RETRAITE DEFINITIVE— SECOND MAR^GE DE GIL BLAS
ainsi qu'il l'avait ordonné, fut inhumé sangyi.
5 p3fitp^*et^sans écla t dans le monastère des religieuses, au ^^-jl^^tit de nos lamentations. Après les funérailles, madame y^^^ d'Olivarès nous fit lire le testament, dont tous les domestiques eurent sujet d'être satisfaits. Chacun avait un legs proportionné à la place qu'il occupait, et le moindre legs était de
io deux mille ecus ; * le mien était le plus considérable de tous :
Monseigneur mje kissait dix mille pistoles, pour marquer
l'affection'^mgnnere^qu'il avait eue pour moi.
^J^anséja .disposition oîi était mon esprit, je fus tenté, à
pTusiJ^rT reprises, de m'enfermer dans une cellule pour y
15 faire pénitence et v expier fli^vie mondaine. Ce fut Scipion qui me détourna de ce parti. « Je ferais bien mieux, disaitil, de retourner à mon château deLirias. » Son a vis prévalut d'autant plus facilement que cetait uii peu le mienT^ tu^>^ Nous partîmes donc un beau jour au lever de l'aurore, et
20 nous prîmes la route de Cuença. Voici dans quel ordre et dans quel équipage : nous étions, mon confident et moi, dans une chaise tirée par deux mules condujites par un postillon ; trois mulets chargés de nosJnâSSB|[etae notre argent, et menés par deux palefreniers, nous suivaient immédiatement ;
25 et deux grands laquais, choisis par Scipion, venaient ensuite^ montés sur deux mules et armés jusqu'aux dents : les^Slefreniers, de leur côté, portaient
avait deux bons pistolets à l'arço
aient d|Sj s abiys, et le postillon '^çorTdeSTsefle. Comme nous
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étions sept hommes, dont il y en avait six fort re'solus, je me
mis gaiement en chemin, sans appréhender pour mon lei Dans kjfvillages par oùnous passio^s^nps mulets faisaient wgueiile3ement entejidrq leurs s' ^nStes : les paysans accouraient à leurs portes pour voir défiler notre équipage, qui S leur paraissait tout au moins celui d'un grand qui allait prendre possession d'une vice-royauté.
J'employai qumze jours à me ren(^ à Lirias, rien ne m'obligeant d'y aller à ^^^^[jSjESSês; ^ tout ce que, je souhait aisj c'é tait d'y arriver heureusement ; et mon s^uKattJ® fut^M(fte?^La vue de mon château m'inspira d'abord quelques pensées tristes, en me rappelant le souvenir d'Antonia; mais je sus bientôt m'en distraire, ne voulant m 'occuper que de ce qui poiu^ait meiaire plaisir, outre que vingt-deux ans, qui s'étaient ecoyuesaepuis sa mort, en avaient fort affaibli 15 le sentiment.
Bientôt après mon arrivée à Lirias, je vis pajgjtre|au château un cavalier, qui me dit qu'en quamé ae vois3!7Îl venait me féliciter sur mon heureux retour. Il se nommait don Juan de Jutella, et vivait dans son château, éloigné du mien 2c d'une lieue, avec une sœur cadette.
"^Tjes le jour suivant, je sortis après le dîner, avec Scipion, pour aller rendre la visite que je devais à don Juan. Ce gentilhomme nous reçut dans une salle bien ornée, où il nous présenta une dame qu'il appela devant nous sa sœur Dorothée, 25 et gui-pouvait avoir dix-neuf à vingt ans. Elle était fort parée , comme ijn^^rsonne qui, s'étant attendue à notre visite, avait erme denous paraître aimable ; et s'offrant à ma vue avec tous ses charmes, elle fit sur moi la même impression qu'Antonia, c'est-à-dire que \é\^\xo^é ^^v^'& 30 je cachai si bien mon trouble, que Scipion même ne le re-
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marqua pas. Cependant en sortant du château de Jutella, j'avais Tesprit rempli de Dorothée.et je neparlais que d'elle. Scipion m'encouragea à la^ recherch er en mariage, sans songer qu'il m'exposait à essuyer un refus. Quoique je ne
5 parusse pas avoir mon âge et que je pusse me donner dix bonnes^Simees demoins^q^ avais^îei^ kissais^gas
de me croire bie nTonoé à doutp f^vf ]<* pb?^*^^ à une jeune beauté. Je pris pourtant la résolution d'en risquer la demande sitôt que je verrais son frère. Je vis don Juan dès
ïo le lendemain, et j'eus le bonheur inespéré d'apprendre par lui, que Dorothée n'avait point de répugnance à lier son sort au mien. >w'TuCi**«t Ah/Ci\
Je fis donc allumer pour la seconde fois le TJambeau de PhyTTipn f^f V et je n'eus pas sujet de m'en repentir. Dorothée,
15 en femme vertueuse, se fit un plaisk de s<y devoir ; et sensible au soin que je prenais d ^Ier au-tfevant de ses désirs, elle s'attacha bientôt à moi comme si j'eusse été jeune.
Il y a déjà trois ans, ami lecteur, que je mène une vie délicieuse avec une personne si chère. Pour comble de satis-
%o faction, le ciel a daigné m'accorder deux enfants, dont l'éducation va devenir l'amusement de mes vieux jours.