‹ Histoire de huit ans, 18401848 faisant suite à l'histoire de dix ansChapitre 152 sur 222 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Affaires de Suisse.— Note de M. Guizot à la diète ; discours de M. Ochsenbein. — Décision de la diète à l’égard du Sunderbund. — Victoire de la diète. — Conduite de M. Guizot; ses discours et ses actes. — Conduite de lord Paimerston. — Affaires d’Italie ; Avènement ej réformes de Pie IX. — Les réformes en Toscane et en Piémont. — Le gouvernement français secondant la politique autrichienne en Italie.

— Occupation de Ferrare par l'Autriche. — Protestation du pape.

— Émotion italienne. — Plaus de M. Guizot déconcertés. — Lord Minto. — Ce que la France devait faire pour l’Italie — Mort de M. Bresson.

Les scandales administratifs et l’impatience d'obtenir enfin de trop justes réformes n’étaient pas les seuls éléments de cette fermentation tous les jours croissante. En France, on se passionne toujours moins pour les affaires du dedans que pour celles du dehors : nous sommes un peuple jaloux de bonne renommée, qui sacrifie volontiers ses intérêts à sou honneur, à sa gloire, et qui supporte tout plus aisément qu’un affront. Avec quelle tristesse nous avions reçu la nouvelle de l’incorporation de Cracovie au territoire autrichien ! Les puissances continentales n’avaient pas encore, depuis 1830, traité la France avec

30ï msTontE oe huit ans.

aussi peu d’égards. M. Guizot avait protesté; mais qu’il y avait loin de son langage à nos sentiments ! D’autres humiliations nous étaient réservées : entraîné dans le courant de la diplomatie absolutiste, le cabinet des Tuileries obéissait sans aucune résistance, avec un mol abandon, à l’impulsion qui lui était communiquée. M. Guizot était si heureux de n’avoir plus à subir chaque jour les réprimandes arrogantes , à déjouer les austères perfidies des agents anglais ! Louis-Philippe était si fier d’être admis dans la famille des rois au même titre que ses aînés, et de traiter avec la Prusse, avec l’Autriche, comme un souverain légitime! De graves événements venaient de s’accomplir en Suisse, en Italie ; et, quand ces événements étaient des échecs pour l’absolutisme, quand la France éprouvait une grande joie en voyant des peuples amis suivre enfin son exemple et marcher résolûment à la conquête de la liberté, le cabinet des Tuileries ne travaillait qu’à comprimer ce noble élan. On le savait, et, d’ailleurs, M. Guizot ne le dissimulait guère. Aussi, dans tous les banquets, les discours auxquels on applaudissait davantage étaient-ils ceux qui dénonçaient avec le plus d’énergie la complicité de M. Guizot et de M. de Metternich.

Il faut reprendre la série des faits.

La diète suisse s’était réunie à Berne, le 5 juillet, sous la présidence de M. Ochsenbein, élu chef du conseil d’état de Berne, et, à ce titre, chef du vorort. M. Guizot, ayant fait remettre par notre ambassadeur, M. de Bois-le-Comte, une note où les derniers mouvements de la Suisse étaient appréciés au point de vue autrichien, M. Ochsenbein avait cru devoir répondre, dans son discours d’ouverture, que si les grandes puissances prétendaient s’arroger le droit

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