‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 62 sur 78 · CHAPITRE IV. · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV.

Du nouvel emploi que donna le ministre | à Santillane.

LA

. oe . ., ) Jz sentis aussi trés-vivement le malheur de Lueréceg et j’eus tant de remords d’y avoir contribué, que me regardant comme un infime, malgré la qualité. de l’amant dont j’avois servi les amours ,

tant d’hommages confus , devint insensiblement mère, et mit au monde un garçon, dont elle voulut faire honneur i à chacun de ses amants en particulier: mais ‘aucun, ne pouvant en conscience se vanter d’être père de cet enfant ,; ne voulut le reconnoître ; de sorte que la Génoise fut obligée de le nourrir du fruit de ses galanteries : ce qu’elle a fait pendant dix-huit années, au bout desquelles étant morte. elle a laissé son fils sans bien, et, qui pis est, sans éducation.

.: Voilà , poursuivit monseigneur , la confidence que j’ayois à te faire, et je vais présentement t’instruire du‘grand dessein que j'ai formé. Je veux tirer du néant cet enfant.malheureux, et, le faisant. passer d’une extrémité à l’autre, l’élevèr aux honneurs-et le reconnoître pour mon fils, ~. ,

. A ce projet extravagant il me fut impossible de me-taire. Comment, seigneur, m’éoriaije ; votre excellence. peytzelle avoir pris‘une résolution si étrange ? Pardennez-mai ce terme, il échappe à mon zèle. Ty, Ja. trouveras raisonnable , repxit-il avec précipitation, quand je t’autai dit les raisons qui m'ont déterminé a la prendre, Je ne veux point. que mes collatéraux sojent mes héritiers. Tu. me diras que je ne suis point encore dans un âge assez avancé pour. désespérer d’avoir des enfants de: madame d’Oliyarés. Mais chacunse connoît : qu'il. te.suffise d’apprendre que Ja chimis n’a pas de

LIVRE XII. 573 gneur , qui, pour prix de ma complaisance, grossit mon petit revenu d’une pension de mille écus qu’il me fit obtenir, ou plutôt qu’il me donna sur Ja commanderie de Mambra.

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