CHAPITRE VII
quel lien devait-elle s'occuper d'établir ? Évidemment celui d'une révolution commune.
Au lieu de cela, on a cherché un lien de famille. Or, le danger s'est si promptement manifesté, aussitôt après la conclusion des mariages, et la position d'un prince français en Espagne a paru tellement fausse, qu'on a fait immédiatement revenir en France leducdeMonlpensier et son épouse ; on a déclaré qu'on n'avait pas voulu faire un prince espagnol, mais une princesse française. Ce qui n'était pas assurément une entreprise de l'ordre politique.
On n'avait rien gagné. Qu'est-ce qu'on avait perdu ? L'alliance anglaise.
Or, M. Thicrs se déclarait, comme il l'avait toujours fait, partisan de l'alliance anglaise. L'alliance avec l'Angleterre, pour protéger les nationalités menacées, la liberté en péril, lui paraissait, lui avait toujours paru bonne, que les torief^ ou les whigs gouvernassent la Grande-Bretagne. Hais lo^ que les whigs, dont l'esprit libéral déplaît à l'Europe aî^"* lutiste, arrivaient au pouvoir, se tourner contre eux, r'<*^ ce pas révéler ses penchants réactionnaires ?
Et dans quel moment brisait-on cet icem "^ pays gardiens de la liberté du monde? Lm^if^ allait périr. Mais, disait-on, on n'arailjH/^ nement. Non, sans doute, car on Madrid.
Mais Cracovie, ce n*étaic qi*Be tait le monde entier, ritalk i^ ^ H. Thiers, après un npUtirr ,io.
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(c Héconnaisseï; à «f**^ Cracovie était liieB
droit. Méconnaissez révénement de Cracovie ; mais avezvous donc méconnu l'état du monde? »
Et en présence de celle situation, on n'avait pu ajourner le second mariage ! Les résultats de celle faute, il n'y avait qu'un événement qui pût nous y soustraire, la naissance d'un héritier de la reine Isabelle. Ainsi, le plus grand bonheur de la France serait que le mariage du duc de Montpensier n'eût aucun résultat. Pour que cette œuvre cessât d'être funeste, il fallait qu'elle devini nulle.
Malgré la longneur d'un discours qui avait pris toutes les heures delà séance, M. Thiers avait produit un grand effet. Était-ce un triomphe oratoire, ou un triomphe politique? Question difficile à résoudre dans une assemblée, et surtout dans une assemblée française, où le sentiment deVarl semble dominer pendant la discussion et disparaît au moment du vole. M. Guizot toutefois était tenu de répondre, sinon pour rassurer les convictions de ses fidèles, au moins pour satisfaire leur vanité, car ils avaient à cœur de voir leur ministre conserver un rôle brillant dans la lutte, et justifier ou déguiser par son habileté les complaisances du scrutin.
M. Guizot s'efforça de répondre aux espérances de ses amis.
M. Thiers n'avait pas blâmé le mariage de la reine ; toute la discussion portait donc sur celui du duc de Montpensier. Dans cet acte, selon M. Thiers, il n'y avait eu ni nécessité, ni loyauté.
Le ministre répondait à ces deux reproches.
La nécessité, disait-il, devait sortir tout entière d'une comparaison entre la situation dans laquelle on se trou vait, en juin, en présence de lord Aberdeen, et celle