‹ Histoire de huit ans, 18401848 faisant suite à l'histoire de dix ansChapitre 126 sur 222 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Procès Teste, Despans-Cubières, Parmentier et Pellapra. — Instruction. — Nouvelles lettres remises au président de la conr par M. de Malleville. — Interrogatoire des accusés; déposition des témoins; tentative de suicide de M. Teste. — Condamnation des qnatre accusés, — ' Assassinat de M®* la dnchesse de Praslin. — Instruction de cette alfaire. — Suicide de M. le duc de Praslin.

L’instruction fut aussitôt commencée et suivie sans relâche. Elle n’était cependant achevée que vers le milieu du mois de juin. Il n’y a pas de crime qui se dissimule avec plus de soin que la corruption : le crédit et la qualité des personnes appelées en témoipage, leur grande expérience, la subtilité de leur langage, l’habileté de leurs démarches, rendaient encore plus difficiles, en cette alfaire, les investigations de la justice, cependant on apprit bientôt que les charges s’accumulaient sur plusieurs têtes, et que les commissaires instructeurs, soupçonnant d’autres coupables que le général de Cubières, avaient décerné des mandats de comparution contre MM. Parmentier et Pellapra, intéressés, comme le général, dans l’affaire de Gouhenans, et ni. 16

contre M. Teste, ancien ministre des travaux publics. M. Renouard, nommé rapporteur de la commission, présenta, le 21 juin, le résultat de cette longue et laborieuse enquête. 11 évitait de conclure ; mais les circonstances dont il rendait un compte fidèle dans les termes les plus mesurés, étaient à la fois si graves et si précises, que le procureur général, M. Delangle, ne put hésiter à réclamer la mise en accusation de MM. Despans-Cubières, Teste, Parmentier et Pellapra. La cour délibéra plus longtemps. Assemblée dans la chambre du conseil, les portes closes, elle fit attendre son arrêt pendant deux jours. Les négociations qui avaient été pratiquées pour étonifer l’affaire avaient toutes échoué ; et cependant on se demandait encore s’il n'était plus possible d’épargner à la pairie la honte de ce procès. Enfin, le 26 juin, un arrêt de la chambre du conseil rendu sous la présidence de M. Pasquier, cita devant la cour les quatre accusés.

Ils comparurent, pour la première fois, le 8 juillet. Un seul fit défaut, M. Pellapra. La veille, M. Teste avait fait remettre au roi la lettre suivante :

« Sire,

« Je dois à Votre Majesté, ea retour d’un dévouement dont je me suis efforcé de multiplier les preuves, la dignité de pair de France et l'honneur de siéger dans la plnshaute magistrature du royaume, comme l’an de ses présidents.

« l'aborde demain une épreuve solennelle, avec la terme confiance d'en sortir sans avoir rien, perdu de mes droit»* l'estime publique et à celle de Votre Majesté.

« Mais un pair de France, un magistrat qni a eu le malheur de traverser une accusation de corruption, se doit 4 lui-même de se retremper dans la confiance du souverain qui lui a conféré ce doub'e caractère.

« Je dépose entre les mains de Votre Majesté ma démission de la

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