A MONSIEUR LE GÉNÉRAL UE LA RUË
ANCIEN DIRECTEUR DES AFFAIRES pE L’ALGÉRIE, ETC.
Mon cher Général,
Après avoir passé les premières années de notre vie au même lycée, nous nous sommes retrouvés en Afrique, toi dans l’armée, moi dans la magistrature, vouant notre vie et notre intelligence au progrès de notre conquête algérienne.
Ta connaissance pratique des affaires de ce pays, au service duquel ont été consacrées quinze années de ta carrière militaire, t’avait fait comprendre quelle influence exer-
cerait le développement de la langue arabe sur le commerce et la colonisation ainsi que sur l’administration directe des indigènes.
Aussi, pendant que fu remplissais les hautes et difficiles fonctions de Directeur des affaires de l’Algérie, m’avais -lu encouragé à poursuivre la tâche que je m’étais imposée et que je viens enfin de terminer.
Si je ne puis plus offrir ces travaux à l’homme public, au puissant appui duquel j’ai dû la récompense de vingt-huit ans de service dans la magistrature, je les dédie à l’ami, à l’officier général qui, après avoir versé deux fois son sang pour assurer notre conquête , a su , par un traité habile , préciser et étendre nos droits sur les tribus limitrophes du Maroc et, par une administration aussi sage qu’éclairée, contribuer à la prospérité de cette France nouvelle.
Ton ancien condisciple et ami ,
An. PAULM1ER.