‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 53 sur 103 · UM · texte numérisé non relu

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voyais rien, et ma peur, en me troublant l’imagination, me cachait l’horreur du spectacle même qui m’effrayait. Tout ce que je sais, c’cst qu’après un grand bruit de mousquetades, j’entendis mes compagnons crier à pleine tête : Victoire 1 Victoire! A cette acclamation, la terreur qui s’était emparée de mes sens se dissipa , et j’aperçus sur le champ de bataille les quatre cavaliers étendus sans vie. De notre côté, nous n’eûmes qu’un homme de tué ; ce fut l'apostat, qui n’eut en cette occasion que ce qu’il méritait pour son apostasie et pour ses mauvaises plaisanteries sur les scapulaires. Un de nos cavaliers reçut une balle à la rotule du genou droit. Le lieutenant fut aussi blessé,

mais je ne voyais aucune chose. Par excès de la peur laquelle troublait à moi esprit de moi je ne pouvais je vois ce le spectacle l’horrible qui eff ayait moi. Et je ne sus si ce n’est une seule la chose de ce le combat. Après que passa délonation forte de la poudre j’entendis camarades de moi ils criaient cri grand nous avons vaincu nous avons vaincu. Et quand j'en-, tendis cette l’exclamation la grande se dissipa la peur laquelle était saisissant moi. J'ouvris yeux de moi et vis les cavaliers les quatre étendus sur la terre morts. Et ne mourut d’entre nous si ce n’est un. Et quel était lui. L’apostat lequel récompensa lui Dieu de moi avec celle la mort à proportion des blasphèmes de lui et plaisanteries de lui sur la religion. Et en outre un des camarades de nous atteint d’une balle à rotule de genou de lui le droit. Et le lieutenant aussi lui fut blessé mais blessure légère parce que effleura chair de lui une la balle.

Et après que arriva cet l’événement s’avança seigneur de nous Rolando il

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vinant notre dessein à notre contenance, ih s’arrêtèrent à la portée d’une escopette. Ils avaient aussi bien que nous des carabines et des pistolets. Tandis qu’ils se préparaient à nous faire face, il sortit du carrosse un homme bien fait et richement vêtu. Il monta sur un cheval de main dont un des cavaliers tenait la bride et il se mil à la tête des autres; il n’avait pour armes que son épée et deux pistolets. Encore qu’ils ne fussent que quatre contre neuf, car le cocher demeura sur son siège, ils s’avancèrent vers nous avec une audace qui redoubla mon effroi. Je ne laissai pas pourtant, bien que tremblant de tous mes membres, de me tenir prêta tirer mon coup; mais pour dire les choses comme elles sont, je fermai les yeux et tournai la tète en déchargeant ma carabine, et, de la manière que je tirai, je 11e dois point avoir ce coup-là sur la conscience.

Je 11e ferai point le détail de l’action. Quoique présent, je 11c

tée de la balle. Et tandis qu’ils s’apprêtaient à rencontre de nous sortit du carrosse un l'homme bien fait de la taille habillé habillement riche. H monta sur un le cheval était tenant en main lui un des cavaliers et se plaça lui le premier. El ne portant si ce n'est épée de lui et paire de pistolets. Quoique ils n’étaient pas si ce n’est quatre des hommes lesquels devaient ils combattent avec nous les neuf parce que cinquième d’entre eux resta avec carrosse de lui ils s’avancèrent vers nous avec une l’audace laquelle augmenta à moi la peur sur la peur. Et quoique j’étais je tremble de tous membres de moi je me disposai moi je décharge carabine de moi sur l’ennemi. Mais obligation à moi j’avoue franchement je fermai yeux de moi et détournai visage de moi lorsque je déchargeai elle et d’après manière de cette la décharge ne il reprochera pas Dieu de moi à cause d'elle. Et je ne puis je. faconte en détail le combat qui fut livré. Et j’étais à la vérité présent à lu^

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j’étais au front de la bataille, entre le capitaine et le lieutenant, qui m’avaient placé là pour m’accoutumer au feu tout d’un coup. Rolando, remarquant jusqu’à quel point la nature pâtissait chez moi, me regarda de travers, et me dit d’un air brusque : Écoute, Gil Blas, songe à faire ton devoir. Je t’avertis que si tu recules, je te casserai la tête d’un coup de pistolet. Jetais trop persuadé qu’il le ferait comme il le disait, pour négliger l’avertissement; c’est pourquoi je ne pensai plus qu’à recommander mon âme à Dieu, puisque je n’avais pas moins à craindre d’un côté que de l’autre.

Pendant ce temps-là , le carrosse et les cavaliers s’approchaient ; ils connurent quelle sorte de gens nous étions, et, de-

Et par surcroît do bonheur place de moi dans le rang le premier entre le capitaine et le lieutenant, il avait mis moi à cette la place pour je m’accoutume au combat à jour de moi le premier. Et lorsque vit le capitaine Rolaado combien de petrr entra en moi il regarda de travers moi et dit à moi avec une la rudesse ô Gil Blas écoute ce que je dis à toi. Travaille travail de toi comme il faut. Et par Dieu le puissant si a été tu as reculé du rang je suis je décharge dans cervelle de toi pistolet de moi. Et comme j’étais sûr qu’il fait avec moi comme il a dit restèrent ces les paroles dans esprit de moi et ainsi je rejetai toute chose de pensée de moi et abandonnai moi-même dans uiaia de Dieu puisque était à moi motif de la crainte des camarades de moi comme de l'ennemi.

El tandis que nous étions nous préparant était le carrosse et les cavaliers venant. Et ils connurent de quelle sorte nous et d’après contenance de nous ils devinèrent ce qui dans dessein de nous et ils s'arrêtèrent à pot-

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