‹ Histoire de Gil Blas de SantilloChapitre 49 sur 94 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Gil Bios part pour les Asturies ; il passe par Voiladoîid, où il va voir le docteur Sangrado son ancien maître. Il rencontre par. hasard le seigneur Manuel Ordonez, administrateur de l'hôpital.

Bonne résolution, soutenue. — Déclamations contre la médecine chimique. — Médecin en contradiction avec lui-même. — Triste destinée des beaux esprits.

Dans le temps que je me disposois à partir de Madrid avec Scipion, pour me rendre aux Asturies, Paul V nomma le duc de Lerme au cardinalat. Ce pape, voulant établir l'inquisition dans le royaume de Naples, revêtit de la pourpre ce ministre, pour l'engager à faire agréer au roi Philippe un si louable dessein. Tous ceux qui connoissoient parfaitement ce nouveau membre du sacré collège, trouvèrent, comme moi, que l'Église venoit de faire une belle acquisition.

Scipion, qui auroit mieux aimé me revoir datas un poste brillant à la cour, qu'enterré dans une solitude, me conseilla de me présenter devant le nouveau cardinal. Peut-être, me dit-il, que son éminence, vous voyant hors de prison par ordre du roi, ne croira plus devoir affecter de paroître irritée contre vous, et pourra vous reprendre à son service. Monsieur Scipion, lui répondis -je,

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vous oubliez apparemment que je n'ai obtenu la liberté qu'à condition que je sortirais incessamment des deux Cas tilles. D'ailleurs, me croyezvous déjà dégoûté de mon château de Lirias ? Je vous l'ai déjà dit et je vous le répète, quand le duc de Lerme me rendroit ses bonnes grâces, quand il m'offrirait la place même de don Rodrigue de Calderone, je la refuserais. Mon parti est pris ; je veux aller à Oviédo chercher mes parents, et me retirer avec eux auprès de la ville de Valence. Pour toi, mon ami, si tu te repens d'avoir lié ton sort au mien, tu n'as qu'à me le dire ; je suis prêt à te donner Ja moitié de mes espèces, avec quoi tu demeureras à Madrid, ou tu pousseras ta fortune le plus loin qu'il te sera possible.

Comment donc, reprit mon secrétaire, un peu touché de ces paroles, pouvez-vous me soupçonner d'avoir quelque répugnance à vous suivre dans votre retraite? Ce soupçon blesse mon zèle et mon attachement. Quoi ! Scipion, ce fidèle serviteur, qui, pour partager vos peines, aurait volontiers passé le reste de ses jours avec vous dans la tour de Ségovie, ne vous accompagnerait qu'à regret dans un séjour qui lui promet mille délices ! Non, Monsieur, non, je n'ai pas envie de vous détourner de votre résolution. Il faut que je vous avoue ma malice : lorsque je vous ai conseillé de vous montrer au duc de Lerme, c'est que j'ai été bien aise de vous sonder, pour savoir s'il ne restoit point encore en vous quelques semences d'ambition* Eh bien i puisque vous êtes si détaché des grandeurs, abandonnons donc promptement la cour, pour aller jouir de ces-

plaisirs innocents et délicieux dont nous nous formons une si charmante idée.

Nous partîmes en effet bientôt après tous deux, dans une chaise tirée par deux bonnes mules, conduites par un garçon dont je jugeai à propos d'augmenter ma suite. Nous couchâmes le premier jour à Alcala de Henarès, et le second à Ségovie, d'où, sans m'arrêter à voir le généreux châtelain Tordesillas, je gagnai Penafiel sur le Duero, et le lendemain Valladolid. A la vue de cette dernière ville, je ne pus m'empêcher de pousser un profond soupir. Mon compagnon, qui I entendit, m'en demanda la cause. Mon enfant, lui dis-je, c'est que j'ai long-temps exercé ici la médecine. Je n'y puis penser tranquillement. Ma conscience m'en fait dans ce moment de secrets reproches. Que dis-je? il me semble que tous les malades que j'ai tués sortent de leurs tombeaux pour venir me mettre en pièces ! Quelle imagination ! dit mon secrétaire. En vérité, seigneur de Santillane, vous êtes trop bon. Pourquoi vous repentir d'avoir fait votre métier? Voyez les plus vieux médecins, ont-ils de pareils remords ? Oh que non ! ils vont toujours leur train, rejetant sur la nature les accidents funestes, et se faisant honneur des événements heureux.

Il est vrai, repris-je, que le docteur Sangrado, de qui je suivois fidèlement la méthode, étoit de ce caractère-là. Il avoit beau voir périr tous les jours vingt personnes entre ses mains, il étoit si persuadé de l'excellence de la saignée et de la fréquente boisson, qu'il appeloit ses deux spécifiques pour toutes sortes de maladies, qu'au lieu de s'en prendre à ses remèdes, il croyoit que les

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malades ne mou roi en t que faute d'avoir assez bu et d'avoir été assez saignés. Vive Dieu ! s'écria Scipion en faisant un éclat de rire, Vous me parlez là d'un personnage incomparable. Si tu es curieux de le voir et de l'entendre, lui dis~je, tu pourras dès demain satisfaire ta curiosité, pourvu que Sangrado vive encore, et qu'il Sok à Valladolid : ce que j'ai de la peine à croire ; car il étoit déjà vieux quand je le quittai, et il s'est écoulé bien des années depuis ce tenrpS-là.

Notre premier soin, en arrivant dans l'hôtellerie où nous allâmes descendre, fut de nous informer de ce docteur. Nous apprîmes qu'il n'étoit pas encore mort, mais que, ne pouvant plus à son âge faire de visites ni se donner de grands mouvements, il avoit abandonné, le pavé à trois ou quatre autres docteurs qui s'étoient mis en réputation par une nouvelle pratique qui ne valoit guère mieux que la sienne. Nous résolûmes donc de nous arrêter à Valladolid le jour suivant, tant pour laisser reposer nos mules, que pour voir le seigneur Sangrado. Nous nous rendîmes chez lui sur les dix heures du matin : nous le trouvâmes assis dans un fauteuil, un livre à la main. Il se leva sitôt qu'il nous aperçut, vint au-devant de nous d'un pas assez ferme pour un septuagénaire, et nous demanda ce que nous lui voulions. Monsieur le docteur, lui dis-je, regardez-moi, je vous prie, attentivement ; est-ce que vous ne me remettez point? J'ai pourtant l'honneur d'être un de vos élèves. Ne vous souviènt-il plus d'un m certain Gil Blas, qui étoit autrefois votre commensal et votre substitut? Quoi! c'est vous, Santillane, me répondit-il en m'embrassant d'un

air affectueux? Je ne vous aurois pas reconnu. Je suis bien aise de tous revoir. Qu'avez^vous fait depuis notre séparation? Vous avez sans doute toujours pratiqué la médecine ? C'est à quoi, repris-je, j'avois assez de penchant ; mais de fortes raisons m'en ont empêché.

Tant pis> reprit Sangrado ; avec les principes que vous aviez reçus de moi, vous seriez devenu un habile médecin > pourvu que le ciel vous eût fait la grâce de vous préserver de l'amour dangereux de la chimie. Ah l mon fils, poursuivit-il d'un ton douloureux et déclamateur, quel changement dans la médecine depuis quelques années ! Vous m'en voyez surpris et indigné avec raison. On ôte à cet art l'honneur et la dignité. Cet art, qui dans tous les temps a respecté la vie des hommes, est, présentement en proie à la témérité, à la présomption et à Vimpéritie * ; car les faits parlent, et bientôt les pierres crieront contre le brigandage des nouveaux praticiens : lapides clamabunt. On voit dans cette ville des médecins, ou soi-disant tels, qui se sont attelés au char de triomphe de l'antimoine : currus triumphalis anti* monii f. Des échappés de l'école de Paracelse î, des adorateurs du kermès y des guérisseurs de

* ISimpéritie étoit un mot nouveau, dérivé du latin par les vieux médecins, pour caractériser l'ignorance et l'inexpérience de leurs jeunes confrères.

t Le Char triomphal de l'Antimoine est le titre d'un, livre de Basile Valentin. L'antimoine est un minéral qui « excité de grandes disputes parmi les médecins.

% Paracelse étoit né en Suisse, dans le quinzième siècle. Il attaqua violemment la doctrine de Gatien, et changea, en effet, la face de la médecine, par l'usage de l'antimoine, du mercure et de l'opium.

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hasard, qui font consister toute la science de la médecine à savoir préparer des drogues chimiques. Que vous dirai-je ? tout est méconnoissable dans leur méthode. La saignée du pied, par exemple, jadis si rare, est aujourd'hui presque la seule qui soit en usage. Les purgatifs, autrefois doux et bénins, sont changés en émétique et en kermès*. Ce n'est plus qu'un chaos où chacun se permet ce qu'il veut, et franchit les bornes de l'ordre et de la sagesse que nos premiers maîtres ont posées.

Quelque envie que j'eusse de rire en entendant une si comique déclamation, j'eus la force d'y résister ; je fis plus, je déclamai contre le kermès sans savoir ce que c'étoit, et donnai au diable à tout hasard ceux qui l'ont inventé. Scipion, re- > marquant que je m'égayois dans cette scène, y

voulut mettre aussi du sien. Monsieur le docteur, dit-il à Sangrado, comme je suis petit-neveu d'un médecin de la vieille école, qu'il me soit permis de me révolter avec vous contre les remèdes de la chimie. Feu mon grand'oncle, à qui Dieu fasse miséricorde, étoit si chaud partisan d'Hippocrate, qu'il s'est souvent battu contre les empiriques qui ne parloient pas avec assez de respect de ce roi de la médecine. Bon sang ne peut mentir : je servirois volontiers de bourreau à ces novateurs ignorants dont vous vous plaignez

* Le kermks dont il s'agit ici n'est pas le vermisseau qui sert à la teinture, mais une préparation d'antimoine dont Sangrado ne pouvoit pas même avoir la première idée. Ce n'est que dans le temps ou Le Sage écrivoit, que ce dernier kermès commeuçoit à être connu à Paris, sous le nom de poudre de* Chartreux.

avec tant de justice et d'éloquence. Quel désordre ces misérables ne causent-ils pas dans la société civile !

- Ce désordre, dit le docteur, va plus loin que vous ne pensez. Il ne m'a servi de rien de publier un livre contre le brigandage de la médecine * ; au contraire, il augmente de jour en jour. Les chirurgiens, dont la rage est de vouloir faire les médecins, se croient capables de l'être, dès qu'il ne faut que donner du kermès et de l'émétique, à quoi ils joignent des saignées du pied à leur fantaisie. Ils vont même jusqu'à mêler le kermès dans les apozèmes et les potions cordiales, et les voilà de pair avec les grands faiseurs en médecine. Cette contagion se répand jusque dans les cloîtres. Il y a parmi les moines des frères qui sont tout ensemble apothicaires et chirurgiens. Ces singes de médecins s'appliquent à la chimie, et font des drogues pernicieuses avec lesquelles ils abrègent la vie -de leurs révérends pères. Enfin, il y a dans Valladolid plus de soixante monastères, tant d'hommes que de filles: jugez du ravage qu'y fait le kermès, avec l'émétique et la saignée du pied ! Seigneur Sangrado, lui dis-je alors, vous avez bien raison d'être en colère contre ces empoisonneurs ; je gémis avec vous, et partage vos alarmes sur la vie des hommes, manifestement menacée par une méthode si différente de la vôtre. Je crains fort que la chimie n'occasionne un jour la perte de la médecine, comme la fausse monnoie cause la ruine des états. Fasse le ciel que ce jour fatal ne soit pas près d'arriver !

* Le brigandage de la médecine étoit précisément le titre ~»n ouvrage du médecin Hccqnet.

Dans cet endroit de notre conversation, nous vîmes paroître une vieille servante qui apportoit au docteur une soucoupe sur laquelle il y avoit un petit pain mollet, un verre avec deux carafes, dont Tune étoit pleine d'eau, et l'autre de vin. Après qu'il eut mangé un morceau, il but un coup, où il y avoit à la vérité les trois quarts d'eau ; mais cela ne le sauva point des reproches qu'il me donnoit sujet de lui faire. Ah ! ah ! lui dis-je, monsieur le docteur, je vous prends sur le fait. Vous buvez du vin, vous qui vous êtes toujours déclaré contre cette boisson, vous qui pendant les trois quarts de votre vie n'avez bu que de l'eau, et qui êtes cause que depuis dix ans je n'ai pas bu une ^goutte de vin ! Depuis quand êtes- vous devenu si contraire à vous-même? Vous ne sauriez vous excuser sur votre âge, puisque, dans un endroit de vos écrits, vous définissez la vieillesse comme une phthisie naturelle qui nous dessèche et nous consume ; que, sur cette définition, vous déplorez l'ignorance des personnes qui appellent le vin le lait des vieillards. Que direz-vous donc pour vous justifier 1

Vous me faites la guerre bien injustement, me répondit le vieux médecin. Si je buvois du vin pur, vous auriez raison de me regarder comme un infidèle observateur de ma propre méthode ; mais vous voyez que mon vin est bien trempé. Autre contradiction, lui répliquai-je, mon cher maître; souvenez-vous que vous trouviez mauvais que le chanoine Sedillo bût du vin, quoiqu'il y mêlât beaucoup d'eau. Avouez de bonne grâce que vous avez reconnu votre erreur, et que le vin n'est pas une funeste liqueur, comme vous l'avez

avancé dans vos ouvrages, pourvu qu'on n'en boive qu'avec modération.

Ces paroles embarrassèrent un peu notre docteur. Il ne pouvoit nier qu'il eût défendu dans «es livres l'usage du vin ; mais la honte et la vanité l'empêchant de éonvenir que je lui foison» un juste reproche, il ne savoit que me répondre, et il en étoit tout confus. Pour le tirer d'embarras, je changeai de matière ; et un moment après je pris congé de lui, en l'exhortant à tenir toujours bon contre les nouveaux praticiens* Courage, lui dis-je, seigneur Sangrado ; ne vous lassez point de décrier le kermès, et frondez sans cesse la saignée du pied. Si, malgré votre zèle et votre amour pour l'orthodoxie médicale, cette engeance empirique vient à bout de ruiner la discipline, vous aurez du moins la consolation d'avoir fait tous vos efforts pour la maintenir.

Comme nous nous en retournions à l'hôtellerie, mon secrétaire et moi, nous entretenant tous deux du caractère réjouissant et original de ce docteur, il passa près de nous dans la rue un homme de cinquante-cinq à soixante ans, qui marchoit les yeux baissés, tenant un gros chapelet à la main. Je le considérai attentivement, et Je reconnus sans peine pour le seigneur Manuel Ordonez, ce bon administrateur d'hôpital, dont il est fait une mention si honorable dans le premier tome de mon histoire. Je l'abordai avec de grandes démonstrations de respect, en disant : Serviteur au vénérable et discret seigneur Manuel Ordonez, l'homme du monde le plus propre à conserver lé bien des pauvres. A ces mots il me regarda fixement, et me répondit que mes traits ne lui

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étoient pas inconnus, mais qu'il ne pouvoit se rappeler où il m'avoit tu. Je n'en suis point étonné, repris-je, il n'est pas étonnant que tous n'ayez pas fait attention à moi ; j'allois chez tous dans le temps que tous aviez à votre service un de mes amis, nommé Fabrice Nunez. Ah ! je m'en souviens présentement, repartit l'administrateur avec un souris malin, à telles enseignes que vous étiez tous deux de bons enfants ; tous avez fait ensemble bien des tours de jeunesse. Eh ! qu 'est-il devenu ce pauvre Fabrice ? Toutes les fois que je pense à lui, j'ai de l'inquiétude sur ses petites affaires.

C'est pour vous en apprendre des nouvelles, dis-je au seigneur Manuel, que j'ai pris la liberté de vous arrêter dans la me. Fabrice est à Madrid, où il s'occupe à faire des œuvres mêlées. Qu'appelez-vous des œuvres mêlées? me répliqua- t-il. Cela me paroît équivoque. Je veux dire, lui repartis-je, qu'il écrit en vers et en prose ; il fait des comédies et des romans ; en un mot, c'est un garçon qui a du génie, et qui est reçu fort agréablement dans les bonnes maisons. Mais, dit l'administrateur, comment est-il avec son boulanger? Pas si bien, lui répondis-je, qu'avec les personnes de condition ; entre nous, je ne le crois pas fort riche. Oh ! je n'en doute nullement, reprit Ordonez. Qu'il fasse sa cour aux grands seigneurs tant qu'il lui plaira ; ses complaisances, ses flatteries, ses bassesses, lui rapporteront encore moins que ses ouvrages. Je vous le prédis, vous le verrez quelque jour à l'hôpital.

Cela pourra bien être, lui répliquai-je ; la

poésie en a amené là bien d'autres. Mon ami Fabrice auroit beaucoup mieux fait de demèurer attaché à votre seigneurie ; il rouleroit aujourd'hui sur For. Il seroit du moins fort à son aise, dit Manuel» Je l'aimois ; et j'allois, en l'élevant de poste en poste, lui procurer dans la maison des pauvres un établissement solide, lorsqu'il lui prît fantaisie de donner dans le bel-esprit. L'insensé ! il composa une comédie qu'il fit représenter' par des comédiens qui étoient dans cette ville; la pièce réussit, et la tête tourna dès ce moment à l'auteur. Il se crut un nouveau Lope de Vega ; et, préférant la fumée des applaudissements du public aux avantages réels que mon amitié lui préparait, il me demanda son congé. Je voulus, par compassion, lui faire changer de sentiment ; je lui remontrai vainement qu'il laissoit l'os pour courir après l'ombre ; je ne pus retenir ce fou que la fureur d'écrire entralnoit. Il ne connoissoit pas son bonheur, ajouta l'administrateur ; le garçon que j'ai pris après lui pour me servir en peut rendre un bon témoignage : plus raisonnable que Fabrice avec moins d'esprit, il ne s'est uniquement appliqué qu'à bien s'acquitter de ses commissions, et qu'à me plaire. Aussi l'ai-je poussé comme il le méritoit; il remplit actuellement à l'hôpital deux emplois, dont le moindre est plus que suffisant pour faire subsister un honnête homme chargé d'une grosse famille.

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