BLAS
Son côté protesta <|u’il ne trahirait point la vérité.^ Cela étant, lui dit le connnissaire inquisiteur, nous n’avons qu’à coininencer. Répondez seulement a mes questions, je ne vous en demande pas davantage. Voyez-vous Samuel Simon fréquenter les églises? C’est à quoi je n’ai pas pris garde, répondit le cabaretier; je ne me souviens pas de l’avoir vu à l’église. Bon ! s’écria l’inquisiteur, écrivez qu’on ne le voit jamais dans les églises. Je ne dis pas cela, monsieur, répli<iua l’hote; je dis seulement que je ne l'y ai point vu. Il peut être dans une église où je serai , sans que je l’aperçoive. Mon ami , reprit Lamela, vous oubliez qu’il ne faut point, dans votre interrogatoire, excuser Samuel Simon; je vous en ai dit les conséquences. Vous ne devez dire que des choses qui soient contre çj pas un *mot en sa faveur. Sui ce pied-la, seigneui licencié, repartit l’hôte, vous ne tirerez pas grand Irnit de ma déposition. Je ne connais point le marchand dont il s agit, je n’en puis dire ni bien ni mal; mais, si vous voulez savoir comment il vit dans son domestique, je vais faire venir ici (iaspard, son garçon, que vous interrogerez. Ce gaiçon vient ici quelquefois boire avec ses amis : je puis vous assurer qu’il a une bonne langue; il babillera tant que vous voudrez, il vous dira toute la vie de son maître, et donnera, sur ina parole, de l’occupation à votre greftier.
J’aime votre franchise, dit alors Ambroise; et c’est témoigner du zèle pour le saint office que de m’enseigner un honiine instruit des mœurs de Simon; j’en rendrai compte à 1 inquisition. Hàtcz-vous donc, continua-t-il, daller chercher ce Gaspard dont vous parlez: mais faites les choses discrètement; que son maître ne se doute pas de ce qui se passe. Le caliaretier s’acquitta de sa commission avec beaucoup de st'cret et de diligence. 11 amena le gai-çon marchand. C’était etVectivement un jeune homme des plus babillards, et ml qu’il nous le fallait. Soyez le bienvenu, mon enfant, lui dit Lamela. Vous vovez en moi un inquisiteur nommé par le saint office, pour informer contre Samuel Simon, que l’on accuse de judaïser Vous demeurez chez lui ; par conséquent vous êtes témoin de la plupart de ses actions. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de vous avertir que vous êtes obligé de declai er ce que vous savez de lui quand je vous l’ordonnerai de la part