CHAPITRE XII
d'approuver, sans faire de puériles chicanes, toutes les ré-, formes réclamées parla véritable opinion, de protéger par son influence, par la ferme dignité de son langage, et, au besoin, par la menace d'une intervention armée, ces États libres oti l'étranger voulait faire la loi. Non, il n'aurait pas été nécessaire que l'effet suivit la menace : l'Autriche avait alors trop d'embarras pour s'engager même dans une juste guerre ; elle n'eût certes pas encouru la responsabilité d'une guerre inique. Et, d'ailleurs, la France n'a-t-elle jamais combattu pour défendre les faibles? et toutes les fois que maintenant on parlera d'en venir aux mains, est-ce la France €t la justice qui devront reculer ?
On ne disait rien de plus : mais entre ce langage et les instructions diplomatiques de M. Guizot, il y avait la différence qui existe entre la loyauté et la trahison. Non-seulelement on le jugeait ainsi, dans les banquets, dans les journaux, dans les cercles politiques, mais parmi les principaux agents de cette perfide diplomatie, il s'en trouvait qui murmuraient hautement contre l'indigne rôle qu'on leur faisait jouer. M. Bresson, ambassadeur à Naples, avait conseillé vainement une autre conduite : on n'avait pas tenu compte de ses avis. Il ne put se défendre de témoigner des regrets, et, se trouvant à Florence, il s'était exprimé, dit-on, en des termes libres sur la conduite générale des affaires, sur M. Guizot, sur le roi lui-même^ imputant aux faux calculs d'une vanité sénile ce rappro« chement de la France et de l'Autriche^ qui avait de si désastreuses conséquences. Le roi, l'ayant appris, lui avait durement reproché ces indiscrètes paroles. M. Bresson, qui ne put supporter ces reproches, termina ses jours par au suicide.