‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 9 sur 254 · NOTICE SCR LE SACE · texte numérisé non relu

NOTICE SCR LE SACE

jamais II ne mAiercha les dignités et les titres llttératress.

La grâce et la facilité du style de Le Sage ont perpétué et * agrandi chaque jour le renom de ses ouvrages : en effet son expression est comme sa pensée, simple et sans affectation ; rapide et spirituelle, elle se prête avec souplesse à la gaieté dans les récits, à la satire dans les porti’aits. Toujours exempt de mauvais goût, quoiqu’il fasse souvent parler des Espagnols beaux esprits, Sage ne cherche pas les saillies,

U les rencontre : enfin, il semble en quelque sorte avoir voulu peindre lui-même son style, loi-sque le comte d’Olivarès, après avoir lu un mémoire rédigé par Gil Bios, lui dit : « San- » tillane, ton style est concis et même élégant : il n’est qu'uu » peu trop naturel. » Ck?tlc simplicité, qui pouvait déplaii'e au comte d’Olivarès, a plu et plaira toujours au public, qm, dans un roman, veut que le style, toujours rapide et facile, se pi'éte à l’impatience de sa curiosité.

, Nous avons cherché à apprécier le talent de Le Sage ; mais nous ne nous flattons pas d'avoir réussi, et son meilleur éloge sera toujours la lecture de son inimitable Gil Bla$. Avani lui, on n'avait pas soujiçonné ce que pouvait fournir à l’imagination le roman de mœui’s, sans le mélange de la passion. Xe Sage le montra; mais Gil Blas esâ resté sans imitateur, comme U avait été sans modèle. On dirait qu’en l’étudiant les écrivains étonnés de l’originalité de cette composition si profonde dans sa simplicité, et qui ne se soutient qu’à force de gaieté et d’esprit, ont reculé devant les chances d’une imitation aussi hasardeuse. Heureux celui qui plus habile pourra saisir le secret du talent de Le Sage ! il est encore caT ché; mais il n’attend pour être découvei't que quelques efforts de pénétration et de sagacité : c’est lui-même qui semble nous l’ens^gner dans la fable allégorique qui précède Gil Blas.

Deux écoliers, dit-il, rencontrèrent un tombeau avec cette inscription : « Ici est enfermée l’àme du licencié Garcias. » - Le plus jeune se mit à rire, et s'éloigna; son compagnon plus judicieux resta, et, après avoir soulevé la pieixe, trouva une toiirse de cuir avec cent ducats; ravi de cette découverte, il reprit le chemiu de Salamanque avec l'àme du licencié Garcias.

Saint-Marc Girardin.

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