‹ Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme d'après de nombreux documents inéditsChapitre 56 sur 59 · LA FIN DU DRAME · texte numérisé non relu

LA FIN DU DRAME

Le Président^ en l'absence des Témoins, ordonne que ceux acquittés seront mis en liberté.

Les sept autres sont amenés successivement sur les gradins et à un intervalle d'un gros quart d'heure.

Babeuf paraît le premier.

Viennent ensuite Darthé et Buonarotti...

Réal^ sur la demande de Babeuf, monte près de cet accusé» • — '^e me déguise rien, dit-il à Real ; je me suis at' ' tendu à tout^ et la consternation que J*aperçois dans les yeux desjurés^ m^ annonce que je suis condamné à mort; point ia^eux minagemens^je t'en conjure ; tu me dois la vérité.

— - Tu es condamné à mort» répond Real.

** Qiioij dît Babeuf^ ils ont pu déclarer que la conspî* l'ation avait existé !

— Non, c'est sur la 5* série, en vertu de la loi du 37 germinal an I V, que tu es condamné ; mais elle n'existe plus.

Puis-je parler ?

^ Sans doute.

— Je ne parlerais plus, puisque les jurés n'ont pas voulu être entièrement justes. Ce n'est pas des Juges que )e dois espérer plus de justice. Il y a trop longtemps qu'ils me font mourir. Je ne parlerai plus, La mort pour

des écrits !!!!!! et une détention d'an an pour des

Royalistes convaincus de conspiration Je ne veux

plus parler.

Aussitôt que le jugement est prononcé^ Darthé crie : vive la République !

Il s'est déjà percé son semi et le sang jaiUit de sa plaie.

Babeuf^ sans rien dire, imitait son exemple et s'enfonçait dans le corps un fil d'arcbal «iguisé.

11 tombe mourant.

Uh sentiment d'admiration pour les suicidés et d'horreur pour leurs bourreaux se répand dans toute l'assemblée.

Une foule de citoyens, de tout flge et de tout sexe^ sort de la salle, épouvantée^ effrayée, fatiguée d'avoir soutenu la présence des meurtriers du patriotisme ; une partie y est retenu par uti religieux respect pour les illustres condamnés.

Le sacrifice est consooimé.

Babeuf et Dattbé sont dans la tombe^ mais ils n'y sont pas comme Conspiratetirs; ils y reposent comtiM Ecri* vains, comme Apôtres fervens d'une religion sainte^ comme Martyrs de f Egalité.

Ils sont mosiés sur IMckafaud vêtus do la robe blanche, ils sont morts delà mort de Sydney...

Leur Panthéon est dans le cœur de Sous tes hommes libres^ leur mort triomphante est le germe de leur immortalité glorieuse.

Farouches ennemis de l'humanité qui les atcp immo* lés, ils ne sont plus en votre puissance ; tia ont trouvé dans le tombeau un asile hospitalier cootre votre fureur; ils af^Ttiennent maintenant à la masse àt% hommes purs, vertueux, sensibles, éclairés ; ils appartîennei^t à la Postent!

Les accens de leur yoîx tonnante vous appellent devant ce Tribunal imposant et majestueux.

Juges couverts du sang de ces illustres victimes^ voyez écrite sur les pages éternelles de Thistoire la sentence^ terrible mais inévitable^ que provoquent contre vous la Vérité, la Justice^ amies des Lois et de l'Humanité que vous avez outragées, de la Liberté de la Presse, sur laquelle vous avez jeté un voile funèbre 1

{Journal de la Haute-'Cour de Justice, par Hesine. N*72 et 73).

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