LIVRE I, CHAP. IX
4es femmes maures de Daraxa, ou de hAte connaissance avec quelque domestique de don I^ouis. Je me suis arrêté par hasard devant un endroit da jardin où des ouvriers s'occupent à réparer le mur. Le maître maçon, me voyant attentif à leur travail , s'est mis à me considérer. Il m'a pris pour un homme de son métier : Mon ami, m'a-t-il dit, j'ai besoin de manœuvres pour finir promptetnent cet ouvrage , voulez-vous me servir ? Je lai ai répondu que j'étais employé ailleurs, mais que j'avais un camarade qui ne cherchait qu'à vivre, et qui ne demanderait pas mieux que de lui readre service. Amenez-le-moi, a répliqué le maître maçon ; quand il ne serait propre , qu'à mener la brouette , il ne me sera pas inutile, et je le paierai bien. Là dessus je l'ai quitté, ajouta Orviedo en souriant , pour venir vous proposer ee bel emploi, que l'amour, sans doute, vous offre lui-même pour voas faire passer le temps moins désagréablement que vous ne faites.
Toute ridicule que parût une pareille idée au seigneur maure , il était trop amoureux pour la rejeter. D accepta le parti , s'habilla comme un manoeuvre, et se .laissa conduire par son écuyer qui dit au maître maçon : Senor maesùro de ohra^ voici mon camarade Ambroise, soldat malheureux, qui, après avoir été quatre ans prisonnier chez les Maures , se voit réduit à travailler pour subsister. Le marché fut bientôt fait, et
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An^broise arrêté pour commencer dès le lendemain. Notre nouveau manœuvre , pour montrer qu'il avait le cœur à la besogne , se rendit de grand matin auprès de son maître, qui le mena dans le jardin , et , lui mettant la brouette entre les mains , l'instruisit de ce qu'il avait à faire. De la manière que s'y prit Ambroise, il semblail qu'il eût fait ce métier toute sa vie ; aussi sob , maître en fut si content , qii^ii lui do^na des louanges, et l'assura qu'il serait un jour un fort bon ouvrier.
Personne ne paraissait encore dans la maison; mais sur les dix heures , notre manœuvre remarqua quelques femmes maures aux fenêtres dej l'appartement de Daraxa, et peu de temps après, ' cette dame elle-même, ainsi que dona El vire. Dès ce moment, il trouva cette aventure toute ré- i jouissante ; îl se fit par avance un plaisir de ht \ surprise où seraient les dames , lorsqu'en se promenant dansle jardin , elles viendraient à le reconnaître et à faire attention à son déguisement; il espérait même que sous cette forme il pourrait quelquefois leur parler sans péril : il ne savait pas quel homme c'était que le seigneur don Louis.
Outre que Daraxa lui avait été recommandée \ par la reine d'une manière qu'il aurait cru trahir ; la confiance que cette princesse avait en lui , s'il ! n'eût pas veillé jour et nuit sur les actions de cette i dame^ il n'ignorait pas qti'ellé avait des amans ;