IDA
pensée politique, même chez ce maniaque isolé, n’avait armé son bras. Il subit la peine des parricides avec la résolution d’un homme qui avait calculé toutes les suites de son crime.
Pendant que l'on instruisait le procès de Lecomte, un événement inattendu vint jeter quelques inquiétudes parmi les partisans de la dynastie : le prince Louis-Bonaparte s’était évadé, le 25 mai, du château de Ham, oh, durant six ans, il avait été retenu prisonnier.
Depuis plusieurs mois, il était en instances auprès du gouvernement pour obtenir d’aller rejoindre en Italie son vieux père gravement malade, promettant de revenir se constituer après avoir accompli ses devoirs de fils. Mais le ministre exigeait de lui des paroles de garantie qu’il lui dictait. Soit qu’il voulût se réserver toute liberté d’action, soit qu’il ne vît dans cette exigence qu’une condition humiliante, le prince refusa. Plusieurs députés, et parmi eux M. Odilon Barrot, s’étaient intéressés à sa demande, qui suivit le cours d’une véritable négociation politique.
Le prisonnier résolut de ne plus compter que sur luimême, et, secondé par ses amis les plus intimes, il concerta des plans d’évasion avec cette persévérance que donne la captivité.
L’entreprise était difficile : malgré la longue habitude des précautions et leur apparente inutilité, la surveillance ne s’était en rien ralentie. Deux gardiens étaient toujours à demeure au bas de l’escalier : la garde était doublée la nuit; au premier coup d’horloge sonnant dix heures les lumières étaient éteintes; on empêchait avec un soin sévère l’approche de la forteresse ; les consignes tendaient surtout à empêcher toute entreprise d’évasion par un secours