‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 178 sur 254 · LIVRE IX., C«AP. !T · texte numérisé non relu

LIVRE IX., C«AP. !T

-«■AP. .IV. — CoMnèni Gtl BI»S' Fut (ruiié lu -tour d« Së|F»vi#, ol de tlueUe '

^ inaoiére H apprit lu cuu&e de sa pri&oo. ^

•On commença par me mettre «dans im' cachot où l’on me laissa sur la paille comme un criminel digne du dernier supplice. Je passai la nuit, non pas à me désoler,- car je ne sentais pas encore tout mon mal, mais à chercher dans mon esprit ce qui pouvait avoir causé mon malheur. Je ne doutais pas que ee ne fiM l’ouvrage de Calderone. Gependant j’avais beau le soupçonner d’avoir tout découvert, je ne concevais pas comment il avait pu poi ler le duc de Lemie à me traitei- #1 cTiielleinent. Tantôt je m’imaginais que c’était à l’insu de Son Excellence que j’avais été aiTêté ; et tantôt je pensais que c’était elle-même qui, pour quelque raison politique, m'avait Tait emprisonner, ainsi qne les ministres en «sent quelquefois avec leurs lavoris.

J’étais vivement agité de mes diverses conjectures, quand la clarté du jour, pi>rçant au travers d’nnc petite fenêtre grillée, vint offrir à ma vue toute Thorreur du lieu où je me trouvais. Je m’affligeai alors sans modération, et mes ^eux devinrent deux sources de lannes que le souvenir de ma prospérité rendait intarissables. Pendant que je m’abandonnais à ma douleur, il vint dans mon cachot un guichetier qui m’sqw portait un pain et une cruche d’eau pour ma journée^ Il me regarda, et, remarquant que j’avais le visage baigné de pleurs, tout guichetier qu’il é»ait, il sentit un rnouvemtmt de pitié : Seigneur prisonnier, me diWl, ne vous- désespérex point. Il ne faut pas être si sensible aux traverses de la vie.' Vous êtes jeune; après ce temps-ci vous en verrez un autre. En attendant, mangez de bonne grâce le pain du roi.

Hun consolateur sortit en achevant ces paroles, auxquelles je ne répondis que par des plairftes et des gémissements; et j’employai tout le jour à maudire mon étoile, sans songer 'à faire honneur à mes provisions, qui, dans l’état où j’étais, me semblaient moins un (u^nt de la bonté du roi qu’un effet de sa colère, puisqu’elles servaient pUit^ à prolonger qu'à soulager les peines des malheureux. i

La nuit vint pendant ce temps-là, et bientiH un grand bruit * de clefs attira-mon attentioB. La porte de œen cachot' s'ouvi'it, et un meiBeut après il entra unhorame qui portait une

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