sur la table des bouteilles de liqueurs et des verres^ et je disparus pour aller souper avec Lame qui m'attendait.
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£h bien ! Gil Blas^ me dit-elle, que penses^tu de ces seigneurs que tu Tiens de yoir? Ce sont sans doute, lui répondis-je, des adorateurs d'Arsénié et de Florimonde. Non, reprit-elle, ce sont de Tieux Toluptueux qui vont chez les coquettes sans s'y attacher . Ils n'exigent d'elles qu'un peu de complaisance, et ils sont assez généreux pour bien payer les petites bagatelles qu'on leur accorde. Grâce au ciel, Florimonde et ma maîtresse sont à préâCnt sans aibants; je veux dire qu'elles n'ônl pas de ces amants qui s'érigent en maiis et veulent faire tous les plaisirs d'unç maison, parce qu'ils en font toute la dépense. Pour moi^ j'en suis bien aise, et je soutiens qu'une coquette sensée doit fuir ces sortes d'eng^ageinents. Pourquoi ^ dontlet' un maître? Il Tfiut mieux gagner sou à sou un ëquipSlge que de î'aToir tout d'un coup à ce prix-là.
Lorsque Laure était en train de parler, et elle y était presque toujours, les paroles ne lui coûtaient rien; Quelle voltibilité de langue! Elle me conta mille aventures arrivées aux actrices de la troupe du prince; et je conclus de tous ses discours que je ne pouvais être mieux placé potlr connslitre pariàitement les vices; malheureusement j'étais dans un âge où ils ne font guère d'horreur; et il faut ajouter que la soubrette saTait â bien peindre les dérèglements, que je n'y envisageais gue des délices. Elle n'eut pas le temps de m'apprendre seulement la dixième partie des exploits des comédiennes; car il n'y avait pas plus de trois heures qu'elle en parlait. Les seigneurs et le comédien se retirèrent avec Florimonde, qu'ils eonduisirent chez elle.
Après qu'ils furent sortis, ma maîtresse me dit eh me mettant de l'argent entre les mains : Tenez, Gil Bias, voilà dix pistoles pour aller demain matiii à la provision. Cinq ou six de nos messieurs et de nos dames doivent dîner ici; ayez ^tàn de nous faire faire bonne chèl e. Madame, lui répondisjc, avec cette somme je promets d'apporter de quoi régaler toute la troupe même. Mon ami, reprit Arsénié, corrigez, s'il ▼ou» plaît, Tos expressions. Sachez qu'il ne faut point dire la troiqie^ il faut dire la compagnie. On dit bien une troupe de bandits, une troupe de gueux, une troupe d'auteurs ; mais apprenez qu'on doit dire une bômpaghlè de conlédiens. Les acteurs de Madrid surtout méritent bien qu'on appelle leur
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corps une compagnie. Je demandai pardon à ma maîtresse de m'être servi d'mi terme si peu respectueux, je la suppliai très-humblement d'excuser mon ignorance. Je lui protestai que dans la suite, quand je parlerais de messieurs les oomfidiens d'une manière coUective, je dirais toujours la compagnie <•
CHAP. XT. — GomiBeDt lec oonëdiMit Timieot entemble, «t de ^Mlle «tlièn II
tnitaient ks antean.
Je me mis donc en campagne le lendemidn matin pour commencer Texercice de mon emploi d'économe. C'était on iour maigre; j'achetai, par ordre de ma maîtresse, de boni poulets gras, des lapins, des perdreaux, et d'autres pietiti pieds. Conune MM. les comédiens ne sont pas contents dei manières de l'Église à leur égard, ils n'en observent pas avec exactitude les commandements. J'apportai au logis plus de viandes qu'il n'en faudrait à douze honnêtes gens pour bien passer les trois jours de carnaval. La cuisinière eut de quoi travailler toute la matinée. Pendant qu'elle préparait le dîner. Arsénié se leva, et demeura jusqu'à midi à sa toil^te. Alors les seigneurs Rosimiro et Ricardo, comédiens, arrivèrent. Il survint ensuite deux comédiennes. Constance et Célinamra; et un moment après parut Florimonde accompagnée d'an homme qui avait tout Tair d'un senor cavcMero ' des plus lestes. H avait les cheveux galamment noués, un chapeau relevé d'un bouquet de plumes de feuilles mortes, un hastde-chausses bien étroit, et Ton voyait aux ouvertures de son pom^point une chemise fine avec une fort belle dentelle. Ses gants et son mouchoir étaient dans la concavité de la garde de son épée, et il portait son manteau avec une grâce toute particulière.
Néanmoins, quoiqu'il eût bonne mine et fût très-bien fait, je trouvai d'abord en lui quelque chose de singulier. Il fau^
' Cette digcussion sur le choix des mots de troupe et de eompagniê^ en pulaat été comédiens, avait été souvent répétée. 11 y avait, à cet égard, des anecdotes fort amanes. Le premier président de Harlay avait dit aux comédiens qu'il rendrait compte à sa troupe de ce qu'ils lui demandaient au nom de leur compagnie.
' Seigneur cavalier on chevalier ; eabalUro veut dire l'un et l'autre. Ce aiot s'écrit en espagnol eàbalUrOf et c'est ainsi qu'on le trouve dans le dictionnaire gnol de GttteL
LIVBE Illy CHAP. XI. 49"^
dis-jeennKH-memey que ce gentilhomme-là soit un original. Je ne me trompais point : c'était un caractère marqué. Dès qu'il entra dans l'appartement d'Arsénié^ il courut^ les bras ouverts, embrasser les actrices et les acteurs l'un après l'autre^ avec des démonstrations plus outrées que celles des petits-maîtres. Je ne changeai point de sentiment lorsque je l'entendis parler : il appuyait sur toutes les syllabes^ et prononçait ses paroles d'un ton emphatique^ avec des gestes et des yeux accommodés au siyet. J'eus la curiosité de demander à Laure ce que c'était que ce cavalier. Je te pardonne^ me dit-elle, ce mouvement curieux : il est impossible de voir et d'entemire pour la première fois le seigneur Carlos Alonso de la Yentoleria ^ sans avoir l'envie qui te presse ; je vais te le peindre au naturel. Premièrement^ c'est un homme qui a été comédien. Il a quitté le théâtre par fantaisie^ et s'en est dqpuis repenti par raison. As-tu remarqué ses cheveux noirs? Ils sont teints, aussi bien que ses sourcils et sa moustache. 11 est plus vieux que Saturne ; cependant, comme au temps de sa naissance ses parents ont négligé ^e faire écrire son nom sur les registres de sa paroisse, il profite de leur négligence, et se dit plus jeune qu'il n'est de vingt bonnes années pour le moins. D'ailleurs c'est le personnage d'Espagne le plus rempli de lui-même, n a passé les douze premiers lustres de sa vie dans une ignorance crasse ; mais pour devenir savant, il a pris un précepteur, qui lui a montré à épeler en grec et en latin. De plus, il sait par cœur une infinité de bons contes qu'il a récités tant de fois comme de son cru, qu'il est parvenu à se figurer qu'ils en sont effectivement. 11 les fait venir dans la conversation, et on peut dire que son esprit brille aux dépens de sa mémoire. Au reste, on dit que c'est un grand acteur. Je veux le croire pieusement; je t'avouerai toutefois qu'il ne me plaît point. Je l'entends quelquefois déclamer ici, et je lui trouve, entre autres défauts, une pronon-
■ n «tinposcible d« ne pas T<ràr que ce poiinit s*am»liqiiean fomenz actenr français Kcbd Baron, qui aTait quitté le théâtre en 1696 ; il y remonta depuis à l'âge de ioiziote-bnlt ans. Le Sage en fait ici un grand ignorant. Cependant on a de Baron des pièees de théâtre ; mais on croit qu'elles sont d'un jésuite de beaucoup d'esprit (le P. La Eae), qui ne ponvtit les donner sons son nom. Voyez encore la note sui-
dation trop aiîectëe^ arec une voix tremblante qui donne uii air antique et ridicule à sa déclamation.
Tel fut le portrait que nia soubrette me fit de cet histribn honoraire, et véritablement je n'ai jamais vii de mortel d'tiii j maintien plus orgueilleux. Il faisait aussi le beau ^àrledr. ! Il ne manqua pas de tirer dé son sac deux ou ttots cotites qxfi débita d'un air imposant et bien étudié. D'uiië àtitré t)art, les comédiens et les comédiennes, qui n'étaient jwoiiit venus U pour se taire, rie furent pas muets. Ils commencèrent â is'entretenir de leurs camarades absents d'une manière peti charitable, à la vérité, mais c'est tine chosie qu'il flsiut jiardonhei aux comédiens comme aux âùteùt^. La cbnversatibn s'échauffli donc contre le prochain. Vous ne savez pas, niesdaines, dit Rosimiro, un nouveau trait de Cesarino, riotre cher cbilfrèrë. Il a ce matin acheté des bas de sbie, des rubans et des dentelles, qu'il s'est fait apporter à rassemblée par Un petit jiage, comrtie de la part d'une comtesse. Quislle fripdrihèrîe ! dit le seigneur de la Ventôleiiâ, en souriant d'Un àir M et vaîii. tie mon temps bii était detneilleurë foi; nous né Songions poiUt à composer de pareilles fables. Il est vi^ que lbs feinihés de qualité tiôus en épargnaient ritivêntiori : ëUés faisaient elles^ mêmes les emplettes ; elles avaient cette fahtàisle-là *. PsU-bleu ! dit Ricardd du même ton, cette fâiitâisic-là tes tîëiit bien encore; et s'il était permis de s'expliquer là-dessus... Mais il faut taire ces sortes d'aventures, surtout quand des péi-sonfae? d'un certain rang y sont intéressées.
Messieurs, interrompit Florimonde, laissez là, de gî:âcie, voë bonnes fortunes; elles sont conniies dé toute la terre; parlons d'Isménle. On dit que ce seigneur qui a faU tâhl de dépenses pour elle vient de lui échapper. Otii, vtàinient, s'écria Constance; et je dirai de plus qu'elle perd im petit tibihme d'affaires qu'elle aurait indubitablement ruiné : je sais lé, chose d'original. Son MercUre a fait im quiproquo : il â porté au seigneui* un billet qu'elle écrivait à Thomme d'afiaires, et a remis à l'honune d'affaires une lettre qu'eUe adressait ail. seigneur. Voilà de grandes pertes, ma miguonne, reprit Hori-
' Ce trait de fatuité convient parfaitement à Baron, dont on a dit, av sujçt de comédie de VÉomme à honnes fortunes, qu'il était dans cette pièce le héros, TaDte
['aotew et racteor.