‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 22 sur 101 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

11 roccoutre un ânicr et deux ecclésiastiques. Ue U conversatiov qu'Us eurent ensemble , et de quelle façon l'ânier et lux furent régales dans une bôlellerie à Gantillana.

Je demeurai quelque temps appuyé contre une muraille qui servait d'enclos à une vigne ; j'étais pâle et abattu des efforts que j.'avais faits. Il passa par cet endroit un ânier , avec plusieurs ânes qui n'étaient point chargés ; il s'arrêta pour me regarder ; et, touché de compassion en me voyant dans l'élat où j'étais , il me demanda ce que j'avais. Je lui contai Taccident qui venait dem'àrriver; mais je ne lui eus pas sitôt dit que je l'imputais à certaine omelette que j'avais mangée dans la dernière hôtellerie, qu'il se mit à rire , mais à rire d'une si grande force , que » s'il ne se fût pas tenu à deux mains au nât de son âne, mOli homme en serait infailliblement descendu la tête la première.

Quand nous sommes affligés, nous n'aimons pas qu'on se moque de notre affliction. Mon visage , qui était plus pâle que la mort , devint plus rouge que le feu : je regardai de travers ce maraud, et lui fis connaître, par un petit air mécontent, que son procédé ne me plaisait point du tout ; je ne fis par là que l'exciter à continuer

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