CHAPITRE rr. iiS
qu*uTi ministre prêt à céder aux tendances du monarque faisait courir de graves périls à la monarchie, et il savait que M. Guizol n'était pas homme à opposer une forte résistance aux volontés supérieures. M. Thiers, en conséquence, était non-seulement un mécontent, mais encore un homme alarmé, voyant arriver à grands pas une contre-révolution, qui ne pouvait être arrêtiie que par une révolution. Et Talternative Tépouvantait.
Aussi voulut-il faire connaître toute sa pensée dans une circulaire adressée à ses électeurs, et qui était non-seulement une critique raisonnée de tous les actes du gouvernement, mais comme un avertissement des périls qui menaçaient. Cette pièce importante fut livrée à l'impression; mais avant la publication, M. Thiers crut devoir la communiquer à quelques-uns de ses amis, MM. Duvergier de Hauranne, de Rémusat, Léon de Maleville : ils en trouvèrent le ton trop violent, hostile même à la royauté. Sur leurs conseils, la pièce resta inédite. Nous en avons depuis reçu communication, et il nous paraît que l'histoire a intérêt à la reproduire.