‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 10 sur 254 · GIL BLAS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

GIL BLAS AU LECTEUR

Avant- que d’eulendre l’iiisloire de ma vie, &oiite, ami lecteur, un conte que je vais te faire. ^ ' ''

Deux écoliers allaient ensemble de Penafiel à Salamanque. Se sentant las et altérés, ils s’airêtèrent au bord d'une foritaine qu’ils rencontrèrent sur leur chemin. Là, ^tandis qu’ils SC délassaient après s'ètre désaltérés, ik aperçurent par hasard, aupiès d’eux, sm- une pieri-e à fleur de terre, quelques mots déjà uu peu eflàcés par le temps et par les pieds des troupeaux qu’on veuait abreuver à cette fontaine. Us jetèrent de l’eau sur la picri-e poiu- la laver, et ils lurent ces pai-oles castillanes : .4qwi e$ià encerrtkda *l aima del licenciado Pedro Gardas (ici est enfermée l’àme du licencié Pieire Gardas).

Le plus jeune des écoüci-s, qui était vif et étourdi, n’eut pas achevé de lire l’inscription, qu’il dit en riant de toute sa force: Rien n’est plus plaisant! Ici est enfermée l'àme... Une âme enfermée!,.. Je voudrais savoh* quel original a pu faire une si ridicule épitaphe. En achevant ces mots, il se leva poms’en aller. Son compagnon, plus judicieux, dit en lui-même : 11 y a là-dessous quelque mystère, je veux demeurer ici pour l’éclaii'cir. Celui-ci laissa donc partir l’autre; et, sans perdre de temps, se mit à creuser avec son couteau tout autour de la pierre. 11 fit si^ bien qu’il l’enleva. Il trouva dessous une bouise de cuir qu'il ouvrit. 11 y avait dedans ccnl ducats, avec

Glt BLAS I.F.Crei'R.

une carte sur laquelle étaient écrites ces paroles en latin : « Sois num héritier, loi qui as eu assez d’esprit pour démêler B le sens de Tiascription,.’ et h>is un meiMeur usage que moi » de mon argent » L’écoher, ravi de celte découverte, remit la pierre comme elle était auparavant, et reprit le chemin de Salamanque avec Tâmc du licencié.

Qui que tu sois, «uni lecteur, tu vas ressembler à l’un ou à

l’autre de ces deux écoliers. Si tu 'lis mes aventures sans

prendre garde aux instructions morales qu’elles renferment, tu ne tirei'as aucun fruits de cet ouvrage; msds, si tu les lis avec attention, tu y trouveras, suivant le précepte d’Horace, Tutilc mêlé avec l’agréable '•

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• . • Ce- devrait dire la deviae de tout ceux qui éemout. Janiait celte c|<igia|vlic ne coBvinl à aucun rnmau comme i i'Iiistolre de Cil Bits. Maie cette htMotre peettoB* ber entre ici naina de jeuseï gens qui n'y laitiraiciit pas d'eux-indmet le tr«aor do Kuisc tous l'embiènic de i'iime du Lici NciÉ GabcuS ; on k cru ponroir le» aider A l'aire celle déconrerle par quelqnct remarquée miact au bat des pages, à l'exemple det notci inscrces par Suiuictl dans ta traduction anglaise du roman de 6il Blas.

. vStc notes terviront anasi A prouver en détail que lea peinlures de C.il BU» t appléquent aurluut à la France.

DE GIL BEAS

, DK SANTILLANK.

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