‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 238 sur 254 · LIVRE XH, CHAI>. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XH, CHAI>. VIII

son élotjuence put lot fournir. 11 n'ecà pas plutôt a<^evé |i09 discours, que son avis fut génëridement suivi, de totôiesles personnes du conseil, à la réserve du marqui» àa<Gi^narqui, n'écoutant que son zèle pour la maison d’Autiiche,at«ee laifi' sant aller à la ft'anchise de sa nation, combattit le sentiment du premier ministre, et soutint l'avia contraire avec tant de force, que le roi, frappé de la solidité de ses raisonnements, embrassa son opinion, quoiqu’elle fût opposée à tmtes les voix du conseil, et marqua le jour de son départ pour l’armée. • e ^

C'était pour la première fois de sa vie que ce monarque . avait osé penser autrement que son favori, qui, regai-dant ' cette nouveauté comme un sanglant affront, en fut très-mortifié. Dans le temps que ce ministre allait se retirer dans son cabinet pour y ronger en liberté son frein, il m’aperçut, m’appela, et, m’ayant fait entrer avec lui, U me raconta d’un air agité ce qui s’était passé au conseil; ensuite, comme- un homme qui ne pouvait revenir de sa surprise : Oui, SantUlana, aontinua-t-il, le ixii, qui, depuis plus de vingt ans, ue parle que par ma bouche et ne< voit que par mes yeux, a préféré Favis de Grana au mien : et de quelle manière encore ? eu comblant d’élc^es cet ambassadeur, et surtout en louant son zèle pour la maison d’Âutriche, comme si cet Allemand en avait plus que moi! ,

> il est aisé de juger par là, pomsuivit le ministre, qu’il y a un paru fermé contre moi, et j’ai tout lieu de penser que la i-eine est à la tète. Ëb! monseigneur, lui dis-je, de quoi vous inquiétez-vous? Pouvez-vous craindre la reine? Cette priiM^so, depuis plus de douze mis, n'est-elle pas accoutumée à vous voir maître des affaires, et n’avez-vous pas mis le roi dans l’habitude de ne la pas consulter? A l'égani du mai'quis de Grana, le monarque peut s’être rangé de son sentiment par l'envie qu'il a de voir son armée, et de faire une cam-* pagne. Tu n'y es pas, interrompit ie éomte-duc; dis plutôt que mes ennemis espèrent que le roi, étant parmi ses troupes, sera toujom-s environné des grands qui l’auront suivi, et qu’il s’en trouvera plus d’uii assez niocoiitenl de moi pour oser lui tenir des discours injurieux à mon ministère. Mais ils se lyorapent, ajouta-t-U; je saurai liicn, pendant le voyage.

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rendre ce prince inaccessible à tous les grands; ce qu’il fit en effet d'une manière qui mérite bien d’être détaillée.

Le jour du départ du roi étant venu, ce monarque, après avoir chargé la reine du soin du gouvernement en son absence, se mit en chemin pour Saragosse ; mais, avant que d'y arriver, il passa par Ai’anjucz, dont il trouva le séjour si délicieux, qu’il s’y an^ta près de trois semaines. D’AranjueZ;; le ministre le fit aller à Cuença, où il l’amusa encore plus longtemps par les divertissements qu'il jui donna. Ensuite les plaisirs de la chasse occupèrent ce prince à Molina d'Aragon, après quoi il fut conduit à Saragosse. Son armée n’était pas loin de là, et i! se préparait à s'y rendre ; mais le comte-duc lui en ôta l'envie, en lui faisant accroire qu’il se mettrait en danger d'être pris par les Français, qui étaient maître de la plaine de Monçon; de sorte que le roi, épouvanté d'un péril qu'il n'avait nullement à craindre, prit le parti de demeurer enfermé chez lui comme dans une prison. Le ministre, profitant de sa < terreur, et sous prétexte de veiller à sa sûreté, le garda, pour ainsi dire, à vue ; si bien que les grands, qui avaient fait une excessive dépense pour se mettre en état de suivre leur souverain, n’eurent pas même la satisfaction d’obtenir de lui une audience particulière. Philippe enfin, s’ennuyant d'être mal logé à Saragosse, d’y passer encore plus mal son temps, ou, si vous voulez, d'être prisonnier, s'en retourna bientôt à Madrid. Ce monarque finit ainsi sa campagne, laissant au marquis de los Velez, général de ses troupes, le soin de soutenir l'honneur des armes d’Espagne *.

CHAP. IXi — D« Il rérabtion de PortBfet, et de I* dicgràcc <U cwte.dne.

Peu de jours après le retour du roi, il se répandit à Madrid une fâcheuse nouvelle : on apprit que les Portugais, regardant la révolte des Catalans comme une belle occasion que la for:; tune leiu- offrait de secouer le joug espagnol, s’en étaient

' To«l ce chapitre e»t historique, et ce aérait le re|<<itar que de traaacrirc ici le texte det hlitoricna aur U canpagne ridicule du roi Philippe IV, et ter 1er cirron* atancea qui prdparaioat de loin la miae (fOtWarèa. It fut diagraaté, aertoat parea ipte. cea projeta let plat grandt, ka amiaa meditca, u'a\aiaM jamaia did beereax. Vo3içai an surplat, dont Voltaire, le parallèle tréa-hien fait entre le coatte-due et notre BV cheliea, (Jbiet i«r htmtnirt, etc., tome XJX drft'ditinii doKcM, paie 183,) '

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