‹ Histoire de Gustaf II AdolpheChapitre 67 sur 102 · CHAPITRE LXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVII

Prise de Wurzbourg.

Sur la rive orientale du Mein est située l'opulente ville de Wurzbourg, siége d'un évêque catholique qui était en même temps, à cette époque, prince souverain de toutes les contrées environnantes. En apprenant la nouvelle de l’approche de Gustaf-Adolphe, le prélat s'enfuit, confia la défense de la ville et du château à un capitaine de cavalerie nommé Keller et à une garnison de quinze cents hommes. Lorsque le roi somma la ville, qui était mal fortifiée, de se rendre, Keller répondit par un refus. Les Suédois pénétrè-

rent sans difficulté dans les faubourgs, mais la nuit les em-

pêcha d'attaquer aussitôt la ville. Keller, voyant l’impossibilité de la défendre, profita de ce répit pour passer avec toute sa troupe dans le château bâti sur l’autre bord de la rivière : presque tous les moines el toutes les religieuses le suivirent, ainsi qu'un grand nombre de femmes de la bourgeoisie; on confia également à Keller une foule d'objets précieux et beaucoup d'argent monnayé. Le lendemain matin, les portes de la ville furent ouvertes aux Suédois.

Gustaf-Adolphe, désirant avoir dans cette contrée un point d'appui fortifié, résolut de s'emparer du château, n'importe à quel prix. L'entreprise offrait cependant bien des difficultés. Le château, situé sur une hauteur escarpée, était assez bien fortifié pour l’époque, pourvu de vivres et de munitions pour une année. Rien que le passage du fleuve était

déjà chose peu facile, Keller ayant brisé ou transporté sur :

Pautre rive toutes les barques; dé plus, il avait fait sauter deux arches du pont construit sur le fleuve. Des remparts élevés de sa forteresse, 1l pouvait sans obstacle braquer ses canons sur tous les points, et les Suédois trouvaient à peine un abri contre ses boulets dans les maisons de la ville. En mème temps les difficultés de cette position furent encore augmentées par la nouvelle de l'approche de Tilly, qui accourait avec son armée pour délivrer Wurzbourg. Gustaf-Adolphe résolut de pousser d'autant plus vivement l'attaque du château. Des planches furent jetées sur les arches du pont qui avaient été détruites, et les Écossais reçurent l'ordre de gagner l'autre rive en passant sur cette voie étroite et périlleuse. Une pluie de balles meurtrières

reçut les assaillants, et deux frères nommés Ramsay, qui ?

marchatent à la tête de leurs compatriotes, furent mortellement blessés. Lorsque les Écossais arrivèrent aux planches

qui couvraient un espace de quarante-huit pieds environ sur

le fleuve, ils frémirent, et reculèrent, non devant les balles,

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