CII, BI.A
froid. Je n’aiwrçois en moi aucun diaugemenl. Ce n’esl. point il tes >enx, ivpliqua-t-il, qu’on doit s’en rapporter : ils sont fascinés. Ci-ois-inoi, ta niétaniorpliosc ii’est que trop véritable. En bonne foi, mon ami, parle : vivons-nous ensemble comme autrefois? Quand j’allais le mutin frapper à ta porte, tii venais m’ouvrir toi-même encore tout endormi le plus souvent, et j’entrais dans ta chambre sans fai^n. Aujourd b ni quelle dinérenccl Tu as des læjuais. On me fait attendre dans ton antichambre, et il faut qu’on m’annonce avant que je puisse te parler. Après cela, comment me reçois-tu? avec une politesse glacée et en tranchant du seigneur. On dirait que mes visites commencent à te peser. Crois-tn qu une paleille réception soit agréable à un homme qui t a vu sou camarade? Non, Santillane, non; elle ne me convient millement. Adieu, séparons-nous à l’amiable; délaisons-nous tous deux, toi d’un censeur de tes actions, et moi d’un nouveau riche qui se méconnait.
Je me sentis plus aigri que touché de ses reproches, et je le laissai s’éloigner sans faire le moindre eflort pour le retenir. Dans la situation où était mon esprit, l’amitié d’un poète ne me paraissait pas une chose assez précieuse pour devoir m’aftliger de sa perte. Je trouvais de quoi rn’en consoler dans le commerce de quelques petits 01110101*3 du roi, auxquels un rapport d’humeur me liait depuis peu étroitemimt. tes nouvelles connaissances étaient des hommes dont la plupart venaient d(i je ne sais où, et que leur heureuse étoile avait fait parvenir à leurs postes. Us étaient déjà tous à leur aise; et ces miséi-ables, n attribuant qu’à leui* mérite les bienfaits dont la bonté du roi les avait comblés, s’oubliaient de même que moi. Nous nous imaginions être des pei*soimages bien respectables. 0 fortune! voilà comme tu dispenses tes laveiu's le plus souvent. Le stoïcien Epiclètc n’a pas tort de te compai*er à une tille de condition qui s'abandonne à des valets.
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