PREMIERS TRAVAUX DE BABEUF
Mémoire snr les chemins dé là frb9iHeè ifÀrtois.
Nous le reproduisons en tête de la Correspondance àt Babcui avec Dubois de Fossaux, d*apràs k manuscrit autographe. Une copie^ que Babeuf avait envoyée aU concouis de 1^ Académie d^Arra^^ a été rétrouvée pai*. nous dans les papieirs de cette association*
Correspondance de Babeuf avec Dubois de Fosseux, secrétaire perpétuel de l'Académie d'Arras. t785-i7SS. Nous la publions dans notre deuxième volume,
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Delà Constitution du Corps militaire en France^ dans ses rapports avec celle du Gouvernement et avec le caractère National. S. L, 1786^ in-8j 1 12 pag.
L'exemplaire de la Bibliothèque nationale est broché, non rogné) dans sa couverture originale^ en papier de couleur^ quadrillé^ rose^ fabriqué à Orléans ches Leblood.
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Il est accompagné d'une note manuscrite du temps ainsi conçue :
« L'auteur de cet écrit n'a d*autre but que d'enlever aux familles de la Cour leurs prérogatives au service. Il ne trouve point inconséquent de conserver à la noblesse le droit d'occuper seule le rang d'officier^ et de supprimer en même temps toute distinction entre les différents ordres de la noblesse ; il voudrait que tous ses membres eussent dans le militaire les mêmes dro!ts,les mêmes prérogatives.
» Aux déclamations si communes dans les écrits de ce siècle, il serait facile d'opposer un système portant sur des principes absolument contraires, et qu'avec plus de fondement on pourrait souvent exposer d'un ton aussi dog-* matique.
» Cet Ouvrage renferme d'ailleurs peu d'idées neuves, aussi peu d'idées utiles^ et remplit très mal ce qu'annonce son titre^ ne disant rien d'intéressant sur la Constitution militaire. »
Nous avons lu Touvrage; et nous le déclarons très avancé pour Tépoque. L'auteur anonyme voulait la Nation réellement souveraine^et plaçait au-dessus du Roi qu'il appelle leSouverain, F Assemblée du Peuple. Assurément^ il a raison quand il blâme l'organisation de l'arme et expose (p. 14) qu'il y a deux corps militaires absolument différents, l'un dans lequel on débute, dès Tâge de 24 ans, par le grade de Colonel, l'autre dans lequel on est trop heureux d'arriver au grade de Lieutenant-Colonel. C'était une inégalité choquante, qui le révoltait et qui lui faisait dire : « 11 faut une règle invariable et commune pour tous les Officiers de France, sans aucune distinction, et bien prendre garde surtout aux abus et aux injustices. »
Cet écrit est-il de Babeuf, de soti père (i), ou de d'Au-
(i) On y lit, page 57 : « Il ^ a constamment en Europe au moins cent mille déserteurs François chez les différentes Puissances, et ils sont leurs meilleurs soldats. » ^ Ces lignes font souvenir du père de Babeuf qui déseru.
diffred ? Nous hésitons à nous prononcer à cet égards tout en inclinant pourtant du côté da Commissaire à Terrier de Roye, qui, s'il n*en est pas l'auteur, en fut, au moins, le zélé colporteur^ ainsi qu'il résulte de sa correspondance avec Dubois de Fosseuz (voir pages 1 1 1 , 1 1 3^ 1 20 et 1 3 3). Dans tous les cas, l'opuscule dont il s'agit est rarissime.
Un exemplaire a été retrouvé, sur nos indications, â la Bibliothôque nationale.
A ce sujet M. Léopold Delisle, directeur de la Bibliothèque nationale, nous a fait l'honneur de nous écrire le 3o juin 1882 :
€ Monsieur, Je vous remercie bien de la lettre que vous m*avez fait Thonneur de m'écrire au sujet du volume intitulé : De la Constitution du Corps militaire en France. Cette lettre restera jointe au volume, sur lequel je regrette de n'avoir point de renseignements à vous fournir.
» L'ancienne note placée en tête de notre exemplaire n'est point émanée d'une personne ayant fait partie de la Bibliothèque. L'écriture n'en a été reconnue ni par mes collègues ni par moi.
9 Le volume a dû arriver chez nous, peu après Tannée 1807, avec beaucoup d'autres livres qui avaient été conservés à la Bibliothèque du Tribunat.
» Cet ouvrage, sur lequel vous avez eu bien raison d'appeler notre attention,se trouvait fort mal placé dans la division R. ^1 est à partir d'aujourd'hui classé dans la Réserve, sous la cote LP^ 9i> et c'est sous cette cote que je vous prie de le citer, si vous avez l'occasion d'y renvoyer. »
La rareté de cet opuscule doit tenir à ce que les exemplaires ont été, sans doute, saisis dès leur apparition.
De Keralio, chevalier de St-Louis, commandant de la milice nationale du district des Filles de St-Thomas, à Paris, a publié, en 1789, au moment métiie où l'on s'emparait de la Bastille, une brochure analogue sous ce titré : De la Constitution militaire {Paris, Nyon^ in-8, 28 pag.).
Oa y lit ; « Qu'aYons-nous vu depuis que mms-viyQm ? » Les emplois supérieurs doxuiés fréquemmeut à des » hommes ineptes, les emplois subalternes vendus à reo- » cbàre^ les corps militaires livrés à des jeunes geos ivres » d'orgueil et de dissolution, ennemis des citoyens» persé- » cuteurs des hommes vertueux, protecteurs de ceux qui » servaient leurs vices, tyrans de la dernière classe mili. » taire, dans laquelle ils s'efforcent d'éteindre josqurà la » moindre étincelle du feu sacré de l'tmoQr de k pm- » trie.
» Ces braves citoyens, mal habtUés, mal nourris, la a^- » vent sans intérêt, sans espoir, et nous avons va leurs » chefs ordonner qu*ils fussent battus comme des chiens » et des chevaux.
»... L'émulation a été détruite, le talent sans action, la » vertu punie, le désordre mis dans tous les raofspar » l'intrigue et la faveur.
» Ces énormes abus doivent disparaître devaût i^eiu- » guste assemblée des Représentants de la Nation. »
En 1824, le vicomte de Préval, Lieutenant-Général du roi, rappelant les abus d'autrefois (De Vavancemtnt mHf^ taire, dans rintérêt de la monarchie. Paris, 1824,10-8), disait avec raison :
« C'est en ménageant 6t en assurant tous les intérêts > que les armées francises ont fkit tant de prodiges pen- » dant vingt ans.
> C'est parce que les intérêts les plus nombreux étalent » froissés, que ces armées avaient, antérieurement, si peu » de consistance, si peu d'esprit national, si peu de dé- » vouement pour le prince. »
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VAr^himte'-Terriste^ ou traité méthodique de Varrangement des archives seigneuriales et de la co^fec* iim et perpétration succcsiives des inventaires, des
titres tt des terrien d'icelles^ des plans domaniaux, féodaux et ctnsuels. -^ Prospectus. — Uo feuillet in-4^ daté du 3o octobre 1786, et sigoé : Babeuf, commissaire à Terrier, à Roye^ en Picardie.
Le prospectus commence ainsi :
< J'ai rhonneur de vous adresser des Prospectus d'un » mien ouvrage^ au débit duquel j'espère que vous vou- » drez bien vous intéresser. Sur cliaque exemplaire que 9 vous placerez il vous sera fait une remise de 10 livres... » Les personnes auxquelles mon Ouvrage peut convenir » sont particulièrement les Propriétaires de Seigneuries ^
> leurs Intendans et Régisseurs; les Baillis^ Procureurs
> fiscaux et Greffiers des principales justices seigneuriales^ » les Archivistes^ Commissaires à terriers^ Avocats, No- » taires^ Géomètres^ les Supérieurs et Procureurs des » Communautés religieuses^ Syndics de Chapitre^ etc. Ce » sera donc chez les individus de ces classes, etc. »
Babeuf ayant envoyéson prospectus à Dubois de Fosseux» celiii-^ lui écrivit le 9 novembre 1786 :
€ Je vous suis fort obligé, Monsieur, des deux pros* » pectus que vous m'avez envoyés ; ils me paraissent bien » faits, et je crois que les changements que vous vous » proposez de faire â la 2« édition, n'y ouïront pta ; au :> reste, je ne sqis pas fort au fait de ces fDatièrei4à, ni » fort capable de vous donner un avis bien solide, mais » j'attends ces jours-ci un homme qui est très versé dans » cette partie ; je lui communiquerai ces prospectus, et » s'il foisait quelque observation qui valût la peine de » vous étie envoyée, je m'empresserais de vous la com- » muniquer. »
Daos ses feuilles académiques du mois de janvier suivait, Dubois de Fosseux s'exprimait ainsi :
« J'ai présenté ensuite le prospectus d'un grand ou- » vrage de M. Babeuf, intitulé : L'Archiniste-'Terriste, » etc. Il paraît Monsieur^ que cet ouvrage sera d'une » grande utilité pour Padmiriistratiao des seigûeuri^ «t
» M. Babeuf montre dans son prospectus, qui est assez » étendu, le germe de beaucoup de talèns. » (i)
Babeuf, à son tour, nous donne sur cet ouvrage, par une lettre du i8 janvier 1787, adressée à Dubois de Fosseuxj les détails ci*après :
« Il est vrai que mon ouvrage ne consiste encore qu'en » une simple collection de matériaux rassemblés sans
> beaucoup d'ordre, parce que, vu les différents retards » successifs de ma censure, je ne me suis pas fort pressé » de mettre la dernière main à cet ouvrage, que, d'après » la réponse dont vous venés de m'bonorer, j'ai enfin l'es- » poir de rendre bientôt public.
» Malgré tout l'intérêt que j*ai d'accélérer l'instant de » cette publicité, je ne prévois pas cependant. Monsieur, » pour raison d'affaires particulières, que je ne puis abso* » lument remettre, pouvoir vous mettre à portée de juger » mon travail avant quelques semaines. Je suis bien aise » de vous en prévenir, afin de parer à toute suspicion de
> négligence sur mon compte.
» Je vous suis, en attendant, Monsieur, très reconnais- » sant de la sorte d'approbation anticipée que vous dai-
> gnés donner à cette œuvre à l'occasion de laquelle je » serai entièrement enchantée s'il arrive qu'elle se trouve
> digne de perpétuer en vous l'opinion favorable qu'un » premier aperçu vous en a fait concevoir, etc. »
Cet ouvrage n'a pas été imprimé, les souscripteurs ayant fiait défaut, sans doute.
D en fut de même, à cettt époque, pour d'autres ouvrages.
Ainsi, nous trouvons dans les Affiches de Picardie et d^ Artois (N® du i3 octobre 1787), ce désolant aveu :
«Trompés dans l'espérance que l'jffff foire de Picardie, en forme de notice, seroit agréable à la Province, nous
(i) Ces mots : le germe de beaucoup de talents, doivent être «giia* lés aux ennemis de Babeuf. «- V. A.
qui faisoDf des eicuses d'aTOtr proposé la soutcriptiofi d*un OuTrage qu'elle n'a pas f ugé digne de son suffrage. Nous avons d'autant lieu de nous le persuader, que le Prospectus publié depuis plus d'un an^ n*a été âccueiHi que d'un très petit nombre de personnes^ et n'a procuré que 34 souscriptions, de six cens qui auraient été à p^ine suffisantes pour commencer l'impression du premier volume.
« Ce même Prospectus ayant annoncé que les efforts que nous avions pu faire pou^ donner cette partie importante de rhistoire nationale deviendraient inutik, éi le Public ne nous mettoit en état de len faire jotfJf ^ noua remercions ceux qui ont été empressés de les secodder } çt c'est avec regret que naus les prions de retirer à Parîs^ en Tabbaye de St-Germain-des-Près, la soAffme de 1% liv. que chacun d'eux y a déposée entre les mains de M. Morisseau^ pour le prix du premier volume. La somme sera remise en rapportant la quittance. »
Mémoire peut-être important pour tés Propriétaîrei de Terres et de Seigneuries, ou idées sur la manutention des Fiefs, Signé Babeuf^ Commissaire-à-Terriers ^ à Roye en Picardie. 5. /. n, d. (1786), 36 p'srg. in-4, sans titre spécial^ couverture M pâpief marbVé.
L'exemplaire de Babeuf est àccdodpagné de j>tans manuscrits.
Dans la note finale Babeuf dit : 4 Si tci esiai était ac- » cueilli des personnes qui le verront, et qu'elle^ térhoi- » gnassent le désir de voir la suite dés observations: fai^ei » au niéchanisme de la confection des terrains pèrpé- » fuels, il s'empresserait de les satisfaire, en leur commu- > niquant la suite de sa correspondance avec M. de Sa'int- » Vibert (t) : chose qui offrirait It moyen de diécîcfer sur
{i\Les Terriers rendus pepétuels. ou véritable méckanisme de leur cotifectimk, par Aôbry de St-Viber t.
» la comparaison des idées particulières de chacun des » deux travailleurs, relativement à la marche du Terrier » radical et à la disposition et l'entretien successifs du ter- > rier perpétuel^ de l'Indication perpétuelle et du Cudl- » loir perpétuel. »
Précis d*un prof et de Cadastre perpétuel, par F. N, Babeuf, citoyen fran^ais^ avec Pexposé de la méthode d^arpentage de M, Audiffred. Se vend à Amiens, 1789, prix 3 livres.
Manuscrit in-4, mis au net, avec corrections et additions de Babeuf: 60 pages.
Commence ainsi : C'est, vient-on de dire^ etc.
Antoine Lamy^ ci-devant commissaire à terriers à Hornoy, avait publié un Cadastre universel. Babeuf qui le luty ayant remarqué qu*on y attribuait à Audiffred son Cadastre perpétuel, hïi écrivit le ai février 1 791, pour déclarer être seul l'auteur de ce livre.
A propos de ce Précis, Babeuf écrivit, le 4 mai 1787, à Dubois de Fosseux :
« J'aurai peut-être dans peu de temps l'honneur de vous » envoier un morceau de ma façon qui frappe sur un sujet » bien utile. » Et le 3 juin suivant : « Voici le titre de » mon petit ouvrage duquel je vous ai parlé dans ma » lettre du 4 du mois passé: Précis, etc. Je pourrai vous » communiquer,dans quelque temps, mon manuscrit qui, » en ce moment^ est entre les mains de M. de Lessart, In- > tendant général des finances, â qui l'examen en a été » référé. A
Dans une autre lettre du 17 juin 1787, Babeuf nous fixe complètement sur le titre et la valeur de cet ouvrage. Voici ce qu'il écrit à Dubois de Fosseux :
« Puisque vous craignes qu'il y ait du risque à vous » envoyer le manuscrit du cadastre perpétuel, je ai coa-
> tenteiai de vous ea adresser une copie le plus tôt possi*
> ble, soit à la main ou même imprimée^ s'il arrive que
> cet ouvrage le soit.
» Une persone très distinguée (et très instruite) à qui » j*ai confié le morceau auquel èle a bien voulu s*inté- » resser, après y avoir donné une aprobacion tèle que de » dire qu'il surpassait iucomparablement tout ce que » M.duTilletdu Vil lors, en 1781^ et autres avaient » jamais écrit sur cète matière ; cète persone, dis-je^
> s'est chargée de présenter mon travail à plusieurs des
> membres du nouveau comité du consçil des Finances^ » en m'assurant que c'était le meilleur moyen de le faire
> connaître. Cependant il y a bien un mqis qu'on me dit » que cète présentacion a été effectuée sans que j'eusse
> encore reçu de réponse positive. Poiiriés-vous m'indi-
> quer. Monsieur^ quelqu'autre voie qui vous paraîtrait
> pouvoir supléer à la première adoptée, dans le cas où » èle ne me mènerait à rien de positi 1 ? comme de Fanon-
> cer aux assemblées provinciales, de le rendre public par » l'impression^ etc. »
Le 12 juin, Dubois de Fosseux lui répondit :
€ L'ouvrage dont vous m'envoyez le Précis (1)^ Mon«-
> sieur, est d*an grand intérêt surtout dans ce moment- » ci. Je crois que vous ne devez pas perdre un moment » pour le feire paraître ; vous pouvez^en le publiant^ ren- » dre un service à l'État.
» Je ne voudrais pas, Monsieur, que vous m'envoyas-
> siez votre manuscrit; je craindrais qu^il ne fût égaré et 9 l'objet est trop de conséquence pour lui faire courir des « risques. Permettez-moi de finir par une grande vérité^
> c'est l'assurance des sentiments inébranlables avec les- » quels j'ai l'honneur d'être^ etc. »
Il lui dit encore le 28 :
« Je ne sais^ Monsieur, quel conseil vous donner par
(i) Toujours à cause de l'absence de souscripteurs, sans doute, le Précii ne parut pas : un prospectuê seul fut imprimé.
» rapport à votre ouvrage. Le plus court, ce mé semble, » serait de le faire imprimer, mais on iduprime tanti » présent que c'est un abîme et qu'à peine les meilleun » ouvrages surnagent. Le présenter aux assemblées pro- » vinciales, me paraît une opération longut et sujene à » bien des inconvénients. Ne pourrait-on pas le faire » connaître à l'intendant de votre province qui, à ce que » je crois, aime les sciences et qui pourrait vous donner » des moyens de le fiaire connaître de l'administration ? »
Cadastre perpétuel, ou Démonstration des procédés convenables à la formation de cet important ouvrage ^ pour assurer les principes de F Assiette et de la Répar^ tition justes et permanentes et de la Perception facile {Tune CONTRIBUTION UNIQUE tant sur les Possessions territoriales, que sur les Revenus Personnels ; Avec Texposé de la Méthode d^ Arpentage de M. Avdiffred, par son nouvel instrument, dit Graphomètre-Trigonométrique; Méthode infiniment plus accélératîve et plus sûre que toutes celles qui ont paru jusqu^ à présent et laquelle^ par cette considération seroit plus propre à être suivie dans la grande opération du Cadastre. Dédié à F Assemblée nationale. Paris, che^ les auteurs, rue Quineam-poix, n« 40. L'an 1789 et le premier de la Liberté francotse^ in -8, de XLvi-192 pages; plus 2 plans et an tableau.
Avec cet épigraphe, tiré d'un Discours de Necker â Pouverture des États Généraux :
« On doit mettre au premier rang, parmi les amélîoratione qui intéressent tous les Habitans du Royaume, l'établissement des principes qui doivent assurer une