‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 82 sur 101 · LIVRE I , CHAP. IX, V)S · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAP. IX, V)S

le brave Ozmin , dont le nom est si coona parmi vos troupes , et qui s'est rendu si recommandable par un grand nombre d'exploits éclataus ; c'est lui qui le jour des courses tua les deux derniers taureaux , et sauva la vie à don Alonze de Zuniga : mais ce qui m'engage plus que toutes ses grandes qualités à vous venir faire une remontrance en sa faveur, c'est qu'il est mon époux , si j'ose appeler de ce nom un bomme qui , de Vaveu de nos parens , m'a donné sa foi et a reçu la mienne. Délibérez présentement , messieurs , avant que vous fassiez exécuter la sentence que vous avez prononcée contre un cavalier du sang du roi Mabomet , et que vous ne deviez pas con- ■ damner si légèrement, m

La belle Maure n'eut pas acbevé de parler, qu'il s'éleva dans la salle un bruit dont les juges furent effrayés, tout le monde disant à hnuie voix que le prisonnier était innocent, et qu'il fallait le relâcber. Alors le cbef de la justice fit faire silence ; puis, adressant la parole à la dame, il lui dit au nom de sa compagnie, « qu'ils pouvaient avoir été mal informés de cette affaire ; qu'ils l'examineraient de nouveau, et lui rendraient réponse dès ce jour-là même. » Mais les assistans se recrièrent sur cela, et demandèrent qu'on remît sur-le-cbamp le cavalier en liberté, menaçant d'aller enfoncer les portes de la prison , si Ton refusait de le faire. Le même juge qui avait

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(Mirlë répondît aux asâistans , « qu'après un juge ment randu il ne dépendait ^as de sa compagnie d'élargir ainsi un prisoilnier, et cjue tout ce qu'elle pouvait , c'était de surseoir l'exéculion de )a sentence , jusqu'à ce qu'on eût reçu les ordres de leurs majestés, à qui seules appartenait le droit de détruire son ouvrage. La dessus Daraxa pris lesjugesdelui permettre de voirOzmin; ce qu'elle ^obtint d'evK sans peine, à condition qu'il n'entrerait avee elle que quatre personnes dans l prison , et qu'elle prometterait qu'il n'y serait fai aucune violence. »

La cavalcade prit le chemin de la prison, da le même ordre qu'elle était venue au palais ; e la belle Maure choisit pour y entrer avec elle don Alonse , don Diego de Castro , Orviedo et r«fil-| cier maure. Conceves, s'il est possible, l'agréable su)rprise d'Ozmin lorsqu'il vit paraître dans si chambre don Alonse et Daraxa, et qu'il sut ce| que cette dame venait de faire pour lui» On ae pouvait mesurer sa joie qu'à celle de son amantei dont le cœur nageait, pour ainsi dire , dans ua ravissement qu'elle faisait briller dans ses yeux. Zuniga , de son côté, partageait avec ces amans le plaisir qu'ils avaient de se revoir ; il embrassait son ami avec des transports de tendresse, comme s'il n'eût plus été son rival : son amour se confondait avec son amitié. Il ne laissa pas pourtant, en lui donnant des marques de son affection, de lui reprocher le peu de confiance qu'il avait eu

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