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ju;>to > c'cAt DioclSlicn refusant de qiiiller ion jardin do Salone. Oh a :'lé «e trait dans l'épUrc oti l'on fait Vcloge d’OIirier de Serres i
, Mettons, mettons un terme à la gène imporluno; • ■
Disons, il en est temps ; Adieu, vaine fortniie; ' '
’ Adieu, trompeur espoir; iUnsiont des cours, a v/.»
Rives de ia favciir, laisset-moi pour toujours !
Tel fut un empereur, jardinier dans Saione ;
On eut beau ie presser de remonter au Irine, . s-
s J'ai régne, dis.sil-il, je trouve bien plus doux » D'aligner au eonican ma Isitiie et mes choux. ».
-A. , ' V- (^(r« A OlsMsr ds üerres,! ’
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LIYRE XI.
n'eo p!us te sômenir; avc**-vou9 la faibl^se de vous
abandonner à une mélancolie qui nous alarme tous? Qu’avc»vous, mon cher maître? poursuivis-je en me jetant à ses genoux; vous avez sans doute un secret chagrin qui vous dévore : pouvez-vous en faire un mystère à Santillane, dont vous connaissez la discrétion, le zèle et la fidélité? Par quel malheur ai-je perdu votre confiance ?
Tu la possèdes toujours, me dit monseigneur; mais je t’avouerai que j’ai de la répugnance à te révéler ce qui fait le sujet de la tristesse où tu me vois enseveli; cependant je rie puis tenir contre les instances d'un serviteur et d’uii anrt tel que toi. Apprends donc ce qui fait ma jjeine; ce n’est qu’au seul Santillane que je puis me résoudre à faire une pareille confidence. Oui, continua-t-il, je suis la proie d’une noire mélancolie qui consume peu à peu mes jours : je vois presque à tout moment un spectre qui se présente devant moi sous une forme efiroyable. J'ai beau me dire à moi-même que ce n'est qu’ime illusion, qu’un fantôme qui n’a rien de réel, ses apparitions continuelles me blessent la vue et m’inquiètent; Si j’ai la tête assez forte pour être persuadé qu’en voyant ce spectre je ne vois rien, je suis assez faible pour m’aftliger de celte vision. Voilà ce que tu m’as forcé de te dire, ajouta-t-il; juge à présent si j’ai tort de vouloir cacher à tout le monde la cause de ma mélancolie.
J’appris avec autant de douleur que d’étonnement une chose si extraordinaire, et qui supposait un dérangement dans lu machine. Monseigncui’, dis-je au ministre, cela ne viendrait-il point du peu de nourrituie que vous prenez? car votre sobriété est excessive. C’est ce que j’ai pensé d’abord, répondit-il; et, pour éprouver si c’était à la diète que je m’en devais prendre, je mange depuis quelques jom-s plus qu’à l'ordinaire; et tout cela est inutile, le fantôme ne disparaît point. Il dispai’aîtra, repris-je pour le consoler; et si Votre Excellence voulait un peu se dissiper en jouant encore avec ses fidèles serviteurs, je crois qu’elle ne tarderait guère à se voir délivrée de ses noires vapeurs.
Peu de temps après cet entretien, monseigneur tomba malade ; et, sentant que l’affaire deviendrait sérieuse, il envoya chercher deux notaires à Madrid, pour leur faire faire son
testament. Il fK venir aussi trois fkaana aié4edM>^4ni4iii|l (a réputation de guérir quelquefois leurs malaidea. iÀMlfilt • que le bruit de l’arrivée de ces demiere se répandit dam le Gâteau, on n’y entendit que des plaintes et des gémissements; on y regarda la mort du roaîtrç comme prochaine, tant on y était prévenu contre ces messieurs ! Ils avaient amené avec eux un apothicaire et un chirurgien, ordinmiBS exécuteurs de .leurs ordonnances. Ils laissèrent d’abord les notaires faire leur métier, après quoi ils se disposèrent à fa^ le leur. Gomme ils étaient dans les principes du docteur Saa^ grado, dès la première consultation ils ordonnèrent saigné sur saignées, en sorte qu’au bout de six jours ils réduisirent le comte-duc à l’extrémité, et le septième iis le délivrèrent de sa vision. ...
Après la mort de ce ministre, il régna dans le château de Loeches ‘ une vive et sincère douleiu’. Tous ses domestiques le {durèrent amèi'ement. Bien loin de se consoler de sa perte par la certitude d’être compris dans son testament, il n’y en avait pas un qui n’eût volontiers renoncé à son legs pour le rappeler à la vie. Pour moi, qu’il avait le plus chéri, et qui m’étais attadié à lui par pure inclination pour sa personne, j’en fus encore plus touché que les autres. Je doute qu’Aiftouia m’ait coûté plus de larmes que le comte-duc.
CHAP. XII. — De ce <|ui passa au cbAleau de Loeches après la mort du camtc» duc, et du parti que prit Saalillane.
Le ministre, ainsi qu’il l’avait ordonné, fut inhumé sam pompe et sans éclat dans le monastère des religieuses, au bruit de nos lamentations. Après les funéraillesi madamed’Olivarès nous üt lire le testament, dont tous les domestiques eurent sujet d’être satisfaits. Chacun avait un legs proportionné à la place qu’il occupait, et le moindre legs était de deux mille écus : le mien était le plus considérable de tous; monsoigneui- me laissait dix mille pistolcs, pour marquer l'aflection singulière qii’il avait eue pour moi. 11 n’oublia pas
* Il y a ici une erreur. Ce ne fui point à Loeches qii'OIivarès mourut. Il avait clé largué de Loechea à Toro ; mais Le Sage a suivi la wrsioo des Amtdota rehliees i fexil dii ministre. C’est encore ici une preuve qo’il u'a poioi pris son livre d-'iMi ' auteur casUUtn, qui eât éU’ mieux ioforiné.
» LIVRE CHM*. Xfl. 73^
les hôpitaux, et fonda des services annoels dans plusieurs couvents.
Madame d’OHvarès renvoya tous les domestiques à Madiid toucher leurs legs chez Tintendant don Raimcmd Caporis, qui avait ordre de les leur délivrer; mais je ne pus partir avec eux : une grosse fièvre, fruit de mon affliction, me retint au château sept à huit jours. Pendant ce temps-là, 1e père de Saint-Dominique ne m’abandonna point. Ce bon religieux m'avait pris en amitié; et, s’intéressant à mon salut, il me demandà, quand il me vit convalescent, ce que je voulais devenir. Je n’en sais rien, lui répondis-je, mon- révérend père; je ne suis point encore d’accord avec moi -même là-dessus :• il y a des moments où je suis tenté de m’enfermer dans une cellule pour y faire pénitence. Moments précieux! s’écria le dominicain; seigneur de Santillane, vous feriez bien d’en profiter. Je vous conseille en ami, sans que vous cessiez pour cela d'être séculiw, de vous retirer dans notre couvent de Madrid, par exemple ; de vous en rendre bienfaiteur par une donation de tous vos biens, et d’y mourir sous l’habit de Saint* Dominique. H y a bien des personnes qui expient une tin , mondaine par une pareille fin.
Dans la disposition où était mon esprit, le conseil du reli* gieux ne me révolta point, et je répondis à Sa Révérence que je ferais sur cela mes réflexions. Mais ayant consulté là-dessoe Sdpion, que je vis un moment après le moine, il s’éleva contre cette pensée, qui lui parut une idée de malade *. Fi donc, seJj^ gneur de Santillane! me dit-il, ui ; semblable retraite peôt* elle vous flatter? Votre château de Lirias ne vous en offre-t-iï pas une plus agréable? Si vous en étiez autrefois charmé, vous en goûterez encore mieux les douceurs présentemenf que vous êtes dans un âge plus propre à vous laisser touchei* des beautés de la nature. - *
Le fils de la Coscolina n’eut pas de peine à me faire changer de sentiment. Mon ami, lui dÜs-je, tu l’emportes sur le père de Saint-Dominique. Je vois bien en eiTet que je ferai mieux
de retourner à mon château; je m’anête à ce parti. Nous re*
' Il aiiraàt aMaqné (laetqoc ekece aux vxriati««x de la vie de GU aie», l'U B'avaiX dproHvd eatle teolalion d'eolrer dain nu eouveot. Peu de gens «ebappaieal à. Mile Bittadie, queSegraia appelait le pMitivéroU Jt Vetprit,
filL ULAfi.
gagnerons Lirias anssUAt que je serai en état d'en reprendre le chemin. Ce qui arriva bientôt; car n’ayant plus de fièvre, je me sentis en peu de temps assez foi t poui- exécuter cette résolution. Nous nous rendiines à Madrid, Sd]uon et moi. La vue de cette ville ne me fit plus autant de plaisir qu’elle m’en avait t'ait auparavant. Comme je savais que presque tous ses haJutants avaient en horreurja mémoire d’un ministre dont je conservais le plus tendre souvenir, je ne pouvais la regai'der de bon œil : aussi je n’y demeurai que cinq ou six jours, que Scipion employa aux préparatifs de notre départ pour Lirias. Pendant qu’il songeait à notre équipage, j’allai trouver Caporis, qui me donna mon legs en doublons. Je vis aussi les receveurs des commanderies sur lesquelles j’avais des pen- .sions; je pris des arrangements avec eux pour le paiement : en un mot, je mis ordre à toutes mes afiaires.
La veille de notfe départ, je demandai au fils de la Coscolina s’il avait pris congé de don Henri. Oui, me répondit-il, nous nous sommes séparés ce matiu tous deux à l’amiable : U m’a pourtant témoigné qu’il était fâché que je le quittasse ; mais s’il était content de moi, je ne l’étais guère de lui. Ce n’est point assez que le valet plaise au maitre, il faut, en même temps que le maitre plaise au valet; autrement iis sont l’un et l’autre lort mal ensemble. D’ailleurs, ajouta-t-il, don Henri ne fait plus à la cour qu’une piloy;ü)le figure; il y est tombii daus le dernier mépris : ou le montre au doigt dans les rues, et on ne l’appelle plus que le fils de la Génoise. Jugez s’il est gracieux poui- in garçon d’honneur de sert'ii- un homme déshonoré.
Nous partîmes enfin de Madrid un beau jour au lever de l’aurore, et nous prîmes la route de Cuença. Voici dans quel ordre et dans quel équipage : nous étions, mon confident et moi, dans une chaise tirée par deux mules conduites pai’ uu postillon ; trois mulets chargés de nos haides et de uutic argent, ut menés par deux palefreniers, nous suivaient immédiatement ; et deux grands lacpiais, choisis par Scipion, veuaienl ensuite montés sur deux mules et armés jusqu'aiu dents : les palefreniers, de leur coté, portaient des sabres, et le postillon avait deux bons pistolets à l’arçon de sa selle. Comme nous étions sept hommes, dont il y en avait sLx fort c»
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résolus, je me rais gniement en chemin, sens appréhender pour mon legs.' Dans les villages par eù nous passions, nos mulets faisaient orgiieilleusement entendre leurs sonnettes ; les paysans accouraient à leurs portes pour voir déâler notre équipage, qui leur paraissait tout au moins celui d’un grand qui alkût prendre possession d’une vice-i-oyauté.
GnAP. Zin. — Du retour de Otl Blao dan* ton cbAteao. De la joie qu'il eut de troarer « Sérapilinc, aa filleule, nubile; «t,de quelle dame il devint amoureux. ^
J'employai quinze jours à me rendre à Lirias, rien ne m’o^ bligeant J’y aller à grandes journées; tout ce que je souhaitais, c’était d’y arriver heureusement, et mon souhait fut exaucé. La vue de mon château m’inspira d’abord quelques pensées tristes, en me rappelant le souvenir d’Antonia : mais je sus bientôt m’én distraire, ne voulant m’occuper que de ce qui pouvait me faire plaisir, outre que ^ ingt-deux ans, qui s'étaient écoulés depuis sa mort, en avaient fort affaibli le sentiment. '
Sitôt que je fus entré dans le château , Béatrix et sa fille vinrent me saluer d’un air empressé ; ensuite le père, la mère et la fille s'accablèrent d’accolades avec des transports de joife qui me charmèreuj. Après tant d’embrassements, je dis, eh regardant avec attention ma filleule, que je trouvai fort aimable : Est-il possible que ce soit là cette Séraphine que je lâissai au berceau quand je partis de Lirias ? je suis ravi de la revoir si grande et si jolie; il faut que nous songions à l'établir. Comment donc, mon cher parrain, s’écria ma filleule en rougissant un peu de mes dernières paroles, il n’y a qu'un instant que vous me voyez, et vous songez déjà à vous défaire de moi ! Non, ma fille, lui répliquai-je, nous ne prétendons point vous perdre en vous mariant; nous voulons un mari qui vous possède sans qu’il vous enlève à vos parents, et qui vive, pour ainsi dire, avec nous.
11 s'en présente un de cette espèce, dit alors Béatrix'. Un
fentilhomme de ce pays-ci a vu Séraphine un jour à la messe ans la chapelle de cp hameau, et en est devenu amoureux, 11 m’est venu voir, m’a déclaré sa passion cl demandé mon âveu; vous jugez bien quelle réponse je lui ai faite. Quand vous auriez mou agrément, lui ai-je dit, vous n’en seriez pas
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plus avancé ; Séraphme dépend de son père et de son pacrais^ qui seuls peuvent disposer d'elle : tout ce que je puis pouc vous, c'est de leur écrire pour les informer de votre rechecebe, qui fait honneur à ma fille. Effectivement, messieurs, poursuivit-elle, c'est ce que j’allais incessamment vous maur der ; mais vous vmlà revenus, vous ferez ce que vous ju^rqs à propos.
Au reste, dit Scipion, de quel caractère est cet hidalgo ‘-î Ne ressemble-t-il pas à la plupart de ses pareils? n’est-il pas fier de sa noblesse, et insolent avec les rotiwiers? Oh! pour cela non, répondit Beatrix; c'est un garçon d'une douceur et d’une politesse achevées, de bonne mine d’ailleurs,- et (piî n% pas encore trente ans accomplis. Vous nous faites^ dis-je à Béalrix, un assez beau poi-trait de ce cavalier ; cwnment s*agpdle-t-il? Don Juan de Jutella, repartit la femme de Scipioo-: il n'y a pas longtemps qu’il a recueilli la succession de ^ père, et il vit dans son château, éloigné d'ici d’upe lie^^ avec une sœur cadette qu'il a sous sa conduite. J'ai autrefo^ repris-je, entendu parier de la famille de ce gentilhompié; c’est une des plus nobles du royaume de. Valènee. J’esÜhp moins la noblesse, s'écria ‘Scipion, que les qpalltés du epeur et de l’esprit ; et ce don Juan nous conviendra si c'est un homièle homme. U en a la réputation, dit Séraphine èp ae mêlant à l’entretien ; les habitants de Lirias qui te cotu^ssent en disent tous les biens du monde. A ces paroles de ma ûlleute, je regardai avec un souris son père, qui, les ayatft saisies aussi bien que moi, jugea que le galant ne dépbÛj^ point à sa fille.'
Ce cavalier apprit bientôt notre arrivée à Lirias, puisque deux jours après nous le vîmes paraître au château ; U nous aborda de bonne grâce ; et, bien loin de démentir par sa présence ce que Beatrix nous avait dit de lui, il nous fit conce- ^uir une haute opinion de son mérite. Il nous dit qu’en qualité de voisin, il venait nous féliciter sur noü-e heureux retour. Nous le reçûmes le plus gracieusement qu’il nous fut possible; mais cette visite ne fut que de pure civilité ; elle se passa toute en compliments de pai’t et d'autre : et don Juan, satts nous dire un mrrt de son amour pour Séraphine, se retira m
' »ow! iTmt fit qoe hidalgo Y*m dire fUi d* fseifiM e&oM. ■ " i >
IITWE K«f, tSAP. XIII.
noos priant seulement de hil permettre de nous rerenir voir, e4 de profiter d’un voisinafe qu'il prévoyait Ini devoir être d'un grand agi^ment. Lorsqu'il nous eut quittés, Béatrix nous demanda ce que nous pensions de ce gentilhomme. Nous lui répondîmes qu'il nous avait prévenus en -sa faveur, et qu'il nous semblait que la fortune ne pouvait offrir à Séraphine un meilleur parti.
Dès le jour suivant, je sortis après le dîner avec le fils de la Coscolina pour aller rendre la visite que nous devions à don Juan. Nous primes la route de son château, conduits par un guide, qui nous dit, après trois quarts d’heure de chemin : Voici le dhâteau du seigneur don Juan de Jutella. Nous eûmes beau regarder de tous nos yeux dans la campagne, nous fûmes longtemps sans l'apercevoir; nous ne le découvrîmes qu'en y arrivant, attendu qu’il était situé au pied d’une montagne au milieu d’un bois donf les arbres élevés le dérobaient à notre vne. 11 avait un air antique et délabré, qui prouvait moins ropûlence de son maître que sa noblesse. Néanmoins quand nous y fûmes entrés, nous y trouvâmes la caducité du bâtiment compensée par te. propreté des meubles.
Don Juan nous reçut dans une salle bien ornée, où H nous présente une dame qu'il appela devant nous sa sœur Dorothée, et qui pouvait avoir dix-neuf à vingt ans. Elle étail fort parée, comme nne personne qui, s'étant attendue à notre visite, avait envie de nous paraître aimable ; et, s'offrant à ma vue avec tous ses charmes, elle fit sur moi la même impre»^ sion qu’Antonia, c’est-à-dir« que je fus troublé ; mais je cachai si bien mon trouble que Scipion même ne le remarqua pas. Notre conversation roula, comme celle du jour précédent, sur le plaisir mutuel que nous nous faisions de nous voir quelquefois, et de vivre ensemble en bons voisins. 11 ne nous parte point encore de Séraphine, et nous ne lui dîmes rien qui pût l'engager à nous déclarer son amour ; nous étions bien aises de le voir venir là-dessus. Pendant notre entretien je jetais souvent te vue sur Dorothée, quoique j'affectasse de l’envisager le moins qu'il m'était possible; et, toutes les fuis que mes regards rencontraient les siens, c'étaient autant de traits nouveaux qu'elle me lançait dans le coeui-. Je dirai pourtant, pour rendre une exacte justice à l'objet aimé, que ce n’était point
une beauté parfaite : si elle avait la peaa Matu^aur éblouissante et la bouche plus vermeiUe que la roae, soit nés était un peu trop long et ses yeux trop petits : cependant le tout ensemble m'enchantait. , ^ ...
Enfin je ne sortis point du château de Jutella comme j'y étais entré ; et, m'en retouriumt à Lirias l'esprit rempli de Dorothée, je ne voyais qu'elle, je ne pai-lais que d'elle. Gomment donc, mon nmître, me dit Scipion en me considérant d'un air étonné, vous êtes bien occupé de la sœur de don Juan ! vous auiait-elle inspiré de l’amour? Oui, mon ami, loi répondis-je, et j’en rougis de honte. O ciel 1 moi qui depuis la mort d'Anhmia ai regardé mille jolies personnes avec im diSereuce, faut-il que j'en rencontre une qui m'entlamme à mon âge,' sans que je puisse m'en défendi'c? Eh bieu! monsieur, reprit le fils de la Goscolina, vous devez vous applaudir de l’aventure, au lieu de vous en plaindre; vous êtes encore dans un âge où il n'y a point de ridicule à brûler d'une amoureuse ardeur, et le temps n’a point assez üétri votre front pour vous ôter l’espérance de plaire. Croyez-moi, quand vous reverrez don Juan, demandez-lui hardhnent sa sœur : il ne peut la refuser à un homme comme vous; et d'ailleurs, s'il faut absolument èU‘e gentilhomme pour épouser Dorothée, ne l'êtes-vous pas ? Vous avez des letti'es de noblesse, cela suffit pour votre postérité : lorsque le temps aui'a'nûs sur ces lettres le voile épais dont il couvre l'origine de toutes les maisons, après quatre ou cinq générations, la race des Santiliane ^a des plus illustres. ■ ; ^ .
C|IAP. XLV* — Du double mariege qui fut fuit à Lirias, et qui Unit enfin rbistoire de GU Blas de Sunlillane.
Scipion m'encouragea par ce discours à me déclarer amant de Dorothée, sans songer qu'il m'exposait à essuyer un refus. Je ne m’y déterminai néanmoins qu’en tremblant. Quoique je ne parusse pas avoir mon âge, et que je pusse me dontiw dix bonnes années moins que je n’en avais, je ne laissais pas de me croire bien fondé à douter que je plusse à une jeune beauté. Je pris pourtant la résolution d'en risquer la demande sitôt que je verrais son frère, qui, de son côté, n'étant pas sùi d'obtenir ma filleule, n'était pas sans inquiétude.