‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 21 sur 101 · LIVRE I , CHM». V · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHM». V

d'avoir fait ce repas : tant il est vrai qu'à l>oii appétit il ne faut point de sauce?

Le pain m'amusa plus long-temps que les œufs, attendu qu'il était très-mauvais , et que pour l'avaler il fallait , en dépit de moi , y aller lentement , ou bien j'aurais joué à m'élran^ler ; il n'y avait pas de milieu, surtout lorsque, après avoir mangé la croûte , ce que je fis d'abord , je voulus en venir à la mie , qui était encore tout en pâte ; î*'cn sortis pourtant à mon honneur , mais ce fut à l'aide du vin, qui, dans ce quartier-là, est délicieux. Je me levai de table d'abord que j'eus achevé de dîner; je payai mon hôtesse et me remis gaîment en chemin. Mes pieds , qui avaient commencé à refuser le service en arrivant à l'hôtellerie , reprirent une nouvelle vigueur.

J'étais déjà pour le moins à une bonne lieue de la taverne, et tput allait bien jusque là, quand la digestion, qui se faisait, excita peu à peu dans mon estomac un tumulte qui fut suivi de rapports dont je lirai un très-mauvais augure ; je repassai dans mon esprit la résistance que mes dents avaient trouvée en broyant les œufs j et je fis là-dessus des réflexions qui me mirent au fait : je ne doutai plus que je n'eusse mangé une omelette amphibie. Aussi , ne pouvant la porter plus loin , je fus obligé de m'arré- 1er pour me soulager.

âa GUZHAN D'ALFARACHE.

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