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(fjl M, FrasKkjCotifciadaattottt^ouhdieiciies }»ol6ststiaati.de>Ba«» Beuf contre cet article, inscrit par Sylvain Maréchal datM le Mtmk^
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tion ! c*est la défiance de Fétranger poussée jusqu'à la folie et à la haine ; c'est le niveau du plus lourd despotisme pesant sur toutes les actions et sur toutes les facultés^ attei» gnant Tâme aussi bien que le corps» le travail de la pensée comme celui des mains, écrasant tout ce qui s*élève et recommençant sous une autre forme^ dans l'ordre moral, Fœavre déjà accomplie sous Robespierre par le couteau de l'égalité. Du reste, ne cherchez ici aucune vue, aucune idée nouvelle, aucune application féconde des principes que nous connaissons déjà ; le seul trait qui sépare Babeuf de ses devanciers, c'est l'audace de l'exécution. Il distin«guait, comme on le fait aussi aujourd'hui, entre la révolution politique et la révolution sociale, la constitution de 93 et celle qui doit nous donner Végalité réelle. La première ne fut selon lui qu'une préparation à la seconde, et celle-ci, il était décidé à la fonder par tous les moyens, à faire table rase (ce sont les expressions mêmes d'un manifeste trouvé dans ses papiers) pour l'asseoir à la place de ce qui était. 11 faut lire dans les pièces relatives à son procès le plan de l'insurrection qu'il préparait et dont rien n'approche, si ce n'est celle qui a éclaté il y a quelques mois sous l'excitation des mêmes doctrines. Je me contenterai d'en extraire le passage'suîvant : < Il faut que, Pépée tirée, le fourreau soit jeté au loin ; il faut prévenir toute réflexion delà part du peuple; il faut tout d'abord qu'il &sse des actes qui l'empêchent de rétrograder. Si quelques royalistes (sous ce nom on comprend tous ceux qui n'acceptent pas' la république des égaux)^ si quelques royalistes voulaient faire résistance, qu'une colonne armée de torches ardentes se porte à l'instant sur le point qu*ils auraient choisi, qu'ils soient sommés de rendre les armes, ou qu'à l'instant les flammes vengent et la liberté et la souveraineté du peuple. » Babeuf ne connaissait pas l'invention des allumettes chimiques.
« Ainsi voilà un système qui s'introduit au nom de la liberté et qui aboutit au plus horrible esclavage; qui appelle tous les hommes à la richesse, à la science, au
boahMv» et qu'i oe leur offre que U peuvreté» rigoor^nce, Vesisteace Ift plus: aride ec la plus bornée; eqfin^ qui vcQl ioflider k société sur le principe de la fraieraioé bumaioe^ et qui conameooe par e;acicer au mounKrei, au pillage u ^ Vsncendie. ( i ) EatH;e bien assea 4e contra4ictions^ ed'bis- ^oÂre qui lea ren4 sen^U^s à. nos ye^» qui nous lestinaatus tout à la fois eu açtiou qc eu parotes» peut-eljk eue acciiaée de partialité ? I4 vérité est que le comauMUsa^ u'esit pas ua systèmej.pii^is ua nom qoi recpuvre des pas^ sioua et des appétits ; voilà pourqnciî il invoque iodiffé^ remmena les principes 1» (4ua opposés. Dans Taotiquité iJ(S*appuie sw la différence des races, sur l'io^alité pré* ^xidue dm lipn^nes.ou le droit de. la guerre et de la force. Âprè% la naissance du christianjisaie, il ne parle que de charité et d'amour. Soiis Tempire de la philosophie et de la raison n^ode^nes, il se réclame surtout de la liberté^
.44<^tOOS que LECOMMUNISICE D£ BaBBUV EST hM SSUt CONSÉr
<yi£NT ; car s'il est; vrai que la propriété^ injuste^et spoliatrice par elle-mémej estk mère de toutes les iniquités et de toutes les douleurs qui, déchirent l'humanité, la source impure de la corruption et des vices qui la rongent, pourquoi la souffrir un seul instant! Pourquoi le bien de tous» les droitStde tous, les, droits de la justice, de la raison, de 1^ pitié elle-même, seraient-ils sacrifiés plus longtemps à l^olsme de quelquesruos ? Puis, il ne s'agit pas seulement de ceux qui prêchent cette théorie et du degré de. Içgique ou de franchise qu'ils y a}}porteot ; il fiiut penser ^^ssi à ceux qui l'écoutent. Or, pourquoi Jes masses, que yous montrez comme opprimées, dépouillées, exploitées par quelques-uns, et ravalées au niveau des bétes de spmme, condamnées au vice et à l'in&mie autant qu'à la souffrance, garderaient-elles quelque ménagement pour leurs oppresseurs ? Ne serait-ce pas supposer que les ri-
we ML Franck
%ait-àHiire dus
chcs les ont privées aussi de leur raison ? yUdmhé vraiment ces nouveaux apôtres du cotnmàniatnè qiii, dàtii ixti langage plein de candeur et presque onctueuï, Aoàiis'assti* rent que leur triomphe sera Pcedvre de la persuasion; 4ue les gentils et le peuple de Dieu, je veàx dire les riches et les pauvres, seront également convertis, et à Tespect d<e là Jérusalem nouvelle, de la céleste Icarie^ se réuniront dans un éternel baiser de paix. Cette fcH robuste et ces sedtimeots évangéliques, je veux bien les croire parfaitement sincères ; mais que nous importent les hommes ? Quel intérêt avons nous à savoir s'ils sont bons ou méchants^ dairvoyanxs ou aveugles^dissimulés ou convaincus ? Nous nous occupons de leurs systèmes et des eifeta qu'ils peur^ tent produire sur la société dont iU attaquent les bases. Pajouterai, pour finir, que le. communisoie conaéquent ûes*arréte pas à Babeuf. Babeuf voulait cottserver la fa^^ mille ; on dit que lui-même^ dans son intérieur^ en pra<tiquait toutes les vertua ; mais la famille repose dur des sentiments et sur des devoirs^ plutôt que Sur des relations matérielles. Elle a pour conditions, d'une part, l'autorité et le sacrifice ; de l'autre^ la soumission et la reconnaissance, la génération morale^ c'est-^à^lire Péducation', en^ core plus que la gj&iératioa physique. Rien de tout œla ae peut exister dans un ordre social où le sacrifice edt im,^, possible par l'abolition de la propriété; ad li^autûricé ptr lemelle et la reconnaiisanoe filiale sont' supprimées pas rédttcation commune. »
U y aurait bien des passives à réfuter dans cette longue appréçiatiou de M. Franck sur Babeuf; bornons- nous à dire, que le savant membre de l'Institut a fait une étude incomplète de la question^ et que comme tous les biographes il a confondu la doctrine personnelle de: Babeuf avec celle de la Société des Démocrates^ dont Gracchus n'était que le porte- voix.
Ce qui distingue Babfuf de la plupatt des i^volutionnaires, c'est qu'il a limité ses eflForts â la nation firah^tlisè^
et qu'il a évit^ scrupuleusement de semer la haine contre les rois et la religion^ afin de grouper plus d'adhéreotsi de toutes conditions, à sa doctrine du bonheur commim. Homme incompris, il s'est révolté» avec raison» contre l'injustice du sort qui lui refusait tout, même le paio. De Id ses haines» ou plutôt ses aspirations vers un avenir meilleur.
L'historien est fatalement entraîné à briser des idoles. Lorsqu^il se pose en fisce d'un personnage en vue, et qu'il demande : qu'est-celui-là ? la réponse est telle souvent que le dégoût tombe des lèvres, et que le personnage dont il aurait voulu vanter les services, ne lui apparaît plus que sous un jour débvorable ou odieux.
C'est qu'entre l'homme adulé et l'homme scalpé i existe un abtme. L'easat p<ut être tenté ; il est même à désirer qu'il soit tenté dans l'intérêt de la morale et de kl vérité.
Pour Babeuf» l'essai sera favorable; et plus on le scalpera» plus on radmirera« 11 est de ceux dont on pent dire (i) comme de Jean Reynaud :
« Il a passé» dans la politique» essayant par des réfor- » mes sociales d'adoucir le sort des misérables. »
Babeuf c'est l'homme qui» par ses écrits» ses agissements, rappelle constamment à tous cet article 29 de la Déclaration des droits de Fhomme et du citoyen : « Chaque citoyen a le droit de concourir à la formation de la loi; c'est l'homme qui ne cesse de rappeler à ceux qui doivent tout au Peuple, que « le Peuple est la boussole » de la nation; et qui pensait comme St-Just (Rapport contre Danton) que « la République est dans le Peuple, et non dans la renommée de quelques personnages. »
Aussi» Michelet a-t^il pu dire dans son Histoire du XIX' siècle :
{i)Lu Serpiteun de la Démocratie, ^pêrAntLîiAc de la Forge.!/ 5iMe, du i*rmars 1882.
< Qui parlait avec Babeuf^ et qui réclama pour lui ?^
> Les sections du travail.
» Et qui parle après Babeuf ? Qui prend le haut du
> pavé ? — Le Paris de la Banque. »
La faction de Babeuf était celle des « Défenseurs des droits de Thomme » ; et la conspiration des Egaux a été^ suivant Texpression très juste de M. Ranc, tentée par les Républicains pour enrayer la contre Révolution.
Babeuf exécuté, le mot de République fut à peu près eiclu du langage des réunions officielles, et on vogua> dès ce moment, à pleines voiles^ dans le courant monarchique qui s'annon^it sous les traits du jeune vainqueur d'&gypte et d'Italie.
Tout ceci avait été prophétisé par Babeuf, lorsqu'il disait^ à la veille de son exécution, aux accusateurs prêts à le condamner à mort :
« Le sacrifice de mes jours est fait depuis longtemps.
> Ce procès est celui de la Révolution française. De sa décision dépendra le sort de la République.
» Le Royalisme veille à toutes les issues du sanctuaire. Voyea^le comme il épie tout ce qui s'y passe I comme les moindres circonstances arrangées à sa guise^ sont bientôt transportées à des milliers de correspondants qui les recueillent avec avidité et soupirent après l'instant du dénouement. Temblez devant cette époque, vous tous qui aimez les hommes ! Elle sera celle des grandes vengean<;es. Voyez*y le signal universel de là mort des Républicains... Déjà mon nom avait acquis la fatale célébrité de désigner ma secte qui les comprenait tous^ qui les vouait tous aux poignards !... Attendez- vous alors k une battue générale..*, et à ce qu'on nettoyé^ enfin, le sol de la race des Républicains... »
Rien n'est plus vrai que ces mots d^un mourant.
Ce n'est pas que les conjurés trouvassent l'institution du Directoire mauvaise en elle-même, mais ils vSuUîent qu*eUe fut « dirigée par des hommes de bonne foi. »
Qermain^ interpellant^ à cet égard^ le président de$ débats lui avait dit :(i] « Le peuple alors serait heureux»; pqis il ajoi;it^ : « Ce qui rend le Gouvernement mauvais, » ce sont les Cocbon^ ministres de Loui9 XVI II, les hom- > mes qui, si Louis XVIII rentrait^ seraient conserva i en fonctions^ tandis que les républicains seraient pen- » dus. »
.Ceci était encore hors de toute contestation.
^lais qui cbercbe la v^rité^ surtout pendant les troubles publi<9 ?
Pour expliquer^ sans les excuser, les violences de lan* gage et de répression de cette époque, fertile en graves in* cidents, il £aut se rappeler que les hommes des générationsqui oût précédé 1789 et 1793, avaient un tempéra-, ment de fer, ce qui donnait un caractère particulier d'énergique férocité à leurs discours e$. Aleura actes.
En d'autres terme;^, ils savaient vouloir oe qu'on n'a pas toujours su diemander tn d'autres temps.
Tous, lettré^et résolus, semblaient se souvenir constamment d^ ce mot de Yauvenargues :
:« La guerre n'est pas si onéreuse que ïsu servitude. 1 , Et-àtn lors, on les trouvaient toujours prêts à la lutte, qu'il s'ajgisse d'un débat philosophique ou d'un débat politique.
C'est que tous ressentaient fisrtement et rêvaient^ il faut bien le dire» mais satia en avoir encore trouvé la ferjpule^ un bien être matérîtl et intellectuel qui a manqaé à nos pères.
On ne gagne rien à pressurer le peuple^ surtout dans no» temps modernes, et à niveler les intelligences.
A la fin, comme l'a dît Voltaire, l'injustice produit l'indépendance.
Au siècle derniçr^lç^ fftutfîç ^pcufpuJ^S d^ Uuciouafchic
^tmimm^mm^mmmimt^m^imimmimmmm^mmmmÊmmimmmm ■ i ■ i w i » ■ mÊmmmm^^^ammmf "^
il) Débats, tome III, page 298,
produisirent fiilaleiaeat des féwlotiotMiaîres ; et ce sent ks victimes du passé qui se sont chargé de k rode besogne de niveler àleur tour Ift barrière intellectueHe, commettiele» administrative, qu*on leur avait si longtemps opposée.
Mais leurs efforts eurent à subir, dès le début, de rudes atteintes en plusieurs circonstances, car au sein même deis corps élus, la réaction fut toujours puissante ; et en janvier 1790 on ridiculisait encore l'abbé Maury, parcç qu*il avait dit à F Assemblée Nationale :
« Depuis longtemps, j*entends parler ici du Peuple, et » je ne vois point qu'il ait été soulagé; joie Vois, au con-; » traire, misérable, souffrant, sans travail et sans pain. »
Pline-le-Jeune avait donné ce conseil aux hommes de son temps :
€ Pour être bon prince, il faut se souvenir des squb^its > et des plaintes que Ton a faits aous le règne d'un autre. »
Il parait que c'est une erreur commune à la plupart des agitateurs, de croire que leur œuvre est achevée le jour Qtf, ils sont au pouvoir.
En tout cas, ceux que Babeuf combattait, avaient oublié, trop vîte, qu'un grand nombre de Français ne poasédaient pas six livres de pain d'avance, et que la Révolution avait été faite pour réparer, à cet égard, Tinjustice du passé.
Mais il semblait que chaque pas en avant était uç rer tour aux anciens abus; au point qu'on pouvait dire avec Polyœnus : « Le Peuple étonné cherchait la Déftapcralip T^ et ne la trouvait nulle part. »
C'est le Directoire et ses mœurs qui voulait cela; pv toutla confusion, la démoralisation, la tr^hi^onj^pren^ien^t la place des sentiments républicains.
Ce qui faisait dire par Benjamin Constant, troublé dp la joieqpe le Directoire ressentait de la public^jl^pt^, de l'un de ses écrits :
' 1} De la force du gouvernement actuel de la France €l de (<» t^è^ifté de ^*r rallier, ' . '^^ . K
« Je ne savais pas alors^ qu'il n'y avait^ au fond, de ré- » publicains en France, que moi et ceux qui craignaient » que la royauté ne les fît pendre. »
En fructidor an V, Carnot, Tadversaire de Babeuf^ 45 députés et d'autres personnages, avaient été à leur tour déportés.
Trois ans après^ au lendemain du 1 8 brumaire^ les Consuls proclamaient que « la révolution, fixée aux vrais » principes 9, était « finie. »
Puis, en quelques heures^ Bonaparte, soldat de la Ré* volutîon^ supprimait la Constitution de l'an III, renvoyait le Directoire et les Consuls, terminait le différend des pouvoirs exécutif et législatif de la République française < en les mettant sous ses pieds et en se mettant à » leur place. » (i)
Et Joseph de Maistre, Tinspiré^qui^ en 1796, écrivait de Lausanne^ ses Considérations sur la France, en était réduit à constater l'impuissance de ses pronostics : il désirait un roi, César parut.
Le girondin Vergnaud avait, du reste, fait cette prophétie : € Le peuple français reviendra à ses rois comme » Tenfant revient à ses hochets. Nous nous sommes crus » à Rome et nous étions à Paris... »
Danton, avait complété cette prophétie en disant : € La France n'aime pas la république. Elle a les habitu- > des^ les besoins de la monarchie. Après nos orages^ elle t y sera ramenée par ses vices ou sestiécessités. »
On devait voir aussi le Journal des Débats, ci-devant Journal des débats du club des Jacobins, s'incliner devant le soldat couronnéj demeuré pour lui l'hérédité dynastique,et proclamer qu'il était « seul capable de gou- » veroer la France. »
David, terroriste^ devient premier peintre de la Maison
II) La Constitution républicaine de Van III et le coup dEtat du iS fructidor, par H- de Lacombe. {Correspondant d^octobre 1S78J.
ImpérialCj et Fouchéj <— PigQobie mouchard, comme on Fa qualifié^ — gagne le titre d'Excellence et la couronne de duc d*Otrante.
Assurément^ comme Ta dit M. Christian (i), le sans* culotte Robespierre^ s'il eut vécu, serait devenu baron de l'Empire !
Toute cette masse de traîtres, de vendus, qui devaient^ plats valetSj défiler^ chamarrés d'or, engraissés, satisfaits, devant le soldat de la Révolution, Tabandonneront un jour lorsque pour lui l'étoile de l'Empire pâlira.
Le Gouvernement brutal du Directoire, toujours excessif dans ses vengeances, avait fait son temps.
Il y aurait plus d'un rapprochement à faire entre le procès de Babeuf et celui du général Malet.
Ces deux hommes, avaient, dans tous les cas, le même langage et le même courage.
Quand le président demanda à Malet quels étaient ses complices, Taccusé répondit vivement : < La France en- » tière; vous-même, Monsieur, si j'avais réussi. »
C'était l'affirmation de cet autre mot dit, en 1793, par François de NeurchâteaudansPâm^/a,qu'auxyeuxde la loi;
Le parti qui triomphe est le seul légitime !
11 y a maintenant un animité d'opinion sur ce point que la condamnation à mort prononcée contre Babeuf et Darthé, était une peine excessive, puisqu'il n'y avait pas eu accomplissement d'actes criminels, et qu'on ne pouvait invoquer contre Babeuf, surtout, que des délits d'opinion.
Mais il fallait donner des gages (2) à la propriété, alors plus menacée qu'aujourd'hui, et on guillotina le Tribun,
(1} Agonie de la Révolution. Paris, i856, in- 12.
(2) M. Quitard, doyen des hommes de lettres, mort l'an dernier, à rftgede q6 ans et qui avait conservé le sobvenir précis des faits de la révolution, nous formula un jour son opinion sur Babeuf, dans les termes que nous rapportons ci-dessus, il ajouta même : « Babeuf était à peinç coupable. >
qui avait osé demander du pain pouf les déshérités ; c^est l'œuvre de Carnot et de Bonaparte.
Oui, sans nul doute, répéterons- nous ici, Babeuf a dépassé le but; mais il n'y a que ceux qui dépassent le but qui font faire un pas à Phumanité.
Ses exagérations même se justifient par l'époque où il vivait, et par les aspirations, pures encore de tout mélange, de sa jeune âme qui croyait au bien. « Ils ont » rame généreuse, disait Aristote en parlant des jeunes ï> gens, car ils n'ont pas encore été rapetisses parla vie. »
Michelet résume ainsi son opinion sur le procès des Babouvistes :
< Les royalistes étaient vainqueurs. Pourquoi voulaient » ils un sacrifice humain ? On n'avait rikw trouvé contre > Babeuf que ses rêves, de vaines paperasses, qu'il avait, » il est vrai, rendues plus sérieuses par son orgueil, ses » menaces insensées.
» Mais un tiers des députés venaient d'être élus, et on » voulut pouvoir dire à ces propriétaires, agioteurs et » autres: Respirez... L'avenir est maintenant paisible et » sans nuage... Ne craignes rien : Babeuf est tué!. . »
Nous ajouterons^ avec M. Henri Rochefort, qu'une « ré- < publiquequi envoieàlaguillotinedesgérantsde journaux » est évidemment incapable d'en supporter une autre. »
En présence de l'exécution de celui quia tant aimé le peuple, nous n'hésitons pas à proclamer que la peine de mort doit disparaître de nos Codes.
Nous Tavons abolie en matière politique» il faut Tabolir en matière criminelle, afin d'abolir le crime Iui*méme.
A cet égard, nous sommes pleinement de l'avis de Rabaud-Larivière, (i) s'adressant à Victor Hugo :
(i) De U Charente, publiciste, ancien représentant du peuple» auteur d'une Histoire de TAssembli^e constituante. Lettre inédite à Victor Hugo, 14 juin i35i, relative à la condamnation de Charles Hugo pour son article sur la peine de morjt. Viçtof Hugo prononça un discours pour la défense de son fils.
fi PO en SQQUnes-Qous donc» monDieu^ pour que cçtte » infâme sauvagerie de la peine de mort puisse être en- > core défendue au grand jour de l'audience ? Oui , la cons- » cience humaine proteste... Le procès restera, j'en suis » convaincu, malgré son déplorable résultat, comme une » preuve saisissante de ia nécessité .d'abolir l'échafaud. >
Non, plus d'échafaudsl
Plus de délits d*opinion I
Plus de limites à la pensée humaine ! .
Quoi ! ce sont des législateurs qui prétendent fixer ces limites, eux^ qui si souvent élevèrent des protestations contre l'arbitraire et les violences du pouvoir ?
La libre pensée est née sur les bûchers de l'Inquisition, et elle a fourni une assez grande moisson de cadavres pour qu*on la respecte à l'avenir.
On ne doit pas oublier que l'flme t^'est si fière que quand on la persécute.
Resserrez TOcéan : il déborde ; comprimez l'âme ; elle déborde aussi !
Il y a, du reste, en toutes choses, une limite au respect. Respect ne veut pas dire servitude, aveuglement, anéantissement de l'individu ; car lorsqu'une certaine limite est dépassée, l'homme doit se rappeler qu'il est homme; et il suffit souvent de regarder en face pour s'indigner : nous plaindrions un pays où nul n'oserait lever la tête.
Loin de comprimer la pensée, il faut; au contraire, applaudir sincèrementceux qui ressentent de l'indignation, et qui osent, à certaines heures, jeter le gant à li^face du bourreau ou du despote I Les peuples et les individus qui ne ressentiraient plus l'injure, seraient des peuples et des individus condamnés fatalement à Toutrage.
Et alors se justifierait ce mot qui a été dit souvent : que les peuples n'ont que les gouvernements qu'ils méritent.
Dans tous les cas, on ne doit attribuer qu'à certaines défaillances les difficultés qu'on éprouve partout à réaliser une réforme.
Il y a lutte éternelle, nous le savons, entre le passé et le présent; mais, sans vouloir rien détruire violemment du passé, 1,1 faut bien reconnaître cependant que les améliorations sont tardives^ et qu'elles seraient plus viteobtenuesj si on les désirait plus fermement.
Il est sans doute de l'essence humaine de toujours combattre.
Mais n'est-il pas vrai de dire que beaucoup de français^ réputés libéraux, ont en horreur Pindépendance chez les autres. Ils la veuillent bien pour eux^ mais non pour leurs égaux, et encore moins pour leurs inférieurs. Témoin^ ce butor de Mirabeau^ qui souffleta son domestique, parce qu'il l'avait appelé citoyen.
Ceux qui ont vécu dans l'intimité de certaines personnalités politiques savent très bien aussi qu'elles sont onnbrageuses, sévères à l'excès, alors que beaucoup d'entre elles ne supporteraient pa3 un quart d'heure d'examen.
Pourtant, il faut dans les sphères du pouvoir, plus que partout ailleurs, de la bienveillance, même avec excès, si on veut être aimé et laisser un nom respecté.
Un contemporain et compatriote de Babeuf (i)a dit à ce sujet :
€ L'homme n*est point né pour être absolument libre, t ni pour être esclave. L'anarchie et la tyrannie n'ont « point leur principe dans la nature.... L'abus du pou« € voir dans les chefs, la révolte chez le peuple, ont donné « naissance aux républiques. »
Nous, Français, nous oublions trop nos promesses.
Des principes, dont on a fait parade dans la presse, dans les réunions publiques, que reste -t-il au lendemain d'une élection? Rien, ou presque rien. Tout cela n'est donc qu'unefantasmagorie prétentieuse, qu'on arbore pour l'édification d'une fortune politique? On se dit de telle caste parce qu'on fonde sur cette prétention certaines espé-
{i) Manuscrits de Dom Gourdin, religieux bénédictin,XVlil^ siècle.
rances. Mais^ vienne l'occasio i d'oublier les origines dont on se fait gloire,— origines si souvent infimes ou inavouables^ — et on n'hésitera pas un instant à faire tomber les siens en roture pour redorer leur blason. C'est là l'origine des alliances entre gens de conditions et d'opinions absolument opposées I Que veut-on qu'il puisse sortir de tels mélanges, lorsque ceux qui les contractent rempliront des fonctions publiques ? Pas grand chose assurément» ou, pour préciser mieux, un à peu près gouvernemental, fait de réticences, et qui, néanmoins, aura la prétention de représenter Topinion.
Après tout,d quoi servent les peines exc^sives puisqu'il est de plus en plus admis que les délits d'opinion ne déshonorent point; puis qu'on élève des statues aux écrivains les plus emprisonnés; puique le nom du plus compromis peut-être donné aux rues de la capitale ; et qu'enfin, sous tous lès régimes, on a vu des hommes occuper de hautes fonctions, alors que leur casier judiciaire était grevé de condamnations pour délits de presse.
On tue à tout jamais le deshérité, qui, à bout de ressources, épuisé, affamé, aura en un jour de cruelles souf* Irances, commis une faute légère contre l'honneur; et on comble d'honneurs ceux, plus riches,plus instruits» mieux éduqués, que les tribunaux ont flagellé et voué aux injures de la foule 1
Liberté absolue, dès lors» aux opinions.
Il ne devrait pas y avoir de délits d'opinion. Tout citoyen devrait avoir le droit de parler et d'écrire, et nul ne devrait pouvoir entraver la pensée. Mais la pensée terrorifie, et tout a été accumulé contre elle ; c'est pour elle qu'on a créé les cages de fer, les bastilles et jusqu'aux cachots modernes.
Certains individus ne pardonnent jamais à leurs semblables devoir su penser et écrire.
Partout on sent l'entrave apportée à la pensée humaine; à la fin les cervaux s'éteignent, et il en résulte un état
social maladif^ qui amène rindiffér ence^ d'où naît rajoor-« nement indéfini des amélioratioos les plus désirables.
Même en France nous sommes loin â cet égard de fa perfection.
C'est un à peu près; et c'est à qui s'écarte qnàntf ri ^agît d'étudier une œuvre.
Les Français^ qu'on dit s! cotirageux^ ont peur de leur ombre, dès que la question sociale est agitée.
Alors, c'est un affolement général^ et les gros mots, niais et injustes; (f anarchistes ^ de socialistes, sont fêtés de toute part, comme un épouvantai!^ à la £eice de qui ose s'intéresser au Peuple^ c'est-à-dire aux malheureux.
On sait bien, malgré tout, qu'il y a au fond de toute société, des misères physiques et morales, phis ou moins fnéritées, — et que ces misères doivent être secourues ; mais on ne veut pas se rendre à l'évidence^ constater le mal et le déraciner.
De sorte que le mal subsiste^ s'envenime et devient gangrène sociale.
Et comme on redoute d'y porter un remède efficace^ il vient un moment oti les couches se soulèvent^ et ne respectant plus rien^ puisqu'on ne les a pas soulagées, brisent et renversent tout sur leur passage.
C'est le flot populaire qui passe, et devant lequel le pouvoir disparaît.
Aller au-devant des besoiiàls sodauz est donc une nécessité de premier ordre^ pour les particuliers et les Gouvernements.
Mais les riches aiment-ils réeUement les pauvres ?
N'y a t-il pas dans leur assistance^ banale ou intéressée,, plus de calculs que d'amour ?
II est un moyen facile de s'assurer des dispositions des^ aisés^ — j'emploie le mot le moins révolutionnaire— * envers ceux qui manquent de tout.
C'est de leur tenir à peu près ce langage.
D. — Duns votre'viHej il* y a* besucoup' de^maimirtux
irfMb
qui n'ont ai un lopio déterre, ni une chambre à eux, qui logent dans des taudie^ suant la fièvre, qui vivent d'une nourriture repoussante^ dont le mobilier est absohuncnt sans videur^, qui li'ont fasnds en six livres de pain d avance, jamais non plus six chemises aeuves, et qui n'oot même pas un peigne pour se décrasser ; lair femme et leurs enfants sont en guenillea... Si on vous demandait de vouloir bien abandonner^ volontairement^ k ces malheureux^ qui sont vos frères, — puiaqa'il&soQt catholiques et français^ et pétris du même limon que vous^ — un quart, un centième méine de vos biens, ou de vos revenus, y GODsenlârie£->BOua ?
R. — Mais de que! droit ? Ce que j'ai est à moi ; je l'ai gagné, ou ce sont les mien^ qui l'ont gagné I
D. -<» Je le veux bien ; mais pour les malheiireux dont je voua parlé) la Société à été plus dure que pouv vous ; elle ne leur a pas permia. de gagner au«<lelà du plus strict nécessaire, malgré an travail pénible ds ta ou 14 heures par jour, sans repos ni trêve, que von s ne soupçonnez même pas.
R. •— C'est possible; mais que voulez-vous que j'y ftiaso.
D. — Que vous aidiez à détruire, sans secousse, cette inégalité choquante, qui fait qœ les unsi ont tout et que lea autres n'ont rien.
R. — - Sans doute en prenant aux uns pour donner aufx aufCres.
D. — Remarquez que je n'emploie pas cet argument' brutal. Je me terne à vous demander^ à vous qui êtes rtcbe^ qni'Ctes éclairé, si vou» pensez qu'il y pas un moyen de résoudre pacifiquement la question sociale, en ramenant un peu plus d'égalité entre les hommes ?
R. -^ Oui, c'est cala, toujours la question sociale, *. D. — Evidemikient, puisqu'elle subsiste toujours.
R. — Est-ce qu'on ne secourt pas les pauvres ?
Di -^ On a fait beaucoup ;^e cierge la* noblesse, le» richesj les peu aisés même, ont . donné et< donnent^
beaucoup ; mai s il reste encore beaucoup à faire^ notamment dans ce qu'on appelle les bas fondsrde la Société. Là, tout est à faire.
R. •» Est-ce que c'est de m» faute s'il y a là des assassins, dés voleurs^ des débauchés ?;..
D. — Peut-être I...
R. — Comment^.peut-étre !
, D. — Personnellement, vous.tenant pour un honnête bomme^ charitable, vous n'êtes pas coupable ; cependant, ne croyez-vous pas que dans une Société soi disant civilisée^ très civilisée même, comme la France, tous les membres qui la composent sont solicïaires les uns des autres ? ' ' -
R. — En voilà une doctrine I
D. — Appelez cela utopie, doctrine, rêve, philosophie) comme vous voudrez;. votre vocabulaire, à vous autresi; Messieurs^ -* je ne dis pas vous^ unités mais vous^ plura^ lité, — abonde en injures à l'usage des pauvres,
D. — Diantre^ ça devient brûlant.
R. — Ça devient tout simplement intéressant; nous touchons, en effet, au but... Je disais dooc que, puisque vous ne voulez pas, vous autres riches, pourvus à satiété du nécessaire....
R. — Que nous avons gagné...
D. — Cela, c'est une autre question : ne l'abordons pas.
R. — Comment ne l'abordons pas. Croyez-vous donc que j'ai volé mon bien ? '
D. — Vous vous mettez toujours en avant. Il ne :8*agit: pas seulement de vous unité,.. Je disais donc que, puisque la plupart de vous autres ne consentent pas à se défaire volontairement d'une partie de ce qu'ils ont de trop,au profit de ceux qui n'ont absolument rien, il faut bien cependant trouver le moyen de faire vivre, plus confortajblement, plus proprement, ces derniers, que la Société tr^ine toujours à sa suite et que pour cette raison eUe repousse de son sein. : .-. .
R. — ' Et que proposeriez- vous pour améliorer la condition de ces gens là ?
D. — Des Lois !
R. — Ah ! ouij des lois révolutionnaires, sans doute t
D. — Certainement, et ces lois là, les plus humaines, les plus justes, disposeraient que le surplus de toute fortune s'élevant i (un gros chiffre à déterminer) ferait retour à la nation..., ou mieux...
R. --> Ce serait Tabomination...
D. --> ... De la désolation... comme au temps de Jérémie, qat en a vu bien d*autres.
R. — On n'aurait jamais vu cela.
D. — Pardon^ cela s'est vu, et cela se verra encore.
R. — Alors, autant nous voler.
D. -— Pas du tout, on ne veut pas vous .voler; on veut seulement que vous (Mirticipiez plus complètement, plus efficacement, dans la seule mesure de vos moyens, à la moralisation du pays.
R. — tlme semble....
D. — Oui, cher Monsieur^ il vous semble toujours ; mais cela ne suffit pas... L'enfer, vous le saves mieux que moi, est pavé de ces bonnes intentions, et elles datent de loin, puisque Penfèr, dit-on, est vieux comme le monde.
R. — Enfin...
D. — Une transaction serait peut-être possible encore; ce serait d'établir une taxe des pauvres sur le revenu et les bénéfices industriels, mais une taxe réelle, qui secoarut les vrais pauvres.
R. — Oh! oh! toujours les mêmes procédés. Prendre aux uns...
D. — Non pas prendre, puisque ce serait décrété par une bi.
R» — Un décret révolutionnaire...
D* — Ne jouons pas sur le^ mots, cher Monsieur. Certainement^ ce ne serait pas vous et les vôtres (jui voferléc çMt loi.
H. ~ Nou9kscodnai8Â(Mi5|ld8loisw. Uyenteutaot... Et de si drôles.
D. — Cependant en principe, une loi est ^expression dû SMtÎQient général -• ; cfest la consécration da woëvl defoos;..
R» «^ • . • Du snffragfe umveraeL « •
D. -^ Cher Monsieur, je Vois que le bat vous- blesse; TOUS voulez bien du suffrage, voua Autres^ mais restreint, si restreint même qu*il &'j ait place que pour quelques uftB...C'ast Ur Pécoeil aux amâiorations sociales... Mais soyez certain que d'autres après tious^ rappelkroat sans cesse, s'il y a lieu, que oe qui est à tons, cooinM ia^rrc, les fruits de ta terre^ Keaut la lomièro;.. dodt étfe * tous.
R. — Nous ne nous entendons pet. «•
D. «^ Laissez^tmoî vous dire nui pensée toute entière : Novs ne nous entendrons jamais ! Le riche ne trouvera jamais qu'il en a assez.. Jamais il ne, vendra ses biens pour les distribuer aux pauvres — comme d'autres le firent au temps de la primitive Eglise. Jamais il ne consentira à fidie la. paix avec Thumanité... Toujours, il y aura anta* gomsmis entre lui et le pauvre.*.
Rh. -*• Qûnc...
]>i — *• Donc, IL. FAUT BBS LOIS POUR ORftjinssR ce qui n^a jamais été organisé. Il faut des lois pourempécher l'immolation, de siècle ensiècle^ delà couche sociale qui grouille 4aosçequ*on appelle, dédaigneusement ies bas-fonds. Il . but des lois pour secourir efficacement ces déshérités, pour faire qu il y en ait moins dans l'avenir, jpour doré, tûQû, Ç|e.q\ke voua redoutez tant : l'ère des révolutions.
R. — : Ici, peut-être, nous entendrions-nous mieux.
D» — Erreur I Nous avons un point de vue trop dHK-
rént. Nous sommes^ vous cft moi, des févoiiaionnérres,
mais à rebours. Ce que je veux^ vous ne le vouleai pas ; te
que vous voulez, je m'en défié. Ou plùtÀt, VOUi né voulez
. pâs^ et moi j je veut. Pour tout df it, en peu âe mots, les
* gnalheuireux n^ont guère à comptét* (}ué sût eor^médMIi*
Voili| en toute sincérité^ — j'en ai &it sooVènf râk*
périence, — f ce qu'on peut tirer de ceux qu'on rencontre dans le monde, quand on veut aborder nettement avec eox la question des pauvres.
Partout^ -^ àde nobles exceptions près — c^estrégplsme^ ou y ce qui ne vaut pas mieux^ l'indifférence.
Cest dire que pendant longtemps encore, à moins de secousses terribles, il y aura des pauvres en trop grand nombre, des déshérités* un bas-fond social, dans lequel le Darwinisme continuera à découvrir ses plus affligeants exemples de la fatalité.
Ceux qui possèdent font sonner asscis haut la supériorité du numéraire, pour que tout être humain soit en droit d'exiger de la Société (i), sa part de travail, de lijberté^ d'égalité, et de l'imposer méme^ au besoiii, aux indifférents et aux malfaisants qui, constamment, s'élè* vent contre le déshérité.
A cet égard, nous dirons aussi : il faut reconstitue^ le cerveau humain, ce cerveau troublé, terrifié, dévoyé par la superstition et la tyrannie. Ce sera l'œuvré principale de l'éducation moderne.
Le mal, en toutes choses, n'est possible que parce que mille individus, témoins du mal, n'ont pas la force physique on le courage d'emipéeher ce mKt fait pâf «n ieul iûdividu.
Noué avons dit dé}à dans un atitre écrit, e€ noua le répétons ici : le jour ou le nègre esclatë osa briséf sa chaîne^ It monde connût la liberté f
En d'autres termes, si les hommes étaient nloins faibles, tnoins lâches, en présence d'un acte illégal, Injuste, odieux ; s'ils osaient protester vivement, éneiE^iqnemeot) lé mal deviendrait à peu près impossible.
mm
^i>Nod6 émettona icije yœu q^e Tassiaunce publiaye d^vknne nationale, et (]ue les bureaux de DienfaisanCe soient semi cfictTgés de ladiauîbuer. Tous autres moyens particuliers, entacha. ide^Nitti ]OÎS.<|tt4i^|nQCit»|K)U«iiiuesoRireU^ieux^pptpaur, eflet de mpln- Elier^aouyent sans controle, une hssuiance qui, p<mt <m emtace^ Boét it^.tiÈ(îqili# - • -. .,. ^ : v'.i '.^ i
Mais, vraiment, à quoi bon se gêner avec des héros de carton !
, lis chantent, donc ils paieront ; ils crient, ils s'égosillent, ils braillent ; mais pas un n'ose prendre à la gorge le malfaiteur qui le violente.
Dès lors, le mal est sur d*une universelle protection; et comme rien n'est contagieux comme Pezemple, le mal triomphe trop touvent du bien.
Cest donc toujours le mot de Babeuf qui revient, en face de la question sociale, qu'elle soit collectivité oa unité : « Qu'attendre de gens qu'un roulement de tam- » bour fait disperser vite. »
Nous savons bien qu'aut yeux de certaines individualités, c*est un crime de travailler pour le pays, d'émettre * un vœu utile; mieux vaut mille fois pour sa sécurité, se soûler, s'arsouiller, que de penser et d'écrire : la pensée, même la plus sage, a toujours porté ombrage.
Et c'est ainsi que les améliorations ont été si lentes à venir.
Que peut-il sortir, en efifet, d'un grain sans cesse piétiné ?
Un mot, qui résume en lui les luttes de l'humanité, domine le procès des Babouvistes : c'est celui d'EG4Lrré.
Il a plusieurs acceptions, suivant qu'on Ten visage.
Nous allons nous efforcer de le définir, en lui donnant la véritable. signification que Babeuf, en son particulier, entendait lui donner.
Ce mot àf Egalité, qui effarouche tant de monde, n*est en réalité qu'un cri de la conscience humaine, instinctif, implacable, qui s'élève, comme un cri de détresse, des couches inférieures de la société, ou tout manque^ vers les couches supérieures, oti tout abonde.
Par conséquent, c'est un cri qu'on entendra de siècle en sîèck*
II 4clot, violent, exigeant, à l'origine de la Révolutioo française; et, dès ce momenty on le voit ç&Sbté, oa ions
lieux» par la gravure^ par It tbéftcre (i)^ par les fétM patriotiques.
Il devient un des principes de cette Révolution.
Plus tard) un décret du r5 août 1792^ obligea les fonctionnaîres à prêter le serment et d*étre fidèles â la Nation et de maintenir de tous leurs pouvoirs la Liberté et l'Egalité, ou de mourir à leur poste.
On croyait alors à l'Egalité^ et on la voulait.
Babeuf n'a donc fait que suivre le courant ; et^ s'il est coupable, c'est d'avoir cru à la parole de ceux qui diri* geaient le mouvement révolutionnaire ; c'est surtout d'avoir exagéré la portée du mot Egalité, qui a une valeur différente, suivant qu'on l'envisage dans un sens ou dans un autre sens.
Beccaria avait dît déjà : < Dans l'institution de la sociétéj les avantages qui en résultent devraient être égaux entre ses membres^ mais il s'y exerce une tendance constante à les rassembler tous sur le plus petit nombre, k placer tout le bonheur et la puissance d'un côté, toute la fiiiblesse et la misère de l'autre. »
Un gouvernement habile devrait s'efforcer d'atténuer cet état de choses, et d'égaliser le plus possible les fortune^ : les masses» en effet, sont tranquilles quand elles ont le nécessaire, et l'excès des richesses aux mains d'un petit nombre d'individus, est un danger permanent pour l'au* torité, qu'elle soit monarchique ou républicaine.
Mais l'aveuglement est tel, partout, que le bon sens a peine à prévaloir contre la sottise commune, et que, dès lors, il semble que la lutte entre castes soit la condition fatale des sociétés humaines.
Il est bien désirable pourtant que la bataille de la vie n'ait pas lieu toujours au profit du plus fort.
(1) S0U8 It Révolution, i] y tvait à Paris le Théâtre de CEgalUi^ fiuxbourg Germain. On y joua : La Fêle de V Egalité ^ par Kadet. Voir le Journal d*Instn^tion publique^ an II, qui en parle longue-» inçnt.
naœ âut biblei, aux paivrm, aux 4ésWrités^ 4ut-<mj romme le demandait Babeuf, prendre légalemeat à ceux qui ont trop pour le donner à ceux qui n'ont rien.
L'Egalité absolue, rêvée par certains Babouvistes, et qui n'est que Pexagénition de lapins sublime des doctrines humanitaires^est absolument impossible, mais rEgàUté relative est possible, très possible même, nécessaire dans tous les cas.
A ceux qui prétendent que cette ^lité relative sertit destructive de toute émulation, nous répondrons : c'est vous qui rêvez; vous n*avez que de la dureté de couir; vous voulez toat pour vous; nous voulons, nous, tout POUR TOUS. V<nlà la ditEfrence en tre notre système et le vôtre.
La révolution de 1789 a appris à nos devanciers^ ce qui advient malheureusement^ quand^ dans une société, les conditions de la vie sont par trop inhales. Ceux qui viendront après nous iront plus loin que leurs atnés^ si d*ici là on ne parvenait pas à améliorer les bas fonds.
Lorsqu'on approfondit des questions controversées comme celles-ci, on est tenté de dire avec Mercier {Tableau de Paris) : c'est en vérité un malheur d'avoir lu rbistoire I
Malheur, en effets à l'homme lucide. Voir trop yuste esc fatal à qui vit au milieu d'une société d'indifférents et de malfaisants ; et c'est ce qui augmente la puissance du malj et en assure la perpétuité.
Dans toute société, si parfiiite qu'elle soiti-il y a fatalement une proportion de mal, mais cette proportion pour* rait être diminuée si on le voulait résolument ; trop sou** vent^ on ne le veut pas.
Il ne fait pas bon, non plus, de voir les idoles politiques de trop près. 11 vient même un moment oti la conscience humaine, se révoltant de leurs actes, on éprouve le besoin de les briser. C'est ce qui justifie Babeuf de ses tentatives contre le Directoire. On comprend à merveille que cet homme loyal, intègre, juste à l'excès, n'ait vu lésa-
— — — — i— ^— — wi— ■ ■ ■ I " "... J,"!TT— f^
luit *m pMplçqnfi d^m k ii»TOf«fflBMt .^^ pqarq^mM qai prétendaient étouffer à leur pii^fit 1^ .{lévçlijitionj 4f laquelle ils étaient tons partis I
M. Haeckel^ professeur de l'Université d'iéna^ «et Tun des plus célèbres Darwinismes contemporains a pofé im jour ce principe :
« La théorie de Darwin établit que dans les Société» humaines^ comme dans les sociétés animales, ni lesduoits, ni les devoirs, ni les biens^ ni lesjouissances des membres associés ne sont et ne pourront être égaux. Tout homme politique, intelligent çt éclairé, devrait préconiser le Darwinisme comme le. meilleur contre-poison des absur Jes théories ^alitairçs.Le Darwinisme est tout plutôt que so>cîalisipe. Sa tendance ne saurMt être qu^aristocratique. La sélection des élus est li^ à la défaite ou à la perte des concurrents malheureux qui doivent nécessairement être sacrifiés. »
C'est à dire» que la loi le l'univers., le principe d'évolution, repose, d'après Darwin et ses continuateurs, sûr te concours simultané des quatre influences suivantes : — ^ La lytte pour la vie,— l'altération ininterrompue des types primitifs, — la transmission héréditaire de ces modifications aux descendants, — et enfin la sélection naturelle, qui est Texpulsion obs êtres inférieurs.
Un bonune de talent, M* Enule Qaui^f, a contesté dans une brochure intitulée : \t Darwinisme s^M^ cette abominable doctrine qui ne tient comp^ iji dc^ #%pifalions des peuples, ni des besoins maténeladesiodiyi^u^j ni de cette autre loi de Tunivera, qui tend à tout pff (eiç-^ lionner. Dire avec le^ Darwinistes^ quo 6i 44f^\U 9st toujours méritée^ et que ^Uy ^ àe$ exploités^ c*est qM^l». sofa exploitables, c'est attenter aux droits les plu3 ^c^M de l'humanité, qui veut que tout se pcriectîoane»
M. Jean Richepin, dans le Gil Blas du 25 octobre 1882, a très bien analysé et avec une rare impartialité, la igoureuse riposte de M. Emile Gautier, qui veut, lui^
sobitituerftte lutte pour Fêxistênee,T aide pùwr Vexi^ tence, et a démontré que :
i^ Si cet doctrines sont fausses^ mauvaises, dangereu* ses, au moins est-il nécessaire de les pénétrer pour les combattre ;
2* Si, au contraire^ elles sont sages et vraies, si seulement, elles contiennent |des parcelles de vérité, il ne faut pas qu*elles restent ignorées des hommes de bon vouloir.
Les penseurs ne demandent pas autre chose.
Ils proclament simplement le droit du libre examen.
Les itres inférieurs, dont parle Darwin, seraient, dans tous les cas^ en moins grand nombre, si l'aisance et Tinstruction étaient plus générales ; et à cet égard il faut rsp* peler ce mot de Thonnéte Necker : < L'inégalité des lu- 9 mièrcsest la suite inévitable de l'inégalité des fortunes. >
'Doute-t-on, que c'est la misère héréditaire des mêmes classes qui peuple les prisons? Ne pouvant s'élever, faute d'argent, faute d'éducation, faute d'habits et même de souliers, le bas peuple finit par subir l'influence dts mauvais instincts qui germent si aisément là ou tout manque; et il s'avilit, jusqu'au jour où, n'ayant plus conscience du bien et du mal, voyant qu'il est abandonné de tous, que nul, — > si ce n'est de généreuses femmes et de vertueux prêtres, — ne lui vient en aide efficacement, il s'attaque enfin, avec le fusil, à la Société d'oti il est sorti et qui le rejette de son sein.
Les secours^ si abondants qu'ils soient, seront toujoun insuffisant! pour relever, moralement et physiquement, l'ouvrier dégradé par la misère.
Ce qu*il faut chercher à réaliser^ c'est une plus équitable répartition de la fortune publique ; c'est l'amélioration, sous toutes formes, des classes déshéritées, que la Société tratne inévitablement à sa suite.
L'écrasement des multitudes, affamées par l'excès des richesses réunies en certaines mains, est tel dans quelques pays, qu'elles n'ont plus même la force de gémir.
iMW
En Angleterre, notamment^ des familles ont jusqu'à 25 millions de rentes en biens fonds. Or^ comme l'a dit très bien un écrivain démocrate (t), « que reste-t-il aux 1» autres hommes dans une pareille organisation. »
En France, nous pourrions citer fiussi des familles, dont les fortunes colossales remontent à plusieurs siècles^ et sont le produit de vols d'État et d'expéditions militaires.
La révolte, à certaines heures^ est donc de droit divin, et nous pensons à cet égard^avec Mably, que « la doctrine » la plus contraire aux bonnes mœurs et au bien public^ 3» est d'inviter les citoyens à ne jamais opposer la force à > la violence. »
Si) constamment, cette question de l'Egalité éveille, sous les formes les plus diverses, les méditations des Philanthropes^ c'est que tout démontre que dans potre Société^ qui se paie si souvent de mots, l'habit fait presque la différjence entre les hommes. Beaucoup de personnages en vue, dans le clergé^ l'armée, la magistrature, l'admjtlistration, ne doivent leurs succès qu'à leur tenue, qu'à la beauté de leurs chevaux ou à rezcellence de leurs dîners. Atténuer cette inégalité d'origine^ qui sacrifie les uns aux autres^ est donc une nécessité de premier ordre qui s'impose au législateur. Dès lors, tout ce qui tendra à assurer une égalité relative entre les hommes^ aura pour effet d'arrêter le flot révolutionnaire qui menace TEuropc'
Nous ne nous dissimulons point la gravité du redoutable problème, soulevé depuis tant de siècles, pour l'extinction du paupérisme, et un moment rêvé et entrevu par Babeuf. Nous savons que la violence est mauvaise conseillère, et nous la repoussons de toute la force de notre âme, quand elle n'est pas indispensable; mais nous le demandons à tout homme qui a souci de sa dignité : Que faire pour améliorer la condition des plus déshéri-
(1) U droit divin de la Démocratie, par Th. Vibert. i88i.
1^ ?M. Cad la question qui» nécessairemeat» sfi posa à ^cune àe/i pages de ce livre impartial^ ^crit sana pai-. tiooi po^r le seul amour de la justice et de rbumanité.
Les opinions en matière politique tiennent sartout au milieu dans lequel on vitj de sorte que suivant ces milieux, on naît monarchiste ou républicain. Supprimes ces milieux disparates et remplacez-les par un milieu unique^ oti tout soit la représentation directe d'une idée unique, supérieure^ et au lieu de compétitions» sans cesse renouvelées, vous aurez une véritableémanation de la souveraineté nationale. En d'autres termes, moins il y aura de Castes, plus l'Egalité sera parfaite entre les hommes, moins la lutte pour l'existence aura de conséquences fâcheuses^ et moins aussi les gouvernants auront à craindre les Révolutions.
La. France de l'avenir a soif d'Egalité; et c'est en vain qu'on s'efforcerait de détruire cette idée en la présentant sous les plus sombres couleurs : l'idée fera son chemin comme d'autres idées outj dans d'autres temps, détruit k féodalité et les privilèges.
Assurément, ceux qui, mus par un sentiment supérieur d'humanité, réclament comme nous une plus équitable égalité en toutes choses, n'entendent pas certaine égalité doctrinaire, mathématique^ qui ne tiendrait compte ni de la force, ni du talent^ mais une égalité relative, plus con« forme au vœu de la nature, et oti, pour mieux préciser encore^ tout ne soit pas en haut.
Il faut tuer la misère ! car la misère tue les plus nobles instincts.
Ne rien voir^ ne rien dire, ne rien désirer, trouver que tout est pour le mieux^ que Ton peut être encore ce que l'on a été déjà, qu'il n'y a plus de malheureux, que ceux qui manquent du nécessaire sont des. bandits dont la société na pas à s'occuper, tel est le langage qu'on entend dans certains milieux.
Les riches veulent bien de Y égalité des charges, conmie
en matière d'impôts, par exemple^ naît il^oe veuknc pas de Pégalité d^s^ynntugc^ sociaux.
Dèslors^ da rnooiçat pti i^ux jtreij vfui|int 4 la vie^ a^ont point la mêmi» part aux frui^ d^ la terrcj doit*on lenr imposer les mtoes charges ^
L'égalité existe peut être devant la loi ; à coup sûr ellp n'existe pas devant les hommeç.
Uhomme est dur à l'homme, et deviei^t insatiable à mesure qu'il s'élève.
// jr aura toujours des pauvres^ c'est vrai ; mais il faut tout faire pour qu'il y en ait le moins possible.
Qu'importe au pauvre déguenillé qu'un riche insou* cîant lui dise en passant : Que le bon Dieu vous bénisse I Un peu de pain ferait mieu^ son affiiire.
C'est ce peu de pain qu'il faut lui donner, en enlevant^ toujours légalement^ la part du pauvre à qui possède du superflu.
Il Cauty en un mot, qu'ici-bas, to^t être humain ne souffre plus la faim^ qu'il puisse vivire^ e^ qu'un jour il puisse mourir sans maudire la société qui l'a sans cesse rqpoussé.
La société, h^las ! faif peu de chose pour l'homme ; à qui manque absolument de tout, elle jçtte bien, par ci parla, mais avec dédain, les rognures de ses festins; mais en définitive,elle ne lui vient pas efficacement en aide. L'Etat^ lui-même^ la Patrie, en un mot, cet être invisible^ qui exige tout, ne fait pas assez pour les déshérités. Il enterre gratuitement, c'est vrai encore, celui qui n'a rien, mais parce qu'il y a danger à laisser pourrir des cadavres dans les rues ; en réalité, qui n'a rien, n'obtient . rien.
Si l'on compare ce qu'exige la société avec ce qu'elle donne, on trouve que la proportion n'est pas égale; et pour connaître la valeur réelle de la société, de cette so« ciété que les Joseph Prudhomme de la politique ne manquent jamais d'invoquer, il faut tout simplement avoir besoin d'elle. Oh ! qu'alors on la juge bien 1
Qui n*a rien^ n'obtient rien.
C'est ce qui soulevait l'indignation de Babeuf, et le portait à jeter si haut et si loin, ses clameurs contre l'organisation des sociétés. Et ce qu'il demandait ce n'était pas le bouleversement de toutes choses^ comme le disaient ses ennemis, pleins de vin et dorés surtoutes lescoutures, mais un bonheur général, peut être un peu trop égal pour tous, qui ramenât les hommes à la nature et à la vérité.
Ce que Babeuf n'a pu obtenir des hommes de son temps^ l'avenir se chargera peut-être de le réaliser par d'autres moyens.
Chaque jour, en efiet^ nous apercevons des tendances à une meilleure répartition des richesses. Chaque jour^ dans tous les pays, s'élèvent des cris de pitié en faveur de ceux qui souffrent. Oui^ sans doute, les sociétés sont bien gangrenées, les puissants sont bienindifférends; mais malgré tout^ rhumanitéouvredessiUons nouveaux aux générations nouvelles, et tout indique que Tavenir se présente pour ceux qui viendront après nous, sous des aspects moins lugubres, grâce aux progrès delà solidarité, grâce surtout aux efforts du peuple lui-même, quij comprenant mieux ses devoirs, a plus de droits à avoir sa part au banquet de la vie.
L'essentiel c'est de ne pas se laisser duper par ceux qui^ devenus riches ou riches de naissance^ ont la prétention de diriger les autres.
Trop de gens, à morale douteuse, figurent dans certains comités^ pour croire qu'ils aient uniquement en vue l'amélioration sociale de la classe ouvrière. Leurs récompenses sont la glu avec laquelle ils escomptent une candidature; c'est pour eux plutôt qu'on devrait fonder des prix d'encouragement au bien. Ces gens là déroutent absolument ceux qui, étudiant le droite croient aux prescriptions du droit.
Aussi n'y a*t-il aucune mesure à garder dans ses ri-
postes et ses revendications^ quand on se trouve en présence de pareilles individualités.
Du reste, ce n'est pas en haut qu'il faut chercher la perfection; nous croyons même que pour parvenir il fautêtre peu scrupuleux, ce qui revient à dire avec M. Renan : c II ne faut pas être trop pariait. » Nous avons vu réussir beaucoup de gens que rien ne recommandait aux délicats ; et des gens qu'on aurait houspillé, si les tribunaux s'occupaient de certaines choses, ont gravi l'échelle sociale avant les plus méritants^ malgré le haro qui, de degré en degré, s'attachait à leur nom.
Nous ne nous faisons, du reste, aucune illusion, et nous savons très bien que les hommes politiques sont généralement oublieux dti services rendus, surtout quand rhomme politique, ce qui arrive souvent, n'est qu'un orgueilleux sans talent;
Il faut violenter pour obtenir.
On a beau regarder le ciel, et soupirer ; le mal est sur terre; c'est sur terre qu'il faut chercher le remède. Il est parmi les hommes ; c'est aux hommes à l'anéantir. Et ils ne le pourront qu'en voulant fortement, qu'en se coalisant contre ce qui est mal, où sinon on en. sera toujours réduit à crier comme les Polonais : Le Ciel est trop haut !
Il est pourtant si facile d'améliorer et de donner satisfaction aux intérêts. Il suffit pour cela d'un peu de bonne volonté, d'un peu de zèle, et surtout de beaucoup de cœur.
Ne pas toujours vivre de récriminations contre le passé; croire que nos devanciers ont eu à lutter contre mille difficultés qui nous échappent ; honorer même les grandes figures qui ont illustré nos annales, et n'avoir que l'ambition de les dépasser dans ce qu'elles ont fait de bien, voilà quel devrait être le bilan de l'avenir.
On peut convier à cette lutte généreuse tous les hocnmes . de bonne volonté*
Assurément, il y aura toujours des mécontemaj des
esalt«s, des violents mâme I Ce sont peut-être ks plus bibles à contenter.
Aux consciences révoltiéeii il ne faut souvent qu'an peu de bettme po«r les guérir.
Cest à nous tous, hommes de devoir et d'initiative, à répandre ce baume autour de nous, sur ceux qui viennent nous confier kur passé, leurs luttes» leurs espérances déçues.
Et puisque pour tous la vie est semée de vkissitudes^ c'est en rekvaal ceux qui tombent ou sent tombée en les secourant^ en leur montrant le droit chemin et k réhabilitationj que nous aiderons à en faire de bons citoyens.
De k bieovdUance donc envers tout le monde» du cœur» et beaucoup de cœur surtoilit dans les divers actes de k vk, et nous serons toujours k giande Nation, un peu turbulente^ un peu hâtive dans ses aspirationsy mais au fond» libérale, courageuse et généveuse pour tous.
En£d que tous aient un peu» et k char de TEtat n'en ÎM que nûeux.
Lee rapports entre k pouvoir et k pôpuklmi^evnlient êtte plus fi^aents^ plus intimes.
Les préfets et ks sous préfets vivisAt trop à l'écart; les ministres, difficilement abordables» savent rarement la vérité.
Au dessous d'eux, un personnel isolé des fbnks^ empêche aussi U vérité d'arriver an pouvoir ; pérsoûnd» du reste» générakment réfractaire aux idées nouvelles, tt dont le cerveau, à force d'être comprima se désintéitsse Blbsolumeni de la plupart des questions du jour.
Dans quelques uûs de ces milieux ofikieis» rodvricr n^p'lKiraft même jamais qn^au travers les vltrei d'un eateiret; là, on refuse toujours à croire qu'il y a une question sociale.
Et cÊpendatit» à fores de s'éloîgacr dés fauiesi oo^ finit par ne plus être de son temps; et» un jouir» sat»steshAii6r^ en mdtkmàt par elkii
^Arik
On le disait dès 1791, (i) à l' Assemblée nationale :
€ Toute bonne législation doit tendre à rapprocher c autant qa*il est possible les extréines ; à ne souflrîr ni » o^nleiice, ni misère; et, dès tors^ on ne peut attendre » ce but, qu'en multipliant les obstacles contre la pente » naturelle qu'ont les richesses- à s-accomuler dans les » mêmes mains. »
Nous n'irons pas aussi loin; mais, reprenant la dèrnièie partie de ce paragraphe, nous dirons aussi qiie nos lois doivent tendra â refeter sans ctsàt stir les déshâritflaleaop plein de la richesse des opulents.
Voule2-vous ff que les lèfs soient respectées ? Faites » que les dtdyens les aimeht ; faites que chaque individu » trouve son bonheur partictdiet dans le Bonheur géfié- » rai ; ne lui iitrposez pas des devoirs t^op pénlMes^ rie » contraignez pas sa volonté par de^ ^égleiikents tnop rihn goureut... Non, rte vous flattez pas qu'une loi dure 1^ puisse jamaist>btenirl'àfmbtii' etterespeetdesdtoyetla.*
Cèta- ne veut pas dire qu'il fisiiUe toiqoors combattre latttoritéé II fiiut a» contraire la soutenir, la consolider, mms aussi la diriger; et à l'invcrae da ceui qui invoquant toujours les anciens, distinguent dans la aatlioa. Je peuple, '-^ cfèst^Hiif e lea citoyens propriéiaîres, «*- de la multitude^ ^ c'est->à«^re des tùariniers d'Athènes, des botelietfs de Ténédôs^ des brocanteurs d'Egines> etc., nous âroyoM que c'est à la nation, sans castta^ à, dirige^ l'action des pouvoirs polies.
Pour atteindre ce fésûhat, il snf&t d'iaculquer à la jeunesse lè ràspeot 4u droit et ds l'autorité, deux choses qui semUent contraires, mais qui doivent aller de pair.
En uniformisant le plus possible les leçons pour toutes les écoles,on réalisera le vœu patriotique émis en ces termes.
(t) ÏMscourt surjet inégalités gui^ dans les successions, sont Veffet de là votoTité dé TMi^pàt Stint-M«rtin, député d^ l'Anlèche à TAssemblée Nationale ; 4 avril 1 79 1 •
dès i83i, par M. Cousin : « Egalilé de ^instruction dans x> les classes inférieures; identité des habitudes intellec- » tuelles et morales ; unité et nationalité. x>
Mais, de même que « tout pouvoir doit-étre réduit à » de justes bornes >, il faut sans cesse se souvenir de ce mot, si vrai de Descartes : « Je veux avoir recours à l'auto- » ritéy puisque la vérité est si peu de chose quand elle est » seule. »
De part et d'autre on serait fort si, loyalement» on exécutait à la lettre ce principe de Bonstetten : « Je n'ai < vu dans la liberté que tous les hommes réclament que « le développement harmonique de leurs facultés. »
Ce développement harmonique des facultés humaines nul ne le veut malheareusement ; et c*est toujours Todieuse doctrine de Darwin qui prévaut en face des so« ciétés : le fort détruit le faible i
Nous sommes pourtant, comme l'a dit Pierre Leroux^ entre deux mondes, « entre un monde d'inégalité qui » finit et un monde d'Egalité qui commence. >
Et la Démocratie proclame « le mérite personnel ooaune » base de rém^^nération, et Télévation du ni veau matériel » et moral de la masse comme but (i) de^ sociétés mo- » dernes. »
Nous dirons encore avec M. Thoré (2) : «On peut » contester la plupart des idées et des formules de Técole » égalitaire, mais ce qui demeurera et qu'on ne peut dé- > truire, ce à quoi il faut satisfaction, c'est le sentiment » de TEgalité et de la. solidarité humaines, le sentiment » de la Fraternité, le sentiment d'une répartition selon » la justice, le sentiment des droits et des devoirs. »
Toute la doctrine de Babeuf est dans ces quelques roots.
(i) V Economie politique et ta démocratie. Discours au Collège de France, par H. BaudrilUirt. i86a.
(aj La Vérité sxr le parti détmcraîîqiu/e,' fitris, 1840, br. in-S, page 27. i ,.
LaSociiri^Gt un autre mot jwnwdQQt on a abusé depuia Babeuf. ■■-—■'..--
C'est le grand dada avec lequel, à chaque projet ^é r2- Eorme, oa épouvaote \fs f)Qpul«tion;, .
, L'erreur sur Babeuf^ & prfipôsAe cts mon;, ^Qkuii, Société, PaiiT(We, est faci}c à «plit^cr.
La Directoire voulait l'aaéantisseipeilt M '^frlhun, du ' peuple^ ti, pottrypanr«Dicil Ëïifai]t^6KK$AtT<ûiiiÉnt^n£aa-; tiraoB rWaeteur.
Dès lors, quand la police descendit dans kt bff nap dfi f^ journal, elle y trouva, comme elle le prévoyait peut-être, des documents de toufe proveMAcei tlokna, : tjkmOfs, notamment le Maniftsit in É^MUc, qui ck -ds iSjrHaiir Marëchalfinaisqn^oii Bftribua méchatatiient, odlMaalBcAt, A Babeuf, qui en répudia toujouitefeitklflts'dKtiSaea*' ■■■
Anichés sur tous les taùn At M Fràifde ft «il aombvf immense d'exemplaires, ces doeuirteats fiz<b*u1'opiaieil> lur Bab«uf. Dès ce montent U fut l'hppipv. exécrable <iue l'on sajt.
Plus tard, on di^ribua partout également ^e bûres fi violept) de* accusateur^ iiaiioaauz; n • garda bieqi de diatribuisr a^ssi les défenses 4ts de sorte qu'il futon ne peut plus j^ile de ffw ■Men, surtout en un tempf tfo^tdé à l'cf «és^^n celui du Directoire.
Et c'fat ainsi qu'aujourd'bui fioco/fi, àmf 1^ , petites KadémÏH de province, où ^ y a plus de nia^s qûç ^'érudits, Babeuf apparaît toujours avecuoeourég^e çs ^à°S et Ritpe fses a^t^g^iû fo^t^feqbler ceux ^i jveuleqt^ieii tren^ler : KGAHTjit, Société, PjUïM*.
Cest bien pour ces gens là qu'il faut toujours répéter, puisqu'ils parats|enc,toujqur9rj[gnerer,<}ueBabenf n'était pas un révoliitioanaire sanguinaire; et pas plus que Roueseav (t) et Voltaire, çue l'on cije toujours cofiimé
{t; V(»r notuament : J.-J. Rotatêâu ârittocrtàt, 7«ir, i-jâit br. in-8.
•ta
précurseurs dé la Révolution^ il nVn eût approuvé tous les actes^ sMl avait pu exercer une influence salutaire sur les événements. ' *
Mais Içur ignorance^ qui est très grande^ n'égale pas encore leuf mauvaise foi, qui est sans bornes : à cet égard, iLn*y a.ric^i df bon à attendre d^euz^ et qui voudra, sans preuves/ aveii passion, calomnier bruyamment Babeuf sera cér^in ^'obtenir rûnanimité^de leurs suffrages.
Il, en est i^insi^ du reste, parmi eux, de tout ce qui est id^ moderne.
:âitidit: çf$i4ée^ 14 troubkot les populations; vous
VDiiMs'^Qilc.^ésorgaiiiser U société? ■ (
.;ÂittlfrfMOsr^H>ndpni(::^ Société p'a iamais été organisée;
donc^.eHesehi.saa^ cesse perfectible ; et ç^est l'améliorer
qoédeMohercber les* moyieni; d'apaiser les ferments de
dtscoidc'qui.fub4ist^:f9at.^leriKUement dans son sein.
Ce gros mot : la Société / dont on a tant abusé
jadis, n'est, plus de mise aujourd'hui; il faut le réléguer, à tout jamais, parmi les accessoires théâtraux de la politique, avec Joseph Prudhomme^ si ce type grotesque existe encore réellenient'ld oh l'on* pense et oti l'on agît.
Il ï^ixi sun(mt se nié/ier ides écàhomistts^ comme IVi très bien dit^ M. Ôudet, 'au Sénats dans la séance du 39 novembre 1 883. -^ .
"^Cë^tontdes fai'cenrs ddnt'ld lumière est' trompeuse, et qiii se ^guréiït qu*uhè questbn îsàciale peut tenir dans une formule algébrique. ' '
No'us, nous né rédamons pâi des tbotar^ mais des actes, et des actes sérieux; qu? àieht un iendeïiiaifi et des résul-: tats.. ' • ' • I •
Avec M. Edmodd Mâgnier (t), ttous répéterons conttamment ; . .1. ,. . .
c Né pas déclamer, niais agir^ mais ex péri menter^ mais
(1} Bpéitement, du 19 août i8âa«
f45ij>
Mt^MMMMB^MMMMM
améliorer sans cesse, mats réformer point par point i mais élever gradaellement l'humanité vers un idéal plua par dupe condition plus heureuse : Tel doit êtrb lb but 0b
Uài SOÇtOLpOIfi ICODBRNB, QU'bLLB S0(T BOUGB^ NOIRS OU TRI- COLORE. »
Presque tout le ^enre humain^ disait Laromiguière, vit en Société, et il c vit malheureux, parce quQ ses droits » sontjoublîés ou méconnus. Il faut lés mettre sous ses » yeux .pour réveiller en lui le sentiment dç la honte tt » de l'indignation. Le spectacle de sa misère et de son » ayilisseihentjûi donnera peut-être le désir de repren- » dre. sa dignité. ».
' On. fan sôànisr bien haut, disait aussi Babeuf^ le mot respect des propriétés!... 5 De quelle manière, ajoutait-il, lès seigneurs sont-ils parvenus à se mettre en possession de toutes les fichèssesfoncières?— Par usurpation... Aqjôurd'hui que^' sui vkht' lé droit naturel/ (es hommes, en naissant^ doivent tous jouir des mêmes avantages, pourquoi né revient-oA pas cbntre'cette usurpation ? — A Rome, au temps de la République, toujours les IPlébéins demandaient lé partage* égal" dés- ter?e^, * et toujours lés Pittiîciéns's'y bpikwaieht; ^-^ 1 .«./-. i^ ** --
Il faut respecter les propriétés^ lui objectait-on.* Mâir, i répliquait fiabeuf^ € si^ sqr vingt-<]uatre millions d'homdieSj il s'en trouve qiiih;^e qui n'âietit aùc un€ 'espace ae j5fôpnéfé^ parce quèieVrféuffaiillidhsrfestaiït'ii'ôilt|)D^ ' respecté assez leurs droits, pour leur assprer méinèW'' àôyfei'dé conserver rèxi^terfce,' iV faut dortc "que l^s qiiiiizéiuÎHSpil's se'déélaant à pttîràt fSiih/pduî' VÎMtLt'^ dcrïi^uf,^en rècSrinSissance de ceqû^ls lès ôitt fttâîeriyfit ''
dépouilla ?:.>;'' ^' ^ -i ...,.-•-..' . (l'j
^ lU'àé ^fAéà'iAéïérit i^ail ; et il 4' vîiudrait ' mieux pdaf*- ' tant, ajoutait, avé: t^iiiôn Biibéiîf, que ^ la: classé opt(-^'''
, . i . ' .1 fil h • i » . • . .. j ' » ' . ',
Manuscrir inédrt de notre bibliothèque. Il cpnunence ainsi : « Des principes de politique ne sont^pa9»isft''if7rfréHîi dih^pWiidepolM^tsiEr. t
l«fiCe.8*ei<cistiC eaver» tes malheureux de boaae grAce que d'attendre kor dcMSfotr. »
ClMt aiAsi que Bahéût, hâtrdé ^r une ki^tie iffipi^ tojràbU, posait la qtsestlon Mcklè aux pûiésatîM du Di^ rectoire.
Nôuâ avons dit ce qu'il faut dégager de cette docthd^ qui n^avait tû vùè que le i>obheur de tous.
Lès reprises de fiefs exécutés violeàuhént sur la noblesse et le clergé, dés les origines de là Mônarcfile ; la refonte dés monnaie3, ordonnées si souvent par lés souverains ; lés lois révolutionnaires qui déclarèrent domaines nationaux les. biens du clergé et des émigrés, ùé soiît pas autre chose que Tapplication, sou§ une forme particulière, dé la doctrine de Babeuf, on prenait où il y avait» pour en faire profiter, comme on pouvait^ le gros de fa nation, bu ittéme d^aûtres privilégiés, peu fortunés et avides de resàourCeft •
'Maià de que peut faire un souverain^ un publidste h^ pas le droit de lé désirer.
Les prqfiiewrs de ÈAfctidion, comme les cf»felaic Camille I^moulins, s'inquiétaient biea de la misère d« peuplai
On a vu^ plus Wut, comment les' pauVres gens étaient iqgés^ aU siècle dernier^ dani le faubourg Saint-GilIes, dej^o^re. , .^
QuieJiq|ue clouloifr^iis^ que st)it cette constatation^ nous ne pouvons nous empêcher de nous demander ce que
^¥?)^/^T?^^»>^^'^^J^"^*^ en présence de Tagglomération parisienne ou 2^225^000 habitants vivent^ eatassés^ sur un espace de 7^P^ he^ taresji qui ne donne d chaque habitait que la possession de Î4 mètres.
A la vue de cet encaquetnent humain, le cœur saigne^ etj avec BâbéuT, oiï réclamé dé Fàir et plus d*éspâce pour tout œ iiottée qvû^f6UAw,qulp«iâe,«aBBaf|bkpos^ dî ébîifecîaïîlé iét 44 ^«*^t)ré.
Mais on Ta dit (i) et c'est peut-être vrai : « Le Français et le Parisien feulent des institutions » et etnprdnteht volontiers des mœurs démocratiques, » mais, au fond, leur tempérament et leur imagination » fliont profoédémenl aristocratiques. »
Il suffit pourtant de visiter des logements d'ouvriers, de petits commerçants ou d'employés, pour être convaincu que la Société est mal organisée : privées d'espace, d'air et de lumière, des masses d'individus maudissent le propriétaire du sol, dont les exigences croissantes anéantissent ià &mille et Tindividu.
Que ceux qui ont tout à satiété restent Indifférents en présence de ce tableau navrant de lliumanitéj ïibre à eux : leurs descendajits payeront cher cette indifférence. Nous, nous affirmons qtxe tèut être humain a droit à plus d*espaceetà plus d'air.
On en était autrefois an socialisme des mots. Nous craignons qu'on en arrive au sbcialistne des faits. On ne veut plus de mots, on veut des actes. On ^ut la ^e plus facîfepour tous; et, dès lors^ la plainte s*étend au point de devenir un véritable acte dé résistance.
La question des loyers surtout, dont nous venons de parler^ est grosse d'éténements pour l'avenir.
Non, il n'est pas possible d'admettre qu^en certaines choses on puisse user et abuser de la propriété.
Non,iln*est pas possible d'admettre, dkins" notre Société mode? tie^ que des milliers dé fiamtltes ne puissent se loger que dans des tandis Infecta, privés^ d\ir et de lum^àfie ; le bouge fie produit rioa M bon.
A cet égards il y a quelque choses à faiee^ at il :fottdf» If faire.
C'eat que» partout, le capital écrase le cjéslj^riié. .
Partput le possesseur est l'oppresseur.
Entre Texcès du mal et une juste mésurç^jljl';^,a^^^çç
cependant pour une loi libérale» qui réglerait les conditions d*usance de la propriété ; et cette loi s'impose, de plus en pius^ surtout dans les grandes viUes, par Texcis même du mal.
On ne travaille plus que pour le propriétaire : voilà le mot qui. retentit partout comme une prière et comme une menace.
Ces mots là, sont le précurseur de catastrophes^ qu'il faut à tout prix éviter, par un accord plus parfait des intérêts des uns et des autres.
Les bonnes lois> du reste, comme la bonne politique, doivent être faites de transactions mutuelles.
Voyons f Irlande, agitée, secouée dans ses fondements, et qui menace les iles britanniques. L*Irlande^ disait un puT/« Figaro, — 6 septembre i88i — >< tient la révolu- « tion par les pieds et par les mains ; elle ne la lâchera « sous aucun prétexte. > Chez elle aussi, c'est Timpossi- « bilité devivrequi la fait se révoltercomre sesoppresseurs « séculaires. Le vol, l'assassinat, le crime, seraient-ils de- « venus le pain quotidien de ce peuple qui rarement, en « met d'autre sous sa dent ? — Cela est trisie à constater, « mais cela est ; et dans une proportipn dont les récits « français ne donnent qu'une bible idée. En réalité, Tir- « lande est le théâtre d'une lutte acharnée, impitoyable, « entre propriétaires et fermiers, lutte dans laquelle ces .« deroi^rs ont facilement entraîné, à leur suite, tous les « pauvres, c'est-à-dire le pays entier; car, TIrlaudb
K n'est PlIBSqjUB PSUPiiS QUB DB MALHEUREUX. »
Que dire après ce tableau navrant tracé par le principal journal des boulevards ¥
En Russie le nihilisme menace la couronne de Tzars ; en Suède, là question agraire est presque à l'ordre du jour ; à nos portes, en Espagne, la révolution a de puis- 'sante^ assises.
. Partout, sauL en Orient» on sent un mouvement qui pousse l'humanité vers de nouvelles destinées.
WtmmÊmamm^mÊ^a^mmm^mmamtmmmmtmmm^m^mtmmmm^tmmm^mmirmum'm^immtm
Peut-être lui seront «elles fatales ?
Ou ne peut en présenee de l'inconnu que constater l'état des choses.
Aussi, le Figaro qui a, parmi ses écrivains^ des hommes de grand talent, a-t^il dit un jour (9 mars 1882) :
« Quand l'homme en arrive à quitter son travail il est toujours, par la force des choses^ monté, irrité, violent. On ne peut pas demander à des ouvriers en grève, qui. peut-être mourront de faim ce soir, d'avoir le tempérament parlementaire. C'est pourquoi on envoie des soldats.
« 11 faut, en outre, protéger la liberté du travail, dont les ouvriers n'ont pas même l'idée. Il faut une force capable de défendre ceux qui ne veulent pas faire grève contre les tentatives et les injonctions de leurs camarades. Il iaut empêcher les pressions abusives, les persécutions et les sévices de toute nature. Comment y réussir sans quelques pelotons d^infanterie et de cavalerie ?
« On aurait donc absolument tort d'accuser un gouvernement quelconque, monarchie, empire ou république, quand il se décide a recourir aux grands moyens.
« Mais, d'autre part, on ne saurait se dissimuler que ces grands moyens l'afiTaiblissent toujours.
« S'il les emploie, c'est qu'il en a reconnu la nécessité, et s'il en a reconnu la nécessité, c'est qu'il mesure la gravité du malaise dont la classe ouvrière est atteinte, et donc souffre^ par ricochet, la société tout entière.
< C'est la question sociale, dans toute sa noire réalité.
« Elle est posée; elle s'envenime tous les jours, et j'ai bien l'idée que notre aimable égolsme ne l'éludera pas.
« Il importe d'y prendre garde, et de ne pas s'emballer bourgeoisement contre les grévistes. Assurément, ce sont des trouble-fête. Ils sont généralement ignorants, aveugles, haineux ; mais, avant tout, ils sont malheureux I
« Dites tout ce que vous voudrez des mineuhr, mais faire un métier pareil, c'est atroce l
« Il est facile, au coin du feu, en fiimant 4& bon ci-
gare^ et en digérant xxù. bon Jîner, de déblatérer cdntre céi spectres qui, à certains moment», sortent de dessous terre, avec un envie eflrayante de dévorer cfc cjuî èst dessus.
4r A ceux qui ^^apitoient sur leur sort îï ^t facîte de répbhdré qùè lés mineurs ont un salaire relativement raisohnab'e, qu'ils ne sont jamais contents^ qu*on a tort de leur iùotittt la tète, qu'il faudrait plutôt les ethotter â subir<^ avec résignation, la fatalité qui pèsesu# eux.
« Soit ! tnais rietl ne tn'empéchera de dire qne le travail deà mines, dahs notre société moderne, m*appara!t comme un reste^ fort aggravé, de l'esclavage antique. Je doute que les esclaves» sous Ennus^ et les gladiateurs^ sous SpartacùS, quand ils se révoltaient contre l'oppression ro* mainéj fussent plus à plaindre que ces ibrçats du travail soi-disant libre, qui n^ont pas même la lumière du soleil pour r^ôuir téurs yéux et pour réchauffer leurs membres.
à Plaignons-les dohe^ même en les désapprouvant.
« Je ne suis pas suspect, je leur dirai toujours : Atteticlez I souffrez, plutôt que d'abandonner votre travail. Tout vaut rhieut que la grève; peu à peu votre condition deviendra meilleure. Déjà elle s'est sensiblement amé«* librée. Cômparei^ ce que Vous êtes avec ce que vous étiez il y a trente ans I
« il n^en est pas itioins Vrai qu^â certains moments le spectacle de leurs maux me rendrait^ comme Giboyer, socialiste jusqu* aux moelles. »
Le Figaro, que nous venons de citer; a dit encore une f utire fbU :
« j6ana le cours de la conversation^ j'exprimais cette opinion, fort sincère, d'ailleurS| que nous sommes tous d'accord sur un point à savoir que l6s bffortS d^une socitri ctviLiséE doivent tendï^b a éteindre graduellement
LA XISÂRE, »
C'est a» que demandait Babeuf; c'est ce que ^eman^ent ceux qui souffrent; etjk sont les plus nombi^x.
- XM94trïbWlltpaad6^eo]anict;.il âuit btoair. Et
^mmi
c'est là oh cofiimeocent les difficultés. Beaucoup des mieux ititeiitiôiiiiés sont favorables à la classe outrière, mais en paroles seulement. Ce que voyant les révoltés s'indignent. Cest la cause originelle de k plupart des sédltions'popalaires.
Ces hommes là^ ces réprouvés^ ont dioit^ malgré tout à la sjmpathie. Ce sont les déshérités, les lépreux sociauz, que tonte nation tratne A sa suite; et quand d'tutres réclament contre eux tontes les sévérités draoonniennes d'un autre âge, nous, nous demandons pour eutj toutes les indulgences dès temps medernes. Ils sont les martyrs de la fatallié« par ce qu'autour d'eux tout a été mauvais et qu'aucune main secourable ne leur est apparue.
On attend toujours^ et^ ne voyant rien venir , on s'insurge; c'est fatal.
Nous ne savons si Louis Blanc (i) a eu absolument raison de dire :
« Le mal en ceci provient moins des individus que des choses.
« Ce sont les imperfections du régime économique existant qui sont coupables.
« C*est donc à elles surtout qu'il convient de s'en prendre, et les faire graduellement disparaître est alfiiire^ non de haine et de cdèie^ mais d'itude ; non de violence^ mais de science.
« TRAVAn.LBR A RAPPROCRBH LIS Hovicxs, à leur prouver qucj sainement cqnsidérés, leurs intérêts sont solidaires^ à les unir dans un noble sentiment de concorde et de fraternité, est la tâche imposée à tout généreux peu* seur. »
Le mal 116US semble plutôt venir dés hommes eft de leor iïkanque de volonté, et à Ptnverse de J .•*!. Rousseau i|ui pensait que « tout est bien sortant des mains de la
(i) Discauri sur le SœiàlHstne ; iac Saint-Parg^au. 26 octobre 187Q. ^
nature», et que « tout dégénère entre les mains de rhooitne ^^ nous croyons que c'est Tbomme qui a dit Pbomme^ qui a amélioré l'espèce, Thabitation, le langage/et qui j sans cesse^ perfectionne l'humanité.
On ne peut rapprocher des bommes que quand il y t bienveillance réciproque^ mais non quand il y a antagonisme d*intéréts, intérêts absolument contraires.
Parfois^ on est désolé^ quandj écrivain sincère, se sou* venant que le clergé a été longtemps le défenseur des pauvres, on le voit^ tout à coup^déserter cette sainte cause, et, par des écrits au moins discutables^ foire cause com« mune avec les pires ennemis du peuple.
Ainsij ces temps-ci^ un respectable prélat français, Mgr Duquesnay, archevêque de Cambrai, dans son mandement de Carême, (i) osait écrire ces désolantes paroles» que la Cour de Rome réprouverait sûrement si elles trou«> vaient un adversaire résolu à la lutte :
€ Vhomme s'agite et Dieu te mène 1 Cette grande parole est un vivant tableau du drame de ce monde. Au bas« un être faible^ et trop souvent orgueilleux, se consume en efibrts ; en haut, un pouvoir infaillible pousse droit à ses fins,et se rit de tous les obstacles. (2] 11 faut bien convenir qu'en fin de compte le gouvernement de Dieu triomphe toujours, et ce serait un aveu dur à faire si heureusement le gouvernement de Dieu n'était la Providence, et si l'homme pour le fléchir, n'avait la prière» La Providence dans le ciel et la prière sur la terre... Oh 1 comme le tableau est changé 1 Amour, vigilance paternelle d'une part; amour, confiance filiale de l'autre. Providence et prièrei voilà la sublime harmonib du monde,
€ Voila l'humanité, N. T. C. F. ; la voilà incessamment consumée de besoins et le plus souvent de besoins
(i) Instruction pastorale sur la prière : carême de 1884.
(a) Nqub n'aimons pas ces «pressions dans la bouche dhin prélit romain. — V. A.
tels que nul dans son sein^ ni par U force, ni par la sciencCj n'y peut porter secours ; la voilà dans son DiNU*mbmt bt dans son impuissance i . « Le dénument est la condition fatale de toute l'hu-
MANITé.
< Condamnés a l'indigence^ portons-nous au moins en nous-mêmes la puissance d*y remédier ? Nous ne voulons pasj N. T. C. F., systématiquement dénigrer rhumanité* Les merveilles de sa persévérance et de son génie abondent autour de nous. Nous savons, nous voyons tout ce que peut^ pour réparer les rigueurs du sort^ la constance d'un homme droite intelligent, réglée laborieux. Mais que peuvent rintelligence, la bonne conduitç et le travail, plus que l'or des riches^ contre la mort, par exemple, qui enlève à sa famille un père qui la soutenait^ contre la maladie qui mine ses forcesj contre une ingratitude qui brise votre cœur, contre cette force secrète qui envoie le Succès ou le revers selon un conseil mystérieux impossible à prévenir ou à combattre ? Le vainqueur d'Austerlitz et de dix années de^victoires n'est-il pas le prisonnier de Sainte-Hélène ?... b
Qu'espérer de personnages qui voient la question sociale sous u(i tel aspect ? Rien assurément de pratique. 11 7 a plus à faire qu'à prier en semblable Occurrence '» il faut agir, et se souvenir de ce conseil donné aux hommes de la génération de i83o : Aide^ioi', le Ciel t'aidera !
Un écrivain bumouristique^ M. Aurélien Scholl^ s'est chargé par anticipation {Événement du i5 décembre .1880)^ de répondre en ces termes aux doléances de Mgr de Cambrai : -
« La France peut, à bon droite être fière de son relèvement au point de vue de la richesse publique; mais la richesse publique n'empêche pas la misère privée. L'égalité est restée dansJes cartons*
« La question sociale n'est pas entamée, et, si la Bourse est satisfiiite^ l'esiomac ne l'est pas-
rt*«a*i
c Je connais l'argument des temporisateurs. < Qu^est-œ que quelques atin^ées dans la vie dun peuple ?» — Dans la vie d'un peuple^ ce n'est rien; ttais c'est beaucoup dans la vie des particuliers^ Or^ le peuple se compose d'un grand nombre de particuliers.
4 Ce n*^ pas à la génération future que les promesses ont été faites^ c*est à celle qui souffrait il y a dix ans et qui souffre encore aujourd'hui.
« Y a-t-il moins de pauvres que sous Louis-Philippe ou que sous l'empire ? Y a-t-41 un plus grand nombre de maisons de refligè? Le prolétaire, qui ani-a travaillé de ses bras pendant quarante ans, estait assuré d'une retraite ? On attend.
4c Les riches ne sont à plaindre sous aucun régime. On n'a pas à se préoccuper de leur sort. Et» jusqu'id, c'est leur tranquillité qu'on s'est efR>rcéd'assurer^ leurs craintes qu'on s'est appliqué â calmer.
€ Rien n'a été épargné pour satisfaire les mauvais instincts d'en haut. S3i bien I ceux qui possèdent sont tranquilles, bien sûrs qu'on ne veut pas leur arracher la truffe de la bouche ; elle y est trop bien à sa place. Truffe en baut^ soit ; maïs paîa en bas...
< Je ne demande ni un César ni un Christ, mais mole- 2Mot un Homme de bonn* volonté qui^ ayant une doctrine et une conviction ^ arrive à démontrer que le royaume de ce mqnde peut étce aussi bien équilibré que le royaume des cieux.
€ Que les millionnaires d4ci-bas puissent ou non passer par k trou d'une aiguille^ cela m'est absolument ^1. Je 4é8ire même qu'ik y passent, si ça peut leur âiire plaisir.
« Ce qui devient de plus en plus indispensable, c'est que les |)auvres d'eqsrit ne soient pas obligés d'attendre l'autre vje ppur «re des bienheureux. L'autre vie ne peut parleur échapper, ils sont bien sûrs de l'avoir. C*est doac celle-ci qu'il importe d'assurer «^ et c'est cdie dont oil a'oœttpa le moins. »
Oui, certainement^ lel)pftfaeur sur la teri« n^tii |M
"■^■^1^— Miii I li II 1
atecle booheur dafls le Ciel; ef «*e9t«u« iMM9ts à le k procurer par rbooorebilstéf le travail» tt une rammuJie affectioa;
il eerait TtaiiHeat dtfsohat d'avoir tonjouri à dire- aux bôifiaiaf : lafTs KisteiBiB ; li séihnuilT bst i<a ooUameM
PâTALR DB TOUTB l'hUMANItÎ !
Cela oreit pu, et ne ien pas.
On iùtitidi dé tùot dé Ltuîs ËUûic : « Lëi iâalbèdréox 4 Vôht i^a^point de tolitéà Ie& RéVoludoiïs. »
Donc, qui dâire la paix doit vouloir quUl y ait moins de malheureux.
Ce epnt aux, ea effets qu'on ^oove tôtfjoiirt à la t<te dea rtveotboattont ouvrières.
Ne paa reconnaître qu'ils ont aidé puissammeot, en 1789 et depuis^ aux améliorations, aoctaks, serait vo^oir dé* montrer que le soleil n'existe point ; à certaines beures» le contingent de malbeureiix, de déclassés» d'anarchistes» comme où les appelle succes^vement» a été le levier puissant qui a contraint le: pouvoir à accorder des réformes» Maîs> cepèndanti datis l'intérêt même du pouvoir, *- qui^ pour ùottii signifie la représentation executive <le la oa-* tioBj — il faut éviter de trop compter sur cette force^ aussi puissabtè que dangereuse, car, derrière Paris révo» lutionnairè» il 7 a la Fiancé^ c'ie^t-àKlire nos départa« meetSi qui» Mix^ veuleût avant tout la paix eit la concorde.
Si CCS départements, comme le disait un jour devant nous un griand personnage politique^ sont iùcipables de sauver un gouvemeoient^ lis peuvent ccpendiûot, et en l'a vu, sauver la Patrie d'épouvantables catastrophes.
Il faut dèi lôrs compter auâ^ avec eux.
La FraacCj sevr^ de révolutions, serait le plus beau pU]rs tlu monde, si ces tfois mots tracés sur les moott* mants puUies, étaient toujours j'es^ressioa vraie 4tes senttmeuta dtt jMuvoir ; Lièerté^ /Egalité, Fraternité; Ma pattottty dans Tûrdre fudidairei 4ans kidurgé, dans i'er*;
mm
dre administi^tif, dans le militaire, ettnéme dâii»rîiidiistrie et le commerce^ cm aotiies jnpfttMie-itccivaie&t-faiiiaif d'éclatants démentis : Respect de U^ îoi'^psntaus -et peur tous; sif eiifiD; toutcitoyed jAiamt/.sansoéiOamproinfltvre« déférer^iiQ tribunal snpérijeurj les manqaemenisâ ki
loi. !.:.•:• '.î . ; T .' : :' '»T/'l
Mais, nous sommes loia encore de cett^peffbctioai: .. A ceux qui. s'étonneront que nous ^ prenions^ avec une telle ardeur, la défense des deshérités .nous répondrons : Nous avons .la passion du bieo^ comme d'autres ont la passion du mal.
Croyant modifier nos sentiments d'humanité envers les malheureux, on nous a dit souvent: Mais vous n'aves donc jamais été dans un club ? Si, nous y sommes allés quelquefois, et nous y avons vu à côté d'énergumèhea des hommes bien pensant, mais qui/par l'absehce d'instruction, ne savaient pas exprimer leurs idées. * Si le peuple -^ une partie du moins '«-est maléduqué, c'est qu'il manque de tout : donnez lui de plus beaux ha-*bits, une plus belle maison^ une meilleure cuisine; (tt il se transformera à vue d'œil. Qu'importent pôorilui les li-, vres et ce qu'ils renferment, s'il n'a jamais à xonger qu'un» os dont vous aurez sucé jusqu'à la moelle 'i .Le peuple à: droit aussi à sa part de bien être et il faut qu*iU'obtienne;' il faut qu?il ne soit plus dit que la bandedes Méroyiugiensi ravage toujours le sol. .' j
Ecoutez l'ouvrier honnête, laborieux, qui, k certaines heures, exhale, dans le calme, ses soufiFrançes. H vous dira: qu'il gagne assez pour mourir, pas assez pour vivre.
L'espérance fait vivre, sans doute; mais ell^ fait mourir aussi, quand c'est la loi du plus fort qui gouverne.
Ce pauvre peuple ! Tout le monde en sort, tx tout le monde en dit du mal. Personne ne veut convenir qu'à, trois générations en arrière, il n'y a plus-àpeopcèsque' des manouvriers et d^ pèysans. Et térqui-btflle aUjour^* d'hui dans les bureaux d'une admint^ratiob; «i> ao«itiio/
épaolettes de Tofficier supérieur ^rait , sans la Rérroluriitm, valet de fertne, charron, maçon ou bouti(|uier) au foad d'un viUage ou d-uàe .bourgade. .
Chftteaubriabdqui^-cefte9^^n^étaiti;)as un anarchiste, a dit avec sincérilé : '< Pour celui H|ui dîne |Bt qui rit, un mativàis- citoyen eèt celui qui-ne'dîn&pas et qui pleure. »
Un vflfudevitti^te a iait à peu près la œâme <réfleaîoa :>
Si. vous êtes dans la détresse.
Mes chers amis, cachez-le. bien ; Car l'homme est bon, et s^intéresse A ceux .qui n'ont besoin de rien.
C'est la confusion des. systèmes qu'oin invoque toujours contre ceux qui, dans les réunions publiques, rédameot à feur façdn> tine part plus efiective au banquet de la vie.
Puisqu il'ne s'agit que de trouver une formule pour assurer la réalisation des. rêves des prolétaires, il serait bien plus sage, bien plus humain, de les aider à la trouver, au lieu de déblatérer constamfnent contre eux.
Ces prolétaires sctot atteints de tous côtés par Fextrème mifeère ; souffreteux, mal habillés, mal chaussés, tout s'unit pour les écraser de dédain et de dénip-ement ; , peu lettrés,' tnâis 'sachant qUeleutvieest uneviedç luttes, de privatîotisi et de vexations, ils clament au lieu de rai-, sonner, et puisque l'absence d'instruction leur interdit la parole en' piitfic, ils n'emploient que les seuls moyens.que la nature, à défaut de société, leur a donnée : la force; et Us s'en servent, lorsque s'excitant Tuii Taùtre, ils se persuadent qu'ils n'ont rien a attendre des discoureurs et des.
gouvernants.
Faut-il donc les bttmer de faire- appel à la violence, lorsque tout système de gouvernement ne repose absdu«^ ment que sur la loi du plus fort ?
S'il faut, à certaines heures, sauvegarder la société, — qui ne mérite pas toujours l'appui qu'on lui donne, — . par des répressions énergiques, encore ne^faut-41 pas^ birç^; un usage excessif des mesures dé réprêssiont * * ' ^
If A p9udre appelle la poudxp,
lantaux ouvriers, plu.9 i^f iSf 4«e /cgqpaWetb lUq toogw f«r(oe M faumaja; c'eat fipf.lp^r y^pwt irftaK99wa^ aiiie»sitftf(Hft, qu'on eii fera d^ bof|i9ie« iM4<nfl« •iWQti eus iiifaî, kpr intérieur» l^ur jSAmiltÇj h^9(^M ftM. ga«« vtinénto^ dooS ils sobi lea MeiBoibi»^ an Mfi«^ ^«na que les plus puissants.
La misère sera toujours coiisldéràblé à là'ville et à la campagne ; mais oh peut riatténuër et il îaiit l'atténuer autant que possible.
Les solutions violentes naissent naturellement quand, après des efforts suiiirumaina, il est naCtrieUemalit #Ydré quil ny a rien à fsp£rer.
Comme oa ne peut pas toi^ours attandre et soaffiniri la colère allume la fièvre ; et de la fièvie ao combat il n'y a qftte la distance de la pensée à renécvaionb
Les injustices et les iMiitaUtés 4^8 cb^fsi aUMS le militaire» dkns radmintstration» «qvedaiiaieaateljeni^ font les mauvais cîtoyeos ; la haine engendre la balnc : c'est &tBL
Aussi, pour diaque iadîvÂdu dévoya si Von pouvait r^ montera l'odgiiie des ^usep» on t^ouyerait pres()ue toujours mn ancîcii M la faiBÎUe qui a ^té pe^séput^.
La descendance de o^H'taips individus c'éatJ^'yeo^ace contre là Sdciétf« txibiiitaM'e des fautes de sea chefs*
Tribut méfitéi» 4|>rôs toutj puisqu'elle p'a pas su^ même de nos joues, organiser la Spqi^té 4e tcUe «orije que le mal fut à peu près impossible^ — ou quCj du moin^ le recours du faible contre le ifort SiU admis partout^ — ret que le peiaécUtétrottvfttdesd^C^naejur^, fut-^e même contre la puissance souveraine.
E;n un teintât» c'est toujours la venj^eatoce persoofeile, seus totttbs foroaesi qui tieat lie^ de justice, et cette vengsance,. (|*llsstoîf!e ^si là po»r b p^vvç^i Mf ^u^^t terrible en ses uùtuéqwmw. .
■» I — I I iw.^— —
Nos prisons ne sont remplies que de déshérités. Qui tend la main à l'être tombé ? Qui le relève ? Qui cherche à en refaire un homme? — H y a^ par-ci, par-là, quelques bons religieux, quelques saintes femmes^ quelques laïques excellents, qui se dévouent à cette œuvre de régénération ? Mais la Société que fait -elle de ces malheureux, au noir passé, au noir avenir ? Elle croit s'en débarrasser en leur ouvrant ses geôles ou en les reléguant au loin ; en agissant ainsi elle ne fait qu'accroître le mal. La prison ne fera jamais que des prisoiiniers ! Examinée à ce seul point de vue, la question est insoluble ; et ce n^est pas par des relégations aux colonies, suivant le mot nouveau qui est encore un trompe-l'œiL qu'on fera de ces malheureux, à qui tout manque, des citoyens honorables, aimant la Patrie commune. Qu'on modifie Tétat social de ces dés. hérités, en rejetant en bas, par de sages mesures^ le trop plein de ce qui est en haut, et à leur tour ils ne deman-
.deront qu'à vivre heureux et respectés sous l'œil et la
^protection des lois.
Toute autre conception n'est qu'utopie; et c'est bien le cas de dire, 4 ce propos, qu'il y a l'utopie des gouvernants, comme il y a l'utopie des gouvernés.
Fatalement, tout homme qui n'a pas six livres de pain d'avance devient un révolutionnaire.
Pour se convaincre que la question sociale est avant tout une question de bien-être, il suffit d'observer l'attitude des enfants des écoles, à la veille des séditions. Leur âme, encore innocente, n'aspire qu'après un avenir meilleur. Ils entrevoient d'instinct dans la lutte qui va commencer, entre le peuple, d'où ils sont sortis, et le pouvoir qui le domine, comme un idéal de bonheur qui emplit tout leur petit être. Chez les hommes, les aspirations sont les mêmes, fnais plus volontaires, plus brutales, plus sanguinaires. Eux, savent au besoin exiger. Tout découle donc de là; et c'est en reportant, comme nous ne cesserons de le dircj vers les bas-fonds déshérités, déguenillés, le
trop picîfl de ce qui est eft haut, — cotnme on porte sur lC3 terres maigres les engrais dès terrains riches — qu'on améliorera au profit de la Société tout entière, ces basfonds, qui^ sans cela, resteront toujours la queue dangereuse des cités opulentes.
Chaque fois que la Société laissera sur le pavé, par dédaiui par négligence, par haine, des malheureux dépourvus de tout, elle fera fatalement de ces malheureux des voleurs et des assassins.
Nous ne dirons pas tout à &ît que s*il y a de» voleun et des assassins c^est la faute de la Société ; mais nous alarmerons hautement que la Société a sa part de responsabilité dans les crimes et dans les délits.
Ah ! si tout le monde voulait être de bonne loi, dans Tezamen des questions sociales, ces questions seraient fjEicilement atténuées ; mais, c'est à qui mêlera la pa^ sion politique ou religieuse dans les débats qui ont pour objet l'amélioration du sort du plus grand nombre* de sorte que dés les premiers mots, tout se résume dans une fin de non-iecevoir.
Et comme en iF'rance, on se paie volontiers de mots, c*est souvent un mot, plus où moins heureux, qui dot toute discussion.
Lorsque ces tempsHH un parlementaire osa prétendre qu^l n'y a pas de question sociale, une partie de la presse, à k ronde, alla répéter partout : U y aunt toiyours des pauvres !
Eh 1 oui, il y aura toujours des pauvres ; omûs c'est aux philanthropes à en diminuer le nombre; c'est aux publicistes à aider, de tout leur pouvoir, à la destruction des abus, et i l'amélioration du tort de» déshérités, ^ par le travail d'abord^ puis par Tassistaftcç, quand sonne Theoit 4u repos, et elle sonne tonjoiirs tard pour le déshérité I
La presse parisienne, et c'est ce qui nous réconforte, a { parfois de sublimes élans en faveur des déshérités.
. C'est ainsi que La Liberté exprimait un Jour ce vœu :
a Nous voudrions que la Chambre y joignit Tétude des grandes questions sociales qui dominent de si haut toutes les autres questions politiques, et pour lesquelles tous nos hommes d*Etat témoignent une si regrettable indifférence*
« Qu'y a-t-il de plus important, qu'y a-ÎTil de plus urgent que l'amélioration du sort des masses, le développement du bien-être, de l'instruction^ de la moralité dans les vastes régions du travail, le règlement des rapports entre les patrons et les ouvriers, la recherche des moyens propres à enipécbér ces graves révolutionnaires, ces sécessions populaires qui mettent en danger Tordre public et ruinent l'industrie nationale ?
« Quel problème sollicite plus impérieusement une solution que celui du paupérisme en face des progrès effrayants de la criminalité, fille de la misère ?
« Voilà les grands intérêts sociaux dont nous aimerions voir les ppuvoirs publics s'occuper sans relâche ; voilà les réformes qui devraient avoir le pas sur toutes les antres.
< Qui donc en prendra résolument l'initiative ?
ce Nous craignons fort que la politique, avec ses passions acharnées, ne fasse encore perdre de vue et négliger cette œuvre de civilisation et de justice; mais, du moins, ne cessons pas de la rappeler et de répéter à ceux qui nous gouvernent que là devrait être leur perpétuel souci et leur premier devoir. »
UlnirMniigêant (i), qui lutte si vaillamment en faveur da plus grand nombre, a dit aussi excellemment :
< On ferait mieux de convenir que la question sociale se résume en ces quelques lignes :
< Les uns, «-« minorité infinie, «-« ont tout.
« Lef autres, — l'immense majorité, -^ n'ont riem
« Ceux qui ont tout veulent tout gaiden
4c C^ttx q^ï n ont riw veulont quelque chose. »
(i) 5 octobre 1882, Article signé : Gramoat*
riifi.
Autrefois, en Angleterre, c'était une maxime de droit féodal^ que l'autorité publique, quand elle n'a pas pour but le bonheur des hommes^ n'est que la loi du plus fDrt.
Malgré lois et maximes, ce qui reste à faire partout pour l'humanité est immense.
Mais en quoi la lutte actuelle est particulièrement redoutable, c'est qu'elle n'est pas le résultat de vindictes personnelles.
On croit à quelque chose de plus perfectible.
En résumé, la question sociale se pose ainsi :
En haut, il y a pléthore ;
En bas, il y a anémie.
En haut, des masses de fiunilles qui n'ont jamais rien fait, et dont la fortune remonte au quinzième siècle et aa delâj sont gorgées d'or.
En bas^ des masses de familles, qui n'ont jamais rien poasédéj manquent de tout, sans espoir d'améliorer leur condition.
La société est donc partagée ici, comme ailleurs, du reste, en deux camps opposés :
Les Riches.
Les Pauvres.
D'où un antagoniste perpétuel.
Changer cet état de choses du tout au tout, est matériellement impossible ; nous l'avons dit déjà et nous le répétons. Mais on peut le modifier, l'améliorer^ et c'est ce qu'il faut continuer de faire par de sages lois économiques^ dans l'intérêt do plus grand nombre.
Il y a longtemps qu'un publiciste (i) a dit à ce propos:
< L'homme n'est ni absolument bon, ni absolument
mauvais; il est imparfait, mais perfectible; à mesure qu'il
s'éclaire, qu'il se perfectionne, il éprouve le besoin de per-
(x) Ad. Guéroult : TOpiHioH natiùhale au 9 février t86a^
fiectioQQ^rles institutions qui le r^isseût. Si les gouvct-; nements comprenant la Intimité de ce désir, prenaient, en ce qui les concerne, Tinitiative des réformes^ il n'y aurait ni révolutions, ni révolutionnaires, »
Les maux^ en tout genre ne viennent que de la miaère; c^est pourquoi il faut se révolter contre elle, Tétreindret et la faire disparaître le plus possible.
Nous avons parlé déj& des hommes politiques et de leufs prétentions à l'infiûllibité.
A les entendre^ tout serait parfait dès qu'ils sont au pouvoir.
Cest une doctrine qui» de tout temps, a été d*une application facile.
« Ils devraient pourtant se fourrer dans la tété que ce « sont les petits qui les* ont fait arriver », -^ disait un jour, devant nous, un électeur très perspicace.
Et il ajoutait : < Us nous croient encore plus bétes que nous le sommes. »
N'est-ce pas le tableau vivant de certaines circonscrip« tions électorales ?
Un journaliste» qui avait vu de près les uns et les autres, écrivait il y a quelques années :
€ Ils sont là plusieurs centaines de mille de pauvres diables à qui le présent est rude et qui espèrent dans l'avenir, non par raison^ mais parce qu'ils sont hommes et que l'espérance est une folie naturelle.
« Il est facile de voir oti le bât les^blesse quand on sait que leurs candidats promettent d'appuyer une- réparti* tion plus égale de Fimpôt , oti se déclarent partisans de l'impôt sur le revenu. On leur promet le paradis.
« Les professions de foi vagues et creuses qui nous font sourire leur représentent mille rêves confus et délicieux. Ce sont leurs Mille et une Nuits.
« Ils vivent difficilement, mais ils vivent. Il ne faut pourtant rien exagérer» et tous les gouvernements, sans exception^ ont à^leur tour amélioré leurs conditions d'e^us^
tttceca ourrantj daftsteufs Quartiers, d» vdes 'bfenfiii<santesj en.détraisant ka coape«gorges et ea élevant, sur lear emplacement^ des établissements d'atilhé pnUique. C'est ainsi, par exemple, que les fiimeuses carriiKres d'Amérique n'existent plus. Il y a, à la place, un marché aux chevaux, et les malfaiteurs de l'endroit ont quitté Paris pour se répandre à Saint-Denis, Pantin^ Aubervillers.
« Tout cela n'est qu'un soulagement, et la vie reste dore.
€ Le suffrage universel, qui ne leur a rien donnée leur pr<»net tout.
« Ils votent mal^ ces pauvres amis, lis votent mal parce qu'ils vivent mal. Si leur vie était eocote moins bonne, leurs votes seraient encore plus mauvais • »
— Evidemment^ toute la politique du peuple se résume dans une question de loyer, de boire et de manger; il ne demande que de l'air, 4e l'eau et du pain ; et, jusqu'ici, à de rares exceptions près, le tnvail écrase le pauvre et ne profite qu'au riche.
La crise aptueUe en est un -exemple frappant : ifnt l'exagération des bénéfices prélevés par les patrons et Tin* fériorité, d'année en année, des produits fabriqués^ qui amène Tabandon de nos ateliers, jadis si florissanls.
Aussi un historien économiste (i] a-t-il pu dire :
« Bien dresser le programme des revendications économiques de la grande démocratie française, afin que la marche régulière des affaires, en France, ne favorise plus le développement constant d'une oligarchie finandôre chaque jour plus puissante et plus riche, au moment même où la loi politique a la prétention de conclure à une égalité absolue, tel doit être le but des efforts des groupes ouvriers. >
Nous nous résumons.
Assurément il y a malaise, sourde irritation, mais
t) Hittùire amfemporaint rfe riTt/fl^w, par M. Hubbard. râ83.
fc __— —
•biifWt d0:4wC^ Pptt'^ 1^ SpciéU, nop pas qu'on manque de Jacobins énergiques, mais parce que Ta Société tend , saaa secousse iqqlentp^^.^V W 1^ 5^>*1 ^^^''^ souvent înoiKi^nty de-toutes les;ypîontéSj à s'équilibrer, à dcvfetiir mÂllçare et plus équitable pour tous. '
Cbmme'l^àît M". iXrumont, dans La Liberté : ^ La pensée dé' créer un Àat social, meilleur woràte^* ment, et plus équitable matériâllement, qui aurait .seifibM éhîttiérîcfue ft jr Vvîrigt ans^ n*a rien qui paraisse ^b$0^iùent aérâi4i6hhàblé'ttài«)i»i'lttii- On sent^qu'il y «qi»eli^ qéit chose qui a 6t)^<!^étve, et quelque ahobQ de nouveau. qui sera. > ' ^ " ' ' .
' ly Agueiiseati ai^it déf à djonné ces. consèlla ^toc boomâes
son tettïpi : ' * / .
' « L*amotif dé la Patrie, cette tertu que nous cmriais^ àôns par semt^eht, que nous loutas par raison^ que non^ déferions tuisrft ftiiftne jpar i^réf , jeto^^ti-elle de t>ro&H^'^ des râdneé dirfté Éiotre cœur ? Combien, y a-cnil li'hom^ mes qui vivent et qui meurent |flans 8aire(ira''il7a une Patrie t Décharge du soin et privés de l'honneur du Gouvernementt ils regardent la][fortune de l'Etat comme un vaisseau qui flotte au gré de son maître, et qui ne se conserve au péril que pour lui. Si la navigation est heureuse, nous dormons sur la foi du pilote qui nous conduit. Si quelque orage imprévu nous réveille, il n'excite en nous qye des vœux impuissants ou des plaintes téméraires qui ne servent souvent qu'à troubler celui qui tient le gouvernail ; et quelquefois mêmé^ spectateurs oisifs du nautrâge de la Patrie, telle est notre légèreté que nous nous eh consolons par te plaisir de médire les aeteufs.- Un trait de satire, dont le sel nous pique par sa nouveauté ou nous réjouit par sa malignité, nous dédo/nmage de tous les malheurs publics, et Ton dirait que nous cherchons plus à venger la Patrie par notre critique qu*^ la défendre par nûs services »
lin)'
•Ces conseils sont également àpptitàytëé aux bônuperie Qptre époque. . . . i
C'est en efifet, en hôps ratti^chant tons -à une pensée supérieure de patriotisme^ c'é^t 'eh faisant abnégation de beaucoup de mécontentements/ c'est^ eh allant à la Patrie, même quand; elle, ne vient pas à nous» que nous perrons faciliter^ pacifiquement, les améliorationa so- Cinl^ qHe réclame TAvsKiR.
* Pas de tiolence t Pas d'^orgement 1 Qomme Ta dit si bien Haynal, le désordre et las crimes ne peuvent faire iiattre Tordre^ la paix^ le bonheur, dans les sociétés civiles « déjà si difficilesà maintenir en paix^ dans les temps même les plus prospères (i). »
Oouverner, a dit un journal que nous aiinons à citer (a), c'est bien plus pacifier que dominer, organiser que combattre ; c'est conoiU^ et. satisfaire^ tous Ips intérêts ; c'est rallier tous les esprits honnêtes, et intelligents ; c'est s'assimiler et utiliser toutes les forces sociales; c'est protéger et attirer tout le moiidfi« sans januûsf repousser^ proscrire 'ni persécuter personne. ,
Lors des derniers troubles ouvriei^ le 'même journal se fit un devoir de donner à tous ces sages' conseils :
« Loin 4e ne demander qu'aux rigueurs répressives la sauvegarde de Tordre public, c'est à l'esprit de réforme et de justice qu'il faut plus que jamais avoir recours. L'explosion des passions aoarchiques ne doit pas nous aveugler ni nous rendres injustes pour les réclamations légitimesj ni pour les souffrances des populations, laborieuses. C'est en leur procurant plus de bien-être^ en faisant dro it à leurs revendications raisonnables^que nous les arracherons
(i) Des assassinats et des vols politiques. 1795.
(2) La Liberté — du 20 mai i883 — Ce journal porte en sous-titre ces nobles paroles . « Toutes les Institutions sociales doivent avoir pour but ramélioration du sort moral^ intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »
^fc— J I I I ■■■■« ■ ■»■*■■■ I ■ ■ JI1 II III ^— 1«i^— — Mi— ^
EUX Ainèstes loflaènces qai agissent sur elles. Elles oooi'^ prendront que ce n'est pas en multipliant les grèves, c*eat« à^dire le chômage, qu'elles améUoreront les conditions du travail ; ni, à plus forte raison» en détruisant les usines ou en massacrant les chefs d'industrie. Mais il but qu'à leur toiir les pouvoirs publics comprennent que la question du travail n'est pas ua/vain mot^ qu'il. y a quelque chose à £ure dans l'intérêt des ouvriers et qu'il faut le Âiire sans retard. »
C'est aussi notre vœu le plus cher, pour le présent et pour Tavenir.
Avec Babeuf, nous demandons simplement qu'il y ait du travail et du pain pour tous, que tout le monde vive honorablement, et qu'on voie moins de scandaleuses fortunes en haut, moins de haillons en bas.
« Grâce pour la femme^ dirons^nous avec M. Zola. — : Grâce pour Tenfant . . .
« De l'air et de l'instruction pour les misérables, moins € d'excitation politique et plus de bien être social. »
Comme Alfred de Musset^ noas voulons des « cieux plus vermeils »^ une « humanité plus heureuse »;. et nous ajouterons, enfin, avec M. Aurélien SchoU :
4L Tant qu'il y aura un hommb sans paiNj un enfant sans
« ABRI^ UN VIEILLARD SANS PROTECTION, LA RÉPUBLIQUE « n'aura pas DIT SON DERNl^BR MOT. »
En désirant une France mieux nourrie, mieux vétue^ mieux logée^ nous la voulons aussi plus éduqnée et plus respectueuse de l'autorité.
Ce sera Tœuvre, espérons-le, du progrès, matériel et du progrès intellectuel.
Mais qu'on ne croie pas que nous envisageons dans tout cela le seul côté matériel.
En demandant le relèvement des deshérités par le confortable^ nous entendons que l'éducation marche de pair avec l'instruction; il ne suffirait pas de donner à ceux qui
«te
Bnuquefat dstdiit» uapea^^ttade bîfiB<in^li<ift Utollrt é&mk ae ttusfiSnner cû cicéa de botstôn» et de tabM;»! cA Qa mot, leprogcèfl^ pottr euz^ équivalait m dédottbl5^ meàt des pBssioot oo des apptftîts sei|sueUi«
Ea oela nous sommes oômpl^temeQt de T^ivis de Giùflotqai dimit qœ < pour améÛorer la coaditioa des Jiom« «k mes^ c*tst d abord kur.âme qu'H isut épusçfi affenaîr et € édairer. >
Et nous pensons avec M. Naudet que a plus fcs goD« Tememeats approchent de la démocratie^ plus il est nécessaire que les mœurs soutiennent les loii et que Pédu* cation conserve les mœurs. »
Babeuf, ainsi que laplupart des réformateurs, a évidem^ ment dépassé le but généreux qu'il rêvait d'atteindre! mais^ après avoir lu notre livre^ exempt de toute partialité, on lui rendra au moins cette justice, que ses actes furent guidés par le plus pur bfemTÉRESsaicBMT et qu'il a àxai
PASSIONNÉMENT l'hUMANITÉ.
On peut tui reprocher aussi la violence de la forme, l'exagération de la pensée : à cela, ficus répondrons encoit que « l'époque sollicitait les hanliesses de la pensée. »
Il a été Fapôtre du malheur, dans toute l'acception du terme^ et il a succombé à la tSche.
Sa mort a été un h(^>caiiste.
Respect dortc à sa mémoire I
L* Egalité qu'il a révée,c'est k progrès, «Test te salut des peuples et des civilisations ; c'est la participation de tous, dans une proportion plus équitable, aux produits du sol ; c'est Tanéantissement des privilèges^ c'est Dieu et la natilre peur tons 1
^mmam^mmmmmmmmmmitmmmmHtm'mêmi^^^'^^m^mmÊmÊmmÊmmmmmmai^amm^^mmmm^i^mmm^mgm
XIH