‹ Histoire de Gil Blas de SantillaneChapitre 83 sur 254 · HT, BI.A · texte numérisé non relu

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fennetë de vos sentiments ; je ne me défie que de mon bonheur. Adorable Blanche, répliqua le prince, vos craintes sont obligeantes, et justifitmt mon attachement à vos charmes; mais l'excès où vous portez vos défiances offense mon amour, et, si j’ose le dire, l’estime que vous me devez. Non, non, ne pensez pas que ma destinée puisse être sépaiée de la vôtre: croyez plutôt que vous seule ferez toujoui's ma joie et mon bonheur. Perdez donc une«rainte vaine : faut-il qu’elle trouble des moments si doux? Ah! seigneur, reprit la fille de Leontio, dès que vous serez couronné, vos sujets pourront vous demander pour reine une princesse descendue d’une longue suite de rois, et dont l’hyrnen éclatant joigne de nouveaux États aux vôtres ; et- peut-être , hélas ! répondrez-vous à leur attente, même aux dépens de vos plus doux vœux. Eh ! pourquoi, reprit Ënrique avec emportement, pourquoi, trop prompte à vous tourmenter, vous faire ime image affligeante de l'avenir? Si le ciel dispose du roi mon oncle", et me rend maître de ta Sicile , je jure de me donner à vous dans Palerme, en présence de toute ma cour. J'en atteste tout ce qu’on reconnaît de plus sacré parmi nous.

Les protestations d’Enrîque rassurèrent un peu la fille de Siffrèdi. Le reste de leur entretien roula sur la maladie du roi. Enrique fit voir la bonté de son naturel; il plaignit le sort de son oncle, quoiqu’il n’eût pas su jet d’en être fort touché ; et la force du sang lui fit regretter un prince dont la mort lui promettait une couronne. Blanche ne savait pas encore tous les malheurs qui la menaçaient. Le connétable de Sicile, qui l’avait rencontrée comme elle sortait de l’appartement de son père, un jour qu’il était venu au château de Belmonte pour quelques affaires importantes, en avait été frappé. Il en fit dès le lendemain la demande à Siffrèdi, qui agréa sa recherche ; mais la maladie de Roger étant survenue dans ce temps-là, ce mariage demeura suspendu, et Blanche n’en avait point entendu parler.

Un matin, comrhe Enrique achevait de s’habiller, il fut sui*pris de voir entrer dans son appartement Leontio suivi de Blanche. Seigneur, lui dit ce ministre, la nouvelle que je vous apporte aura de quoi vous affliger; mais la consolation qui l’accompagne doit modérer votre douleur. Le roi votre oncle

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