LIVRE I, GHAP. IX
elle: avait kouIu regagnep 1a< yiUe ; msth en ayant jtipuvé ilça portes feFraées y. elle avait- été' obh'gé de revenir .au jardin.
Quoique cei fût wne ^gvanàe c€»nso]ation |Myar elle. diitretlesÉ bée entre les mains de don Alonse, néanmoins elle ne pouvait penser qu^elle -deve-* naitiesclave des chrétiens sans en étrepénétrée de idouleur. Malgré toute sa: fermée, cette réflexion lui «irrachait'des larmes; eHeneut pas la force de répondre au discours obligeant de son généreux ennemi ; elle lui donna seulement la main pour lui marquer 0a confiance. Le jeune guerrier, attendri parles pleurs de sn prii^onnière, n'oubliaft rien de tout ce qu'il crojait propre à la consoler ; cl comme il parlait de l'abondanee du ooeur, ce qu'il disait a'vinit un car^actère de tendresse qui aurait fait plus d'impression sur sa belie captive , si elle eût été moins accablée de -son malheur ; mais quoiquVUe fût sensible aux efforts qu'il faisait pour adoucir son infortune , les marques de reconnaissancequVlle en donnait ne répondaient guère à la vivacité du -^ ciHisoWiteur.
D'abord qu*i) fut averti qu'on battait la rrtraite par ordre du roi , et que déjà les chrétiens eommeaçaiefrt à défiler pour regagner leur camp y il céda son cheval à la dame , qui monta dessus légèrement, sans le secours de personne, et fit bien v<oir qn'ielle savait manier un cheval : itras-
sembla ensuite àla Lâte la meilleure partie de ses cavaliers, aA milieu desquels il plaça la belle Maure avec ses femmes; puis, s'étaDt'Tuis à la tête de ce petit corps, qui avait plutôt Tair d'un cortège que d\iQe escorte, il suivit les autres troupes qui dé&Iaieut.
Il n'était pas encore arrivé au camp , que le roi savait déjà son aventure; il l'avait. apprise avec d'autant plus de joie , qu'il affectionnait particulièrement ce cavalier , qui lui paraissait un jeune liorame d'une grande espérance. Ce monarque impatient de voir une prisonnière de la race des rois de Grenade, et pour lui faire plus d'honneur, alla au devant d'elle aussitôt qu'il sut qu'elle approchait de sa tente avec don Alonse, qui l'amenait pour la lui présenter. £lle aborda le roi d'un air si majestueux et avec taot de grâce , qu'elle charma tous ceux qui en fureot témoins : elle voulut se prosterner devant lui ; mais il s'y opposa si poliment , et la reçut d'une manière dont elle fut tellement satisfaite , qu'elle lui dit avec une espèce de transport : Ah ! seigneur , que l'honneur de saluer le grand Ferdinand aurait de charmes pour moi , si le ciel ne l'eût point attaché au plus cruel de tous les malheurs qui me pouvaient arriver! Madame, lui répondit le roi d'un air gracieux, vous ne devez point regarder comme un malheur d'être devenue prisonnière de don Alonse de Zuniga : c'est un